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Musée du Luxembourg
23 octobre 2002
2 mars 2003

Communiqué de presse Oeuvres exposées Elements biographiques Premières impressions

FICHE TECHNIQUE 

Musée du Luxembourg 
19 rue de Vaugirard, 75006 PARIS 
Site internet : www.museeduluxembourg.fr 
Metro : Saint-Sulpice, Odéon / RER B : Luxembourg 
Autobus : 84, 58, 89 : Musée du Luxembourg, Sénat 
Parcs de stationnement : Place Saint-Sulpice, Marché Saint-Germain

Horaires de l'exposition 
Lundi et vendredi 10 H à 22 H 30 
Mardi, mercredi, jeudi : de 10 H à 19 H Samedi et dimanche de 10 H à 20 H

< Tarifs de l'exposition 
Tarif normal : 9 € 
sur présentation de cartes justificatives de l'année en cours
Tarif réduit : 6 € 
pour les moins de 26 ans, familles nombreuses, demandeurs d'emploi 
Tarif réduit : 4 € enfants de 8 à 12 ans, groupes scolaires, personnes handicapées, adhérents de la Maison des artistes, lycéens et étudiants de moins de 26 ans en Arts Appliqués, Architecture, Histoire de l'art, Muséologie ainsi que leurs professeurs Gratuité 
personnel du Sénat, Garde Républicaine, membres de l'ICOM, conservateurs de musées, enfants de moins de 8 ans accompagnés d'un membre de leur famille, journalistes, guides et conférenciers et professeurs justifiant d'une réservation de groupe

Réservations 
Individuelles 
Au guichet du musée du Luxembourg 
Site internet de réservations : www.expomodigliani.com 
(supplément de 2 € : billet coupe-file) Groupes 
Réservation obligatoire avec ou sans conférence (20 personnes, maximum) Contact: Charlotte Morizet courriel : groupes@museeduluxembourg.fr

Evénementiel 
Privatisation : matinées et soirées, réceptions privées, conférences-dîners Contact : Marie-Pierre Calmels
courriel : evenementiel@museeduluxembourg.fr

Librairie-Edition Catalogues, guides, produits dérivés Contact : Béatrice de Castilla courriel : librairie@museeduluxembourg.fr

PRODUCTION / ORGANISATION GENERALE Sylvestre Verger Art Organisation sVo Art, 18, rue d'Anjou - 78000 Versailles t. + 33 (0) 1 39 50 75 85 - f. + 33 (0)1 39 53 30 09 courriel : svoart@museeduluxembourg.fr

Service de presse Observatoire-Véronique Janneau 
Contact Sophie Gay t.+ 33 (0)1 43 54 87 71 - f. + 33 (0)1 43 25 20 33 
courriel: presse@museeduluxembourg.fr
Dossiers de presse et photographies libres de droit sur Internet : www.museeduluxembourg.fr

Après le succès des Chefs d'œuvre de la collection Rau, de Rodin 1900 et de Raphaël : Grâce et Beauté ; et dans la suite de la politique de grandes expositions voulues par le Sénat renouant avec son passé prestigieux de premier musée d'Art Moderne, appelé à l'époque Musée National des Arts vivants, le Musée du Luxembourg présente aujourd'hui une rétrospective du grand artiste maudit du XXe siècle, Amedeo Modigliani.

Modigliani meurt d'une maladie pulmonaire dans les premiers jours de 1920 ; le lendemain, sa compagne, Jeanne Hébuterne, enceinte de quelques mois et désespérée, saute par la fenêtre du sixième étage de l'immeuble qu'elle habitait : l'une des légendes artistiques les plus sombres du siècle est née.

Depuis plus de vingt ans, aucune manifestation à Paris n'a rendu hommage à cet artiste pourtant adulé du public. Par la qualité des œuvres exposées et par l'ampleur du parcours proposé, cette exposition présente le maître de Livourne et son œuvre sous un jour nouveau : près du quart de la production d'un artiste mort très jeune -- donc encore en plein apprentissage -- sera ainsi montré pour la première fois.

C'est après plusieurs essais dans des domaines différents que Modigliani commence seulement à trouver un style propre. Physiquement trop fragile, il doit abandonner, à son grand désespoir, la sculpture pour s'essayer au cubisme, au tachisme puis à une forme très en matière d'un expressionnisme sombre et triste, marquant des étapes particulièrement difficiles d'une existence où, face à la maladie omniprésente, il trouve consolation dans l'alcool, la drogue et l'amour.
Dans un Paris en pleine guerre, au moment où des milliers de soldats meurent dans les tranchées, Modigliani tente de trouver une échappatoire dans un style inspiré des Arts nègres et océaniens. Cet art atypique pour son époque est empreint de références italiennes mais aussi impressionnistes, fauves, cubistes. L'artiste se crée ainsi un style unique, coupé du monde et des réalités quotidiennes, axé essentiellement sur une approche sculpturale des personnages qui occupent alors son univers, amis ou compagnons d'infortune, comme Soutine, Zborowski, Max Jacob, Picasso...

L'exposition que présente le Sénat, la plus importante jamais organisée sur l'artiste, va permettre de découvrir ou de redécouvrir un artiste surtout connu du grand public pour les portraits très léchés et transparents des derniers mois de sa vie. Elle révèle un véritable génie expressionniste, un peintre tourmenté, triste, utilisant principalement la matière et la référence à la sculpture - son support favori.

Une centaine de tableaux dont plus du tiers jamais exposé en France est rassemblé : les plus célèbres portraits de Zborowski ; ceux, tout aussi exceptionnels, de Paul Guillaume, les nus les plus admirables et pourtant si décriés à l'époque ; mais aussi les portraits de ses compagnes, Béatrice Hastings et Jeanne Hébuterne, œuvres rarement, voire jamais, exposées en France ; enfin les portraits de ses amis, Soutine, Kisling, Chéron, Max Jacob...
Un ensemble tout aussi rare de dessins montre l'un des autres aspects essentiels de Modigliani : son travail graphique, brillant, aussi virtuose que Picasso ou Matisse, toujours relégué au second plan, pourtant indispensable à la compréhension de son œuvre.

Enfin sera évoqué l'immense talent de Modigliani sculpteur avec un ensemble unique de cariatides sculptées, peintes et dessinées, dont certaines n'ont jamais été exposées jusqu'alors. Elles permettront au visiteur de comprendre le projet du Temple de la volupté que Modigliani imagina lorsqu'il partageait un atelier avec Brancusi. Projet hollywoodien sans pareil dans l'histoire de la sculpture contemporaine que Modigliani, en véritable sculpteur d'avant-garde conçut malgré sa faiblesse physique.

« Modigliani est une sorte de Botticelli Nègre » disait de lui Basler en 1929 alors que Jacques Emile Blanche voyait en lui « un descendant direct des pieux imagiers siennois » en 1933 ; Paul Dermée le surnomma « le cygne de Livourne » en 1945 et le décrivit ainsi : « Modigliani, fils de roi, prince de l'esprit, aristocrate en chandail ou en veste de gros velours côtelé, avançait dans la vie les narines frémissantes, l'œil éclairé par une joie intime, ivre de toute la beauté et de toute l'intelligence du monde... »

Mais reste ce mot extraordinaire de Modigliani, déjà malade et conscient de l'imminence de la mort, écrivant le 6 mai 1913 à son ami et mécène, le Docteur Paul Alexandre - qu'il ne reverra plus - : « Le bonheur est un ange au visage grave », signé « Le ressuscité ».