![]() |
![]() |
![]() |
||||||
![]() |
![]() |
![]() |
||||||
![]() |
Musée du Luxembourg
23 octobre 2002 2 mars 2003 |
![]() |
||||||
| Communiqué de presse | Oeuvres exposées | Elements biographiques | Premières impressions |
Modigliani meurt d'une maladie pulmonaire dans les premiers jours de 1920 ; le lendemain, sa compagne, Jeanne Hébuterne, enceinte de quelques mois et désespérée, saute par la fenêtre du sixième étage de l'immeuble qu'elle habitait : l'une des légendes artistiques les plus sombres du siècle est née. Depuis plus de vingt ans, aucune manifestation à Paris n'a rendu hommage à cet artiste pourtant adulé du public. Par la qualité des œuvres exposées et par l'ampleur du parcours proposé, cette exposition présente le maître de Livourne et son œuvre sous un jour nouveau : près du quart de la production d'un artiste mort très jeune -- donc encore en plein apprentissage -- sera ainsi montré pour la première fois. C'est après plusieurs essais dans des domaines différents que Modigliani commence seulement à trouver un style propre. Physiquement trop fragile, il doit abandonner, à son grand désespoir, la sculpture pour s'essayer au cubisme, au tachisme puis à une forme très en matière d'un expressionnisme sombre et triste, marquant des étapes particulièrement difficiles d'une existence où, face à la maladie omniprésente, il trouve consolation dans l'alcool, la drogue et l'amour. Dans un Paris en pleine guerre, au moment où des milliers de soldats meurent dans les tranchées, Modigliani tente de trouver une échappatoire dans un style inspiré des Arts nègres et océaniens. Cet art atypique pour son époque est empreint de références italiennes mais aussi impressionnistes, fauves, cubistes. L'artiste se crée ainsi un style unique, coupé du monde et des réalités quotidiennes, axé essentiellement sur une approche sculpturale des personnages qui occupent alors son univers, amis ou compagnons d'infortune, comme Soutine, Zborowski, Max Jacob, Picasso... L'exposition que présente le Sénat, la plus importante jamais organisée sur l'artiste, va permettre de découvrir ou de redécouvrir un artiste surtout connu du grand public pour les portraits très léchés et transparents des derniers mois de sa vie. Elle révèle un véritable génie expressionniste, un peintre tourmenté, triste, utilisant principalement la matière et la référence à la sculpture - son support favori. Une centaine de tableaux dont plus du tiers jamais exposé en France est rassemblé : les plus célèbres portraits de Zborowski ; ceux, tout aussi exceptionnels, de Paul Guillaume, les nus les plus admirables et pourtant si décriés à l'époque ; mais aussi les portraits de ses compagnes, Béatrice Hastings et Jeanne Hébuterne, œuvres rarement, voire jamais, exposées en France ; enfin les portraits de ses amis, Soutine, Kisling, Chéron, Max Jacob... Un ensemble tout aussi rare de dessins montre l'un des autres aspects essentiels de Modigliani : son travail graphique, brillant, aussi virtuose que Picasso ou Matisse, toujours relégué au second plan, pourtant indispensable à la compréhension de son œuvre. Enfin sera évoqué l'immense talent de Modigliani sculpteur avec un ensemble unique de cariatides sculptées, peintes et dessinées, dont certaines n'ont jamais été exposées jusqu'alors. Elles permettront au visiteur de comprendre le projet du Temple de la volupté que Modigliani imagina lorsqu'il partageait un atelier avec Brancusi. Projet hollywoodien sans pareil dans l'histoire de la sculpture contemporaine que Modigliani, en véritable sculpteur d'avant-garde conçut malgré sa faiblesse physique. « Modigliani est une sorte de Botticelli Nègre » disait de lui Basler en 1929 alors que Jacques Emile Blanche voyait en lui « un descendant direct des pieux imagiers siennois » en 1933 ; Paul Dermée le surnomma « le cygne de Livourne » en 1945 et le décrivit ainsi : « Modigliani, fils de roi, prince de l'esprit, aristocrate en chandail ou en veste de gros velours côtelé, avançait dans la vie les narines frémissantes, l'œil éclairé par une joie intime, ivre de toute la beauté et de toute l'intelligence du monde... » Mais reste ce mot extraordinaire de Modigliani, déjà malade et conscient de l'imminence de la mort, écrivant le 6 mai 1913 à son ami et mécène, le Docteur Paul Alexandre - qu'il ne reverra plus - : « Le bonheur est un ange au visage grave », signé « Le ressuscité ». |














