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illustration : logo entente cordiale

Pour le centenaire de l'Entente Cordiale

S.M. la Reine Elizabeth II reçue au Palais du Luxembourg

par le Président du Sénat, M. Christian Poncelet

et le Président de l'Assemblée nationale M. Jean-Louis Debré

le mardi 6 avril 2004

 

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Discours de S.M. la Reine Elizabeth II

photo : S. M. la Reine du Royaume Uni AFP - Adrian Dennis-STF Messieurs les Présidents, 
Mesdames, Messieurs, 

Je vous remercie de vos aimables propos. Je vous suis reconnaissante de m'avoir permis de rencontrer, dans ce cadre magnifique, tant de représentants des deux chambres du parlement français, ainsi que quelques-uns de leurs confrères des deux chambres du parlement britannique, à l'occasion du centenaire de l'Entente cordiale. 


Cet anniversaire donne un sens particulier à ma visite d'État - la quatrième que j'effectue en France. Pour revenir en arrière, il est l'occasion de célébrer la clairvoyance d'un accord qui allait jeter les bases d'une alliance décisive, qui aura permis à nos deux pays de traverser les turbulences du vingtième siècle. Pour se tourner vers l'avenir, il nous donne à la fois l'occasion de remiser les tensions que nous avons connues récemment, et de répondre aux défis et aux promesses dont sera fait demain. 


Nos deux pays ont choisi de faire de l'Europe et de l'Union européenne le principal vecteur de leurs aspirations économiques et politiques. Ce choix n'entame pas les liens d'amitié qui les unissent aux États-Unis - et n'a pas à les entamer. Il s'agit là de relations complémentaires. Nous nous employons plus que jamais à faire entendre la voix de l'Europe dans le monde, et à doter la diplomatie européenne de la crédibilité militaire nécessaire pour permettre à l'Union européenne de mener, le cas échéant, des opérations dans lesquelles l'Otan en tant que telle n'est pas engagée.


Dans le monde dangereux où nous vivons, nos deux pays ont tant à offrir quand ils conjuguent leurs forces - leur diplomatie, leur capacité militaire, le siège permanent qu'ils occupent au sein du Conseil de sécurité, et leur position au cœur de la Francophonie et du Commonwealth. Nos ancêtres ont su tourner la page de leurs différends il y a cent ans : à nous d'en faire autant. 




Nous savons tous qu'il y a une limite à ce que peuvent faire les gouvernements. C'est là que nos parlements et nos peuples peuvent jouer un rôle d'éclaireurs. Notre attachement mutuel à la démocratie parlementaire est le socle de notre liberté et de nos valeurs communes. La liberté est le bien le plus précieux que nous ayons, or elle n'est jamais acquise. Les liens que nos deux parlements entretiennent de longue date n'ont ni l'épaisseur ni le périmètre que les deux parties souhaiteraient leur donner. Les parlements continuent de jouer un rôle immense, non seulement à l'échelle nationale mais aussi dans l'édification de l'Europe de demain. 




Peut-être nos deux peuples nous montrent-ils la voie. Plus nous nous rendons visite, mieux nous travaillons ensemble, plus nous nous établissons les uns chez les autres - avec l'enrichissement mutuel qui en résulte pour nos deux cultures, qu'il s'agisse de la scène musicale ou artistique, de la mode ou du sport - mieux nous nous connaissons. C'est dans cette sphère d'activité humaine éminemment grand public que les choses ont tant bougé ces dernières années. Les parlements peuvent non seulement suivre cette actualité de plus près, mais ils peuvent aussi en prendre l'initiative. J'espère que le centenaire de l'Entente cordiale y contribuera. 


Messieurs les Présidents, je vous remercie encore de cette somptueuse réception et de la chaleur de votre hospitalité. Je voudrais pour finir demander à toute l'assistance de se joindre à moi pour porter un toast aux parlements français et britannique, ainsi qu'à l'Entente cordiale. 

Messieurs les Présidents, 
Ladies and gentlemen, 

Thank you for your kind words. I am grateful to you for this opportunity to meet, in this magnificent building, so many representatives of both chambers of the French parliament, as well as a number of their counterparts from both houses of the British parliament, on the occasion of the centenary of the Entente Cordiale. 

 


This anniversary bestows special significance on this, my fourth State visit to France. Looking back, it is an occasion to celebrate the clear-sightedness of an agreement that laid the foundations of a decisive alliance that would enable our two countries to steer through the turmoil of the 20th century. Looking forward, it is an opportunity for us to lay aside the tensions of recent times and to take up the challenges and enjoy the promises of the future.. 

Our two countries have chosen to make Europe and the European Union the main thrust of their economic and political aspirations. This choice does not and must not weaken their friendly relations with the United States. These are complementary relations. We are going to greater lengths than ever before to ensure that the voice of Europe is heard throughout the world, and to ensure that European diplomacy is endowed with the military credibility required to enable Europe, should the need arise, to carry out operations in which NATO as such is not involved.

In the dangerous world in which we live, our two countries have so much to offer when they combine their strengths: their diplomacy, their military capacity, their permanent seats on the UN Security Council and their central position at the heart of the French-speaking world and the Commonwealth. Our forefathers set aside their differences of opinion one hundred years ago, and we must do likewise. 


We are all aware that there is a limit to what governments can do. This is where our parliaments and people can be forerunners. The esteem in which we hold parliamentary democracy is the cornerstone of our freedom and common values. Freedom is our most precious thing we have, but can never to taken for granted. The long-standing relations between our two parliaments have neither the breadth nor the scope that either parliament would like them to have. Parliaments are continuing to play an immensely important role, not only at national level but also in the construction of the future Europe. 

Maybe our two peoples are showing us the way. The more we visit one another, the better we work together; and the more we establish ourselves in the other's country - with the ensuing mutual enrichment of our cultures, whether in music, the arts, fashion or sport - the better we get to know one another. It is in this eminently popular area of human activity that most change has been seen in recent years. Our parliaments can not only closely follow these events, they can also take initiatives. I hope that the centenary of the Entente Cordiale will contribute to that end. 


Messieurs les Présidents, may I thank you again for this sumptuous reception and for your warm hospitality. I would like to conclude by asking the house to join me in toasting the French and British parliaments, as well as the Entente Cordiale.