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RAPHAEL : GRACE ET BEAUTE


MUSEE DU LUXEMBOURG
10 octobre 2001 - 24 février 2002


Informations pratiques

Communiqué de presse

Liste des oeuvres

Raphaël : Eléments biographiques

Sommaire du catalogue

Les actions culturelles du Sénat

 

 

Informations pratiques

Partenaires 
LCI Paris-Match JCDecaux Métrobus Office du Tourisme de Paris RATP

Organisation 
Sylvestre Verger Art Organisation 2 rue Royale 78000 Versailles Tél : 01.39.50.75.85 fax : 01.39.53.30.09

Réservations groupes et soirées privées Mme Calmels : 01.53.26.78.37

Information : Musée du Luxembourg : 01.42.34.25.95

Horaires d'ouverture au public de l'exposition 
L'exposition sera ouverte tous les jours Mardi, mercredi, jeudi : de 10h00 à 19h00 le lundi et vendredi 10h00 à 23h00 le samedi et dimanche de 10h00 à 20h00

Les prix des billets d'entrée à l'exposition sont fixés à 
55 FF TTC (8,38 euros) pour les adultes 
35 FF TTC (5,34 euros) sur présentation de cartes justificatives pour: les adhérents de la Maison des Artistes, les chômeurs, les jeunes de moins de 26 ans, les groupes d'adultes (au delà de 10 personnes, maximum 20) appliqué uniquement sur réservation et vendus par correspondance. 20 FF TTC (3,05 euros) . 
Pour les enfants de 8 à 12 ans et les enfants des groupes scolaires, pour les membres de l'ICOM, les professeurs, lycéens et étudiants en Arts appliqués, Histoire de l'art et muséologie, les handicapés,

GRATUITÉ Pour les enfants de moins de 12 ans accompagnés d'un membre de leur famille, le personnel du Sénat, la presse, les guides et conférenciers ayant pris une réservation de groupe les professeurs justifiant d'une réservation de groupes scolaires.

Réservations (dès le 20 juillet) 
Sur place Musée du Luxembourg et Café Médicis, 19 rue de Vaugirard Réseaux FNAC, Carrefour, Bon Marché, réseau France Billet 08.92.68.46.94 (2,21 F la minute) 3615 Billetel (2,21 F la minute) www.fnac.com
Réservation et achat des billets en ligne : www.exporaphael.com (site fermé)

 

Communiqué de presse

Raphaël :Grâce et Beauté 10 octobre - 24 février 2001

" Aucun peintre n'a surpassé Raphaël dans la beauté des figures " (Casanova)

Pour renouer avec ses racines, le Musée du Luxembourg, situé dans l'enceinte du jardin et du Palais initialement créé à l'instigation de Marie de Médicis, consacre une exposition à l'un des Maîtres de la Renaissance italienne, Raphaël. Celui-ci a lui-même entretenu des relations étroites avec les ancêtres de Marie de Médicis, qui comptèrent parmi ses commanditaires les plus importants.

Depuis les dernières expositions célébrant le cinquième centenaire de la naissance de Raphaël, vingt ans se sont écoulés. Pour la première fois en France, un ensemble de peintures majeures et de dessins, de provenance internationale, est ici rassemblé autour d'un itinéraire critique inédit : le portrait, selon l'acception renaissante des termes de la Grâce et de la Beauté.

L'occasion est ainsi donnée d'illustrer, à travers les portraits, le développement stylistique de l'œuvre de Raphaël, où, dans l'idéal de la perfection " esthétique " et " spirituelle ", les possibilités picturales formelles mais aussi symboliques et expressives font l'objet d'une constante exploration. Une œuvre qui constitue l'une des paraboles les plus extraordinaires de l'art occidental.

En réunissant cet ensemble unique de chefs d'œuvre parmi les 80 tableaux de Raphaël qui existent de par le monde, l'exposition donne une lecture inédite, dans une analyse iconographique et stylistique comparée, des portraits majeurs de Raphaël qui constituent parfois une véritable série artistique, comme notamment la réunion des grands portraits féminins : la Dama dal Liocorno, la Velata et la Fornarina.

L'exposition permet également de mettre un accent particulier sur le très célèbre portrait de la Fornarina, du fait de sa récente restauration et des découvertes que celles-ci ont fait apparaître.

Nous avons ainsi l'occasion exceptionnelle d'une confrontation directe entre les deux portraits pour la première fois présentés ensemble, La Velata et La Fornarina, dont les historiens s'accordent à penser qu'il s'agit de la même femme. Avec La Fornarina, restée inachevée dans l'atelier de Raphaël à sa mort, nous sommes donc en présence du portrait personnel et privé de l'amante et modèle du Maître.

Malgré une évolution rapide de la conception de l'art du portrait à l'époque, ceux de Raphaël conservent une surprenante constance dans leur composition et leurs cadrages. Raphaël reprend, en effet, le schéma flamand de la composition mais il lui adapte les principes de structuration plastique-spatiale, chers à Léonard, en excluant volontairement non seulement toutes les allusions et les références symboliques mais encore tout "l'indéfinissable psychologique ", s'attachant pleinement à la conception renaissante de l'homme nouveau.

Déjà dans les premiers portraits féminins tel que La Dama dal Liocorno Raphaël obtient l'effet que Pier Luigi de Vecchi en 1981, appelait " natura in posa ", une installation calculée de la figure dans l'espace, qui ignorait toute possibilité de mouvement aussi bien du corps que de l'âme. Raphaël vise l'évidence physique de ses modèles en atténuant leurs références psychologiques.

Les portraits du Saint Sébastien ou du Christ Bénissant, parmi les premiers portraits connus de Raphaël laissent déjà suggérer le sens de la physionomie qui caractérise les fresques de la première Stanza du Vatican. Composition qui se retrouve également dans les Vertus Théologales. Physionomie qui se retrouve plus tard également dans le très beau portrait de Jeune homme du Musée de Budapest.

L'exposition regroupe également des portraits de poètes et d'hommes de lettres, liés à l'artiste par des liens d'amitié et d'estime comme le double portrait d'Andréa Navagero et d'Agostino Beazzano où Raphaël convoque l'iconographie du passé enrichie d'un accent plus familier et spontané.

Dans le double portrait du Louvre, Raphaël reprend la typologie du portrait "confidenziale " réussissant à faire communiquer, d'une façon instantanée, l'âme des deux personnages. Dans ce portrait, comme dans les derniers portraits réalisés par Raphaël, où la référence à Leonard est presque textuelle, l'artiste revient sur le thème de la lumière et l'expression intime des modèles, comme on le voit dans la Velata et la Fornarina.

Avec la Velata, Raphaël atteint avec ce chef d'œuvre au plus haut sommet du "portrait de femme " de tous les temps. L'artiste obtient un développement pictural très riche, aisé et dynamique, en même temps qu'une gestualité éloquente et une subjectivité dans la composition, ce qui confère au modèle une âme intense et une brûlante vitalité.

Dans sa biographie "La vie des artistes " Giorgio Vasari qualifiait Raphaël "d'artista aggraziato ", artiste touché par la grâce. Cette exposition permettra de révéler au public, le caractère " universel " et presque " divin " de son œuvre.

 

Liste des oeuvres

Liste des œuvres

Le professeur De Vecchi estime aujourd'hui le nombre d'huiles autographes de Raphaël à environ 80 (considérant les polyptyques comme ensembles indissociables). Le comité scientifique a procédé à une sélection rigoureuse parmi ces œuvres des portraits illustrant au mieux les notions de Grâce et Beauté. La plupart de ses œuvres sont réparties entre les patrimoines italiens et français.

Peintures

La Vierge et l'enfant entre Saint Jérôme et Saint François 1501-1502 Huile sur panneau, 34 x 29 cm Berlin, Staatliche Museum, Gemäldegalerie

Saint Sébastien 1501-1502 Huile sur panneau, 43 x 34 cm Bergame, Accademia Carrara

Portrait de Jeune Homme 1504 Huile sur panneau, 54 x 39 cm Budapest, Szépmüvészeti Museum

La Dame à la Licorne 1505-1506 Huile sur panneau, 65 x 51 cm Rome, Galerie Borghese

Le Christ bénissant 1506 Huile sur panneau, 30 x 25 cm Brescia, Pinacoteca Tosio Martinengo

Les Vertus Théologales 1507 : - Foi - Carita Huile sur panneau, 16 x 44 cm Cité du Vatican, Monumenti, Musei e Gallerie Pontificie

Double Portrait d'Andrea Navagero et d'Agostino Beazzano 1516 Huile sur toile, 76 x 107 cm Rome, Galleria Doria Pamphilj

Double Portrait 1518 Huile sur toile, 90 x 83 cm Paris, Musée du Louvre

Portrait de Femme - La Velata 1516 Huile sur panneau, transposée sur toile, 85 x 64 cm Florence, Galleria Palatina, Palazzo Pitti

Portrait de Jeune Femme - La Fornarina 1518-1519 Huile sur panneau, 85 x 60 cm Rome, Galleria Nazionale d'Arte Antica

La Vierge à l'Enfant Huile sur toile de Giulio Romano, 36 x 30,5 cm Rome, Galleria Nazionale d'Arte Antica

La Fornarina Borghese circa 1530 Tempéra et huile sur toile de Raffaellino del Colle, 83 x 57 cm Rome, Galerie Borghese

Dessins

Nu féminin (inv. D5145) Edimbourg, National Gallery of Scotland

Tête de la Muse Talia (inv. 5643) 26,2 x 20,7 cm Florence, Fondation Horne

La Vierge à l'Enfant (étude pour la Madone du Grand Duc) (inv.505 E) Florence, Cabinet des Dessins et des Estampes des Offices

La Vierge à l'Enfant et San Giovannino (inv.515 E) Florence, Cabinet des Dessins et des Estampes des Offices

Tête de femme de trois quarts vers la gauche (inv.10958) Paris, Musée du Louvre, Département des Arts Graphiques

Vénus et Psyché (Psyché présentant à Vénus l'eau du Styx) (inv.3875) Etude pour la composition du huitième pendentif de la loggia de Psyché Paris, Musée du Louvre, Département des Arts Graphiques

Moïse devant le buisson ardent (circa 1514) Naples, Galleria Nazionale de Capodimonte

La liste des œuvres (peintures et dessins) n'est pas définitive, d'autres œuvres viendront s'ajouter ultérieurement.

 

Raphaël : Eléments biographiques

Il n'existe pas de témoignages certains sur la jeunesse et la formation artistique de Raphaël. Sur la base de ce qu'en dit le biographe du XVIe siècle Giorgio Vasari et de ce qu'on peut lire sur une inscription gravée sur le tombeau de Pietro Bembo, on pense qu'il est né à Urbino le 6 avril 1483, fils du peintre et lettré Giovanni di Sante di Pietro et de Magia di Battista di Nicola Ciarla. La qualité surprenante et la modernité des premières œuvres attribuées à l'artiste font se poser de nombreuses questions quant à sa première activité, très probablement entreprise sous la conduite de son père, dans le climat cultivé et éclairé de la cour des Montefeltro et, pendant quelque temps - si l'on en croit encore Vasari et d'autres biographes de l'époque -, dans l'atelier prospère du Pérugin.

Le premier document concernant Raphaël est le contrat pour le retable représentant Le Couronnement de saint Nicolas de Tolentino, vainqueur de Satan pour l'église Sant'Agostino à Città di Castello, signé le 10 décembre 1500. A cette date, Raphaël a dix-sept ans à peine, mais on l'appelle déjà " magister " même si, pour cette œuvre, il travaille en collaboration avec Evangelista da Pian di Meleto, plus âgé que lui. Ce retable sera plus tard endommagé lors d'un tremblement de terre et sera de ce fait fragmenté; l'identification des parties subsistantes et de quelques dessins préparatoires permet toutefois d'en mesurer la qualité exceptionnelle, qui rappelle celle de l'Etendard de la Sainte Trinité, lui aussi à Città di Castello et sans doute de la même époque, et qui laisse penser que le jeune artiste a dû entrer en contact avec des artistes du milieu florentin et vénitien et voir les dessins de Dürer.

La question fort débattue de l'influence du Pérugin sur Raphaël, ainsi que de l'époque et de la durée de son apprentissage dans l'atelier de ce dernier ne trouve aucun éclaircissement satisfaisant dans les informations contradictoires qu'en donnent les sources et dans la difficulté que l'on a à dater les œuvres " péruginiennes " de Sanzio: le Retable Oddi de la Pinacothèque du Vatican et la Crucifixion Mond de la National Gallery de Londres, exécutées l'une à la suite de l'autre sans doute entre 1502 et 1503. Question inextricablement soumise à celle de ses rapports avec Pinturicchio, avec qui Raphaël fut très lié. Toujours d'après Vasari, l'Urbinate, âgé de vingt ans à peine, aurait réalisé les cartons des fresques de la Bibliothèque Piccolomini de Sienne, peints avec un résultat on ne peut plus discutable par le Pinturicchio; les deux petits cartons sûrement autographes (1502) conservés aux Offices sont une preuve de la maturité acquise par Raphaël grâce à un travail incessant.

C'est dans son Mariage de la Vierge de 1504, réalisé pour la Chapelle Albizzini dans l'église San Francesco de Città di Castello et aujourd'hui à la Pinacothèque de Brera, qu'il se rapproche le plus du Pérugin: œuvre magnifique qui, comparée à celle du Pérugin sur le même sujet conservée au Musée des Beaux-Arts de Caen, en dit long sur l'écart qui sépare désormais le maître et l'élève et montre toute l'originalité dont fait preuve Raphaël en reformulant les schémas conventionnels avec une liberté d'esprit et une maestria remarquables.

Les dimensions de ce retable et les rapports entre les parties internes du tableau, structurées selon une composition très précise, répondent à des principes d'harmonie qui reflètent l'application de processus scientifiques et mathématiques obéissant aux schémas idéaux tracés par Alberti dans le livre VII de son De Re Aedificatoria.

Le rapport évident entre le temple qui domine la scène du Mariage et celui réalisé par Bramante à San Pietro in Montorio à Rome en 1502 renforce l'hypothèse que Raphaël, dans les premières années du XVIe siècle, se soit à plusieurs reprises éloigné de sa ville natale. La fresque représentant la Sainte Trinité avec des Saints dans l'église du couvent San Severo à Pérouse, datée de 1505 - date ajoutée à une époque plus tardive selon certains - et achevée par le Pérugin en 1521, montre un changement de style radical, entièrement libéré de l'influence " péruginienne " du Mariage. Changement qui s'était déjà manifesté dans des œuvres difficilement datables comme le Retable Colonna (New York, Metroplitan Museum) et le Retable Ansidei (Londres, National Gallery).

Le premier octobre 1504, Giovanna Felicita Feltria della Rovere, épouse du duc d'Urbino, adresse à Pier Soderini, gonfalonier de la République de Florence, une lettre de recommandation pour que Raphaël reçoive à Florence les commandes qu'il mérite. En effet, entre 1505 et 1508, l'artiste peindra dans cette ville quelques-uns de ses chefs d'œuvres, fruits d'une progression personnelle sans cesse renouvelée et retravaillée, que nous confirment les analyses faites sur un grand nombre de ses œuvres et sur l'énorme quantité de dessins qui nous sont parvenus. Le stimulant climat artistique et culturel de Florence semble accélérer, s'il est possible, l'évolution stylistique de Raphaël. Il se surpasse dans la recherche de la perfection des formes en réélaborant des modèles et des idées d'autres artistes avec une savante et inépuisable puissance créatrice. Il en résulte des œuvres mémorables, d'une incomparable beauté: les Portraits de Agnolo et Maddalena Doni, d'une évidence naturaliste déconcertante ; la Vierge au chardonneret (Florence, Offices), la Madone du Belvedère (Vienne, Kunsthistorisches) portant la date de 1506 sur le cou de la Vierge et la Sainte Famille Canigiani ( Münich, Alte Pinakothek) qui reflètent pleinement l'influence de Léonard de Vinci ; la Vierge du Grand-Duc (Florence, Galerie Palatine); la Grande Vierge Cowper (Washington, National Gallery of Art) datée de 1508 ; la Belle Jardinière (Paris, Louvre) et la Mise au tombeau (Déposition Borghèse) (Rome, Galerie Borghèse). Ce dernier tableau, sûrement commissionné en 1507, représente pour l'artiste une coupure avant les années qu'il va passer à Rome. Cette scène, qui peint la douleur d'Atalanta Baglioni pour la mort de son fils Grifonetto, assassiné en 1500, marque le premier impact de Raphaël avec un thème narratif. Seize dessins préparatoires scandent la laborieuse élaboration de ce texte figuratif, dans lequel le maître expérimente de nouvelles solutions en s'inspirant tantôt de la sculpture antique, tantôt du réalisme flamand, tantôt encore de la monumentale évidence anatomique du Michel-Ange de la Chapelle Sixtine, ce qui porte à penser que le Retable Baglioni n'a été achevé que beaucoup plus tard.

Arrivé à Rome, probablement à la fin de 1508 - mais le document qui atteste sa présence dans cette ville est un paiement de janvier 1509 -, Raphaël semble travailler de façon discontinue sur plusieurs fronts. Il mit sans doute la main tout d'abord à la fresque représentant le Triomphe de Galatée dans la Villa Chigi à la Lungara; on y voit en effet une certaine continuité avec les œuvres de Florence et en particulier avec la Sainte Famille Canigiani, même si la complexité de ce tableau est plutôt à mettre en rapport avec la Déposition. Au cours de l'année 1509, il commence à travailler au Vatican dans les appartements de Jules II.

La Chambre de la Signature fut achevée en 1511, date que l'on lit sous le Parnasse et dans l'architrave de la fenêtre correspondant aux Vertus. Malgré l'incohérence de la composition des différentes scènes, Raphaël fait naître une peinture théâtrale, d'une pure et savante conception humaniste, où la mise en scène est confiée aux architectures peintes, décor ouvert sur l'infini et lieu où se synthétisent les concepts universels du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste. C'est par contre un sujet historique qui est à la base de la décoration de la Chambre d'Héliodore, selon un schéma sans doute suggéré par le pape Jules II. On voit se dessiner ici un autre changement tant sur le plan stylistique que sur le plan idéologique: la narration devient dramatique, les expérimentations sur la lumière rendent la couleur plus intense et plus profonde, le naturalisme y est de plus en plus évident. Mais dans cette deuxième chambre les interventions des élèves sont beaucoup plus nombreuses, à commencer par l'Expulsion d'Héliodore du Temple pour s'affirmer pleinement dans la Rencontre d'Attila et de Léon le Grand.

Le dernier paiement à Raphaël Sanzio pour ces fresques date du 1er août 1514. Son travail au Vatican, et en général ses rapports avec Jules II, ont une importance capitale dans la vie du maître. Le pape lui-même est représenté sous les traits de saint Sixte dans la splendide Vierge Sixtine, peinte pour les moines de Saint-Sixte à Piacenza et aujourd'hui à Dresde (Gemäldegalerie) avec une maestria remarquable aux environs de 1513, alors qu'il avait depuis longtemps commencé le retable de l'église de l'Aracoeli représentant la Vierge de Foligno, aujourd'hui à la Pinacothèque du Vatican, une des rares œuvres publiques de ces années-là. L'année qui précéda la mort du pape, survenue en février 1513, Raphaël avait peint un intense Portrait de Jules II, aujourd'hui à la National Gallery de Londres, donné par le pape à l'église Santa Maria del Popolo, où il fut exposé avec la Vierge au voile. Ces deux tableaux, avec les Sibylles peintes à fresque dans la chapelle funéraire d'Agostino Chigi à Santa Maria della Pace et l'Isaïe de Sant'Agostino - œuvres que l'on peut toutes dater autour de 1512, période d'influence michélangelesque - furent les seules, à cette époque, à être publiquement accessibles.

Le nouveau pontificat de Léon X ( 11 mars 1513) marque un tournant dans la carrière de Raphaël, qui est alors chargé de diriger les travaux de la Fabrique de Saint-Pierre et qui, en 1515, assume la charge de surintendant aux Antiquités en tant qu'architecte et connaisseur de choses antiques. Son activité d'architecte, basée sur son incessante méditation sur l'œuvre de Bramante, avait débuté en 1513 par un projet pour la chapelle Chigi de Santa Maria del Popolo. Entre-temps, le pape Médicis lui confirmait la rénovation des Chambres et, entre 1514 et 1517, Raphaël achevait celle de l'Incendie de Borgo, avec la collaboration massive de son école qui allait, d'ici à quelques années, changer le visage de la peinture et à laquelle on doit l'entière réalisation de la dernière chambre, celle de Constantin. C'est entre les années 1513 et 1515 environ que remontent certains chefs d'œuvre qui comptent parmi les plus beaux portraits de tous les temps: la Femme voilée (Florence, Galerie Palatine), Baldassare Castiglione (Paris, Louvre), Bindo Altoviti (Washington, National Gallery of Art).

Vers 1515 il est chargé d'exécuter les cartons des tapisseries qui devront être placées sous les fresques de la Chapelle Sixtine au Vatican, aujourd'hui conservées au Victoria and Albert Museum de Londres. Mais l'activité de Raphaël pendant les cinq dernières années de sa vie reste aussi obscure que celle de ses débuts.

Rares sont les commandes importantes qui lui sont faites: le fameux retable de Sainte Cécile pour la chapelle de la Beata Elena Duglioli dall'Oglio dans l'église San Giovanni à Monte Uliveto à Bologne, le Portement de croix (ou le Spasimo de Sicile aujourd'hui à Madrid, Prado) pour l'église palermitaine de Santa Maria dello Spasimo, le Saint Michel terrassant le démon (Paris, Louvre), commandé par Laurent de Médicis et envoyé au roi de France en 1518 en même temps que la Sainte Famille de François Ier (Paris, Louvre). Œuvres auxquelles s'ajoutent quelques portraits tardifs, comme l'extraordinaire Double portrait du Louvre où apparaît l'autoportrait de l'artiste, la Fornarina (Rome, Galleria Nazionale d'Arte Antica), le portrait de Léon X avec deux cardinaux (Florence, Offices) exécuté pour le mariage de Laurent de Médicis.

L'activité artistique du peintre, dans les dernières années de sa vie, est fortement liée à la prolifique production de son atelier qui exécute, sous sa direction, les décorations " à l'antique " de la Stufetta et de la Loggetta du cardinal Bibbiena dans ses appartements du Vatican, la Loge de Psyché à la Farnesina, et les fameuses Loges décorées de Scènes de l'Ancien Testament dans les palais du Vatican, achevées en 1519. Ce sont des années d'un travail frénétique où l'activité de l'artiste se déploie dans de multiples secteurs, allant des projets architecturaux (la villa dite plus tard de la Madama pour Jules de Médicis à Monte Mario et quelques autres édifices remaniés par la suite ou démolis), à la recherche archéologique et à la conservation (lettre à Léon X sur les antiquités de Rome), à la production d'estampes sur des dessins de lui entreprise avec Marcantonio Raimondi.

Raphaël meurt le 6 avril 1520 au terme d'une brève maladie, alors qu'était en cours de réalisation la Transfiguration (Pinacothèque du Vatican), qui lui avait été commissionnée, selon la tradition, en concurrence avec la Résurrection de Lazare de Sebastiano del Piombo .

Morena Costantini Soprintendenza per i Beni Artistici e Storici di Roma

 

Sommaire du catalogue

Claudio Strinati 
Surintendant pour les biens artistiques et historiques de Rome et du Latium Biographie de Raphaël à travers le portrait

Dott.ssa Lorenza Mochi Onori 
Directrice de la Galleria Nazionale d'Arte Antica, Palazzo Barberini, Rome La restauration de la Fornarina

Dott.ssa Alba Costamagna 
Directrice de la Galleria Borghese, Rome La Dame à la Licorne - Les dernières recherches

Pier Luigi de Vecchi 
Doyen de la Faculté de Lettres et de Philosophie, Macerata Le concept de " Spezzatura " dans le portrait de Raphaël

Konrad Oberhuber 
International Christian University, Osawa, Mitaka Le rapport entre la femme nue et la femme vétue

Daniel Arasse 
Directeur d'Etudes à l'Ecole des Hautes Etudes, Paris Le concept de " Grâce " chez Raphaël

Antonio Paolucci 
Surintendant pour les biens artistiques et historiques des provinces de Florence, Pistoia et Prato Le portrait à Florence

Nicholas Turner 
Professeur, Cécilia House, Londres Portrait et autoportrait à Florence

Dr Renata Stradiotti 
Directrice de la Pinacoteca Tosio Martinengo, Brescia Le Christ bénissant - les récentes recherches

 

Les actions culturelles du Sénat

Grilles Médicis

Le Sénat a décidé d'utiliser régulièrement les grilles comme lieu d'expositions de photographies

- juillet - 31 décembre 2000 : La Terre vue du Ciel par Yann Artus Bertrand

- 12 juillet 2001 - 31 octobre 2001 : 100 photos pour un siècle de sport, exposition organisée par l'Equipe et le Musée olympique de Lausanne

Jardin du Luxembourg

- 15 mars 2001 - 15 juillet 2001 : Rodin : les Ombres et les Bourgeois de Calais devant la façade Sud du Sénat, grâce à l'amabilité du Musée Rodin

- 10 juin 2001 - 30 septembre 2001 : exposition dans le jardin (côté Est) des sculptures sur bois de Lucien Bénière : la grande murale (fresque de 75 mètres) et la longue marche : 144 mètres en 200 panneaux)

Orangerie

- 28 mai 2001 - 24 juin 2001 : Art Sénat, deuxième édition : Commissaire invité : Lydie Arrickx. Thème : L'enfant et les sortilèges

 

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19 rue de Vaugirard - 75600 PARIS