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Illustration : Le capitalisme total - Jean Peyrelevade

DERIVES DU CAPITALISME FINANCIER

Michel AGLIETTA et Antoine REBÉRIOUX
Sous la dir. de Jean-Philippe TOUFFUT

Editions Albin Michel

Dans le sillage de Enron, Worldcom et Parmalat, les scandales entourant la gestion de grandes sociétés cotées se sont succédé depuis le début des années 2000. Ceux-ci ont ému les opinions publiques et brisé la confiance des marchés de capitaux. Pour l’écrasante majorité des commentateurs, il s’agit là d’accidents isolés, certes fâcheux, mais ne pouvant remettre en cause les vertus d’un système dominé par la finance de marché. Pour Michel Aglietta et Antoine Rebérioux, ces scandales à répétition sont au contraire la marque des dérives de ce « capitalisme financier ».

L’ouvrage met en évidence les contradictions qui traversent ce régime de croissance. Pierre angulaire du capitalisme financier, le postulat selon lequel l’entreprise doit être dirigée dans le seul intérêt de ses actionnaires est en même temps son talon d’achille. La liquidité des marchés financiers, la délégation de la gestion de l’épargne à des investisseurs institutionnels et la promotion d’une comptabilité où l’instantanéité de la valeur de marché prévaut sur la continuité de l’entreprise rendent illusoire le contrôle des entreprises par les actionnaires.
Il en résulte une vacuité du contrôle au sommet des grandes entreprises, qui se solde par une instabilité chronique et une aggravation des inégalités.

Les auteurs proposent de surmonter ces contradictions par une avancée de la démocratie participative dans l’entreprise : plutôt que comme un objet de droits de propriété, celle-ci doit être gouvernée comme une institution, où s’élabore une finalité commune à l’ensemble de ses parties prenantes. La gestion de l’épargne collective doit également être soumise à cette exigence démocratique, seule à même de réduire l’instabilité macro-financière. C’est à cette double condition qu’il est possible de remettre le capitalisme contemporain dans la voie du progrès social.

Michel Aglietta est professeur d’économie à l'université de Paris X – Nanterre, conseiller scientifique au Cepii et membre de l'Institut Universitaire de France.

Antoine Rebérioux est maître de conférences en économie à l’université de Paris X – Nanterre.

Tout deux appartiennent au FORUM (Paris X, CNRS, UMR 7028).