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Illustration : Le capitalisme total - Jean Peyrelevade

LE CAPITALISME EST EN TRAIN DE S’AUTODETRUIRE

Patrick ARTUS et Marie-Paule VIRARD

Editions La Découverte

Le capitalisme est en train de s’autodétruire…L’affirmation peut sembler saugrenue, voire provocatrice, au moment même ou les grandes entreprises de la planète, y compris en France, affichent des profits insolents, rémunèrent très confortablement leurs dirigeants et distribuent des dividendes record à leurs actionnaires…Alors que la croissance économique, en Europe en tous cas, se distingue par sa mollesse, que les délocalisations se multiplient et que chômage et précarité s’aggravent, on comprend que le débat devienne vif sur la légitimité d’une telle captation de richesses.

Dans ce livre décapant et remarquable de clarté, les auteurs n’y vont pas par quatre chemins pour qualifier ce paradoxe : c’est au moment où le capitalisme n’a jamais été aussi prospère qu’il apparaît le plus vulnérable, et nous avec lui. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’un capitalisme sans projet, qui ne fait rien d’utile de ses milliards, qui n’investit pas, qui ne prépare pas l’avenir. Face au malaise social, le gouvernement prétend encourager un meilleur partage de la production de richesses en augmentant le pouvoir d’achat, mais en vérité, il ne traite que les symptômes. Car au fond le débat est ailleurs : c’est l’absurdité du comportement des grands investisseurs, qui exigent des entreprises des rendements de leurs fonds propres exorbitants de tout sens commun. De telles exigences poussent celles-ci à privilégier le rendement à trois mois plutôt que l’investissement à long terme, quitte à délocaliser, à faire pression sur les salaires et à renoncer à créer des emplois ici et maintenant. Voilà pourquoi il est urgent, expliquent les auteurs, de réformer profondément la gestion de l’épargne, d’imposer de nouvelles règles de gouvernance aux gérants comme aux régulateurs. Faute de quoi on n’évitera pas une nouvelle crise du capitalisme, avec toutes ses conséquences politiques et sociales, notamment dans les pays industrialisés.

Patrick Artus est directeur des études économiques du Groupe Caisse d’Epargne et de la Caisse des dépôts et consignations, professeur à l’école Polytechnique et professeur associé à l’université Paris I- Panthéon –Sorbonne.

Marie-Paule Virard est rédactrice en chef du magazine Enjeux- les Echos.