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Illustration : Le capitalisme total - Jean Peyrelevade

LE NOUVEL ÂGE DU CAPITALISME

Élie COHEN

Editions Fayard

Il y a une énigme du capitalisme contemporain. Comment expliquer en effet que le plus grand krach boursier que nous ayons connu depuis 1929, l’éclatement de la bulle Internet, en 2000, n’ait eu aucun des effets habituels sur l’économie générale en termes de croissance, d’échanges commerciaux ou d’emploi ? De même, si les faillites frauduleuses d’Enron et de Worldcom ont généré une crise de confiance dans le modèle américain, elle n’aura duré que quelques mois et n’aura freiné en rien la diffusion à l’échelle de la planète de cette économie mondialisée qui venait pourtant de montrer ses limites.

Bref, les schémas traditionnels d’analyse économique qui permettaient jusqu’à présent d’expliquer les crises paraissent aujourd’hui inopérants. Pour mettre au jour les nouvelles logiques à l’œuvre, Élie Cohen a choisi d’analyser la montée en puissance et la chute de deux entreprises emblématiques des années 1990 : Enron et Vivendi.

Comprendre la faillite d’Enron, sous la direction de son P-DG Ken Lay, c’est s’introduire au cœur du capitalisme américain, des cénacles de la décision publique à Washington et de la politique de déréglementation, en l’occurrence, de l’électricité en Californie. La chute de Vivendi, et celle de son charismatique patron, Jean-Marie Messier, montre comment, dans le contexte hexagonal, un pari hasardeux sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication a pu ébranler un pilier industriel du capitalisme à la française.

Bien entendu, ces deux échecs n’engagent pas seulement l’éventuelle cupidité, la mégalomanie rampante de leurs impétueux promoteurs. L’histoire de Vivendi et d’Enron révèle, plus profondément, les dysfonctionnements des marchés financiers, qui constituent désormais le coeur de notre économie. Extrêmement réactive, surtout face aux innovations technologiques, la finance de marché est devenue le principal moteur du développement de l’activité des entreprises, permettant notamment de répartir les risques sur l’ensemble des agents économiques, et donc de contenir les crises. Mais ce processus est ambivalent, car la place croissante occupée par les marchés fragilise du même fait lesdites entreprises.

Comment réguler les marchés financiers sans entraver la capacité d’innovation ? Tel est le problème essentiel auquel se heurtent aujourd’hui nos gouvernements et les grands responsables d’entreprise, une question de fond à laquelle Élie Cohen répond avec clarté et pédagogie. A partir des exemples fascinants d’Enron et de Vivendi, il nous donne les clés de compréhension de ce nouvel âge du capitalisme dans lequel nous sommes désormais de plain pied, et propose une analyse novatrice de l’économie mondiale qui provoquera, à n’en pas douter, de nombreux débats.

Élie Cohen est directeur de recherche au CNRS et à la Fondation nationale des sciences politiques, professeur à l'Institut d'études politiques de Paris et membre du Conseil d'analyse économique. Considéré aujourd’hui comme l’un des meilleurs économistes français, il est l’auteur de plusieurs essais dont, chez Fayard, La Tentation hexagonale (1996) et L’Ordre économique mondial (2001), dont l’accueil critique et public fut remarquable.