La pratique de la Chine
André Chieng,
en compagnie de François Jullien,
Grasset
Une tentative foncièrement nouvelle d'aborder la Chine - entre l'économie et le savoir.
« Dans les séminaires de dirigeants d’entreprises que j’anime sur la Chine, quelques questions reviennent de façon inéluctable : « les Chinois sont-ils fiables ? », « quelles sont
donc leurs valeurs ? », « auraient-ils donc une autre façon de penser et d’opérer ? », « comment espérer alors nouer des relations d’affaires et gérer avec
eux ? »
La Chine acquiert de jour en jour plus d’importance dans le monde contemporain. Néanmoins, les Occidentaux continuent d’hésiter entre deux attitudes à son égard : la séduction de l’exotisme (l’ « Orient » de
la sagesse) et la peur de l’envahissement (le « péril jaune »). Ils oscillent entre fascination et diabolisation. Du moins ont-ils le sentiment qu’avec les habitants de ce si lointain, si vieux et de nouveau si puissant
pays, on ne saurait se comporter tout à fait comme avec les autres habitants de la planète. En quoi sans doute ils ont raison. Mais alors comment s’y prendre ? Autrement dit, comment entrer en Chine ?
Je crois que, pour nouer des rapports, y compris d’affaires, avec les Chinois, il faut d’abord rouvrir notre pensée : non pas chercher à devenir chinois, mais comprendre que les Chinois puissent avoir d’autres façons
de procéder que celles auxquelles on s’attend d’ordinaire en Europe ; et que ces procédures – à la fois d’agir et de penser, les deux sont conjoints – loin d’être incongrues, étranges
ou mystérieuses, sont également intelligibles. Les Chinois peuvent avoir effectivement un autre rapport à la vérité, au discours, à l’efficacité, que celui qui s’est façonné si
continûment en Occident qu’il paraît souvent désormais aux Occidentaux comme allant de soi, au point que cette « évidence » n’est plus réfléchie. Si le culturel se joint ici à l’économique,
ce n’est donc pas comme un vernis ajouté au prosaïsme des affaires ; mais parce que le second ne peut se concevoir sans le premier. On ne peut dissocier gestion et réflexion : c’est ce que j’ai choisi d’appeler
ici, à l’articulation des deux, la « pratique » de la Chine. »
André Chieng
N é en 1953 à Marseille de parents chinois, André Chieng a reçu une éducation chinoise en famille et française à l'école. Il est ancien élève de l'école Polytechnique.
Depuis 2001, André Chieng s'est installé à Pékin, il est conseiller de la province du Hebei, membre d'honneur du Conseil chinois pour la promotion du Commerce International et vice-président du
Comité France-Chine. En 1987, il a co-écrit le livre Les Nouvelles Routes de la Soie , publié aux éditions Economica.
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