Psychanalyse de l'antilibéralisme
Les Français ont-ils raison d'avoir peur ?
C. Stoffaës, Editions Saint-Simon
Le débat intellectuel et public français cherche ses nouveaux repères. Après l’échec des régimes communistes, les idées marxistes sont aujourd’hui frappées de discrédit.
Leur emprise s’est relâchée : les substituts altermondialiste ou populiste ne sont pas les seules alternatives.
En réalité, le nouveau contexte libère l’espace de la pensée politique en autorisant la remise au débat du libéralisme.
La France se déclare quasi unanimement anti-libérale dans un monde devenu libéral. L’antilibéralisme, ce véritable ciment d’une idéologie française, vient à nouveau d’être
illustré par le rejet du référendum constitutionnel et du contrat de première embauche censé apporter une réponse à la grave crise du chômage des jeunes. Pourtant, la plupart
de ses gouvernements, de gauche comme de droite, ont conduit, sans parfois oser l’avouer, nombre de réformes inspirées par le libéralisme – à commencer par l’adhésion à l’Europe
et à ses règles.
Pourtant, inventé par la France au Siècle des Lumières, le libéralisme irrigue profondément les racines de notre Révolution et de notre République, se distinguant de sa définition
anglo-saxonne. En éclairant son passé et en lui restituant son importance, c’est toute l’histoire de notre démocratie qui pourra apparaître sous un jour nouveau.
Le divorce entre l’opinion française et le libéralisme paraît ainsi relever d’un vaste malentendu qu’il faut aujourd’hui dissiper. Que s’est-il donc passé ? De quelles frustrations
ce paradoxe est-il révélateur ? Comment le libéralisme, synonyme de la gauche progressiste en France jusqu’au début du XIXe siècle – et encore aujourd’hui presque partout ailleurs
que chez nous – s’est-il trouvé rejeté à droite – voire à l’extrême droite – de notre échiquier politique ? Comment notre société s’est-elle édifiée
un aussi monumental tabou ? Le moment est venu de faire la psychanalyse de cette peur irraisonnée qui gangrène depuis trop longtemps la pensée politique de notre pays. Pour s’implanter durablement dans
notre pays le libéralisme doit redevenir populaire.
Christian Stoffaës
Christian Stoffaës est membre du Bureau de la Fondation Concorde, depuis juillet 2006 du conseil d'administration du think tank Notre Europe fondé par Jacques Delors en 1996.
Il est Président du Conseil du CEPII (Centre
d'Etudes Prospectives et d'Informations Internationales) depuis juillet 2004, professeur associé à l'université Paris-Dauphine et membre
du Cercle des économistes.
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