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L'Ouest américain, berceau de la nouvelle économie

COMPTE-RENDU DE LA VISITE EN CALIFORNIE ET DANS L'ETAT DE WASHINGTON D'UNE DÉLÉGATION DU GROUPE INTERPARLEMENTAIRE FRANCE-ETATS-UNIS DU 15 AU 22 SEPTEMBRE 2002, PRÉSENTÉ PAR M. PAUL GIROD, PRÉSIDENT


Table des matières





COMPOSITION DE LA DÉLÉGATION

M. Paul Girod, Président du groupe interparlementaire France-Etats-Unis

Sénateur de l'Aisne

MM. André Ferrand,

Sénateur représentant les Français établis hors de France

Georges Gruillot,

Sénateur du Doubs

Bernard Joly,

Sénateur de la Haute-Saône

Max Marest,

Sénateur de l'Essonne

Jean-Marc Pastor,

Sénateur du Tarn



Michel Thiollière,

Sénateur de la Loire

La délégation était accompagnée de Mlle Catherine Forgeard, administrateur, secrétaire exécutif du groupe interparlementaire.

PROGRAMME DU DÉPLACEMENT

Dimanche 15 septembre

13h30 Départ de Paris - Charles de Gaulle vers San Francisco (vol AF 084)

15h55 Arrivée à San Francisco

Accueil par M. Gérard Coste, Consul Général

19h-22h Dîner de travail avec le Consul Général, M. Gérard Coste, et les principaux chefs de service du Consulat

Lundi 16 septembre

10h-11h Entretien avec le Professeur William F.Miller de l'Université de Stanford (Graduate School of Business)

11h15-12h Entretien avec Mme Katharine Ku, Office for Technology Licensing (Office des brevets de l'université de Stanford)

12h15-14h Déjeuner en présence d'hommes d'affaires et de professeurs français : MM. Jean-Louis Gassée (ancien vice-président d'Apple et ancien président de Be Inc), Philippe Goix (Guava Technologies), Vincent Maret (Bouygues Telecom), Patrick Gauthier (Visa International), Robert McGinn (Professeur à Stanford), Emmanuel Mignot (Professeur à Stanford) et Jean-Bernard Le Pecq (membre de l'Institut, Professeur à l'Université Pierre et Marie Curie - Paris 6)

14h30-15h30 Entretien avec M. Marc Verstaen, CEO de Beatware

16h-17h30 Entretien avec M. Lionel Pelamourgues, Directeur, France Telecom R&D

19h-22h Dîner à l'Opéra de San Francisco offert par M. Thomas Horn, Président du San Francisco War Memorial and Performing Arts Center, en présence de M. William Brown, Maire de San Francisco et de M. et Mme George Shultz (Secrétaire d'Etat de 1982 à 1989)

Mardi 17 septembre

9h30-10h30 Entretien avec M. Carl Wood, Commissaire, California Public Utilities Commission (autorité de régulation des services publics californiens)

11h00-12h00 Entretien avec M. Don Mc Grath, CEO, Bank of the West (BNP-Paribas)

12h30-13h30 Entretien avec M. Ken Alwyn, Partenaire associé, PriceWaterhouseCoopers

13h45-15h45 Tour guidé de la ville de San Francisco en bus

17h10 Départ pour Seattle (vol UA 1822)

19h05 Arrivée à l'aéroport de Seattle, Accueil par M. Jack Cowan, Consul honoraire et Directeur de la Chambre de commerce franco-américaine du Pacifique nord-ouest

20h30 Dîner en présence de M. Jack Cowan

Mercredi 18 septembre

09h15 Arrivée chez Microsoft Corp à Redmond, visite de l'e-home (maison du futur)

10h30-11h Entretien avec M. Jean-François Heitz, Directeur financier adjoint de Microsoft

11h30-12h30 Entretien avec M. Alain P. Steven, Président d'Alstom Esca

12h45-14h Déjeuner en présence de M. Hubert de Suduriaut, Senior Vice-Président de Costco et de M. Vincent Poitout, Ingénieur, Institut de recherche du Pacifique nord-ouest, chargé de recherche à l'INSERM

15h15-17h30 Visite de l'usine d'assemblage de Boeing à Everett, en présence de M. David K. Reese, Directeur, Relations gouvernementales (Boeing) et de M. Norbert Gaillard (SNECMA)

19h-22h Dîner offert par Boeing avec les responsables de Boeing et quelques fournisseurs français dans le domaine de l'aéronautique

Jeudi 19 septembre

09h00 Départ pour Los Angeles (vol Alaska Airlines 480)

11h35 Arrivée à l'aéroport de Los Angeles, accueil par M. Jean-Luc Sibiude, Consul Général de Los Angeles

13h-14h Entretien avec M. Luc Vanhal, Président, Vivendi Universal Games

19h30-22h Dîner à la résidence du Consul Général

Vendredi 20 septembre

10h-12h Entretien avec M. Zev Yaroslavsky, Président du Conseil du comté de Los Angeles, et M. Jack Kyser, Chef-économiste du comté

12h15-14h Déjeuner à Trust Company of the West (51% Société générale)

14h30 Visite du studio Walt Disney Feature Animation

16h Réunion avec la presse

17h-22h Tour guidé de Los Angeles et visite du Musée J. Paul Getty

Samedi 21 septembre

10h Visite des studios de Media Concepts (Yves Chicha), société de doublage et d'arrangements-son

14h-16h Après-midi libre à Santa Monica

18h20 Décollage pour Paris (vol Air France 69)

Dimanche 22 septembre

14h Arrivée à Paris-Roissy Charles de Gaulle

INTRODUCTION

Mesdames, Messieurs,

Une délégation du groupe interparlementaire France-Etats-Unis s'est rendue en Californie et dans l'Etat de Washington, du 15 au 22 septembre 2002.

Le groupe interparlementaire s'était déjà rendu sur la côte est des Etats-Unis et en Louisiane. La délégation a donc choisi de s'intéresser, pour ce déplacement, à l'ouest américain, région des Etats-Unis que la géographie oriente naturellement vers l'Asie, plus que vers l'Europe. La visite s'étant déroulée dans un contexte de campagnes électorales1(*) peu propices aux rencontres politiques, la mission a saisi l'opportunité qui lui était offerte de s'intéresser plutôt à l'effervescence économique qui caractérise cette région.

Malgré le ralentissement de la croissance américaine depuis la fin 2000 (et trois trimestres consécutifs de récession en 20012(*)), les Etats de Californie et de Washington paraissent prêts pour un rebond qui semble inéluctable à tous les acteurs. L'ouest des Etats-Unis, fidèle à son histoire, a fait de l'économie sa « nouvelle frontière ». Des contrastes régionaux sont néanmoins perceptibles : si la Californie semble sortir très rapidement d'une grave crise électrique et de l'éclatement de la bulle internet, le Washington continue en revanche d'être affecté par une récession qui a touché très durement les deux secteurs emblématiques de cet Etat, à savoir l'aéronautique et les nouvelles technologies. Pour ces deux régions comme pour l'économie mondiale, l'avenir dépendra beaucoup de l'évolution de la situation internationale. Toutefois, l'ouest américain pourrait, une fois de plus, être à l'avant-garde des évolutions économiques des prochaines années.

La mission du groupe interparlementaire a également permis de nouer des liens avec la communauté française présente en Californie et dans l'Etat de Washington. C'est avec plaisir que la délégation a pu constater que cette communauté était présente et active dans cette partie des Etats-Unis.

A San Francisco, la délégation a étudié le secteur des technologies de l'information, à l'Université de Stanford (où il a été question de la recherche et des transferts de technologies vers les milieux économiques) et lors de rencontres avec plusieurs dirigeants d'entreprises français installés dans la Silicon valley. Les autres sujets ayant fait l'objet d'entretiens furent la dérégulation du secteur électrique et ses conséquences, ainsi que la réforme de la législation américaine en matière de gouvernement d'entreprise. La délégation a également été reçue par la municipalité de San Francisco et par son maire, M. William Brown.

A Seattle, le groupe interparlementaire s'est entretenu avec des dirigeants des entreprises Microsoft, Alstom et Boeing. Parmi les nombreux sujets abordés, ces entretiens se sont notamment préoccupés de la crise économique qui frappe particulièrement cette région des Etats-Unis, suite aux événements du 11 septembre 2001 et à leurs répercussions sur le secteur aéronautique.

A Los Angeles, la délégation a rencontré des dirigeants d'entreprises, dans les secteurs de la culture et de l'  « entertainment ». Enfin, le groupe interparlementaire a été reçu par le superviseur du Comté de Los Angeles, M. Zev Yaroslavsky, avec qui ont été évoqués les problèmes politiques, économiques et sociaux auxquels cette région de plus de 10 millions d'habitants est confrontée.

PREMIÈRE PARTIE : LA CALIFORNIE, UN ETAT TOUJOURS TOURNÉ VERS L'AVENIR

I-DES INSTITUTIONS ORIGINALES ET UNE ÉCONOMIE PUISSANTE

A-UN ETAT AUX INSTITUTIONS ORIGINALES, PRIVILÉGIANT LA DÉMOCRATIE DIRECTE

1-Une constitution laissant une grande part d'initiative aux citoyens

Découverte en 1542, colonisée par l'Espagne à la fin du 18ème siècle, devenue mexicaine après l'indépendance du Mexique en 1822, la Californie devint américaine en 1846, après quelques semaines d'indépendance (Bear flag revolution). Elle fut admise comme 31ème Etat de l'Union le 9 septembre 1850, peu après que sa population eut considérablement augmenté, en conséquence de la Ruée vers l'or.

Ayant pour capitale politique Sacramento, l'Etat de Californie est gouverné par des institutions3(*) mettant en oeuvre, sur le modèle de la Constitution fédérale américaine, le principe de séparation des pouvoirs. Avec toutefois une différence : le Parlement californien (Assemblée et Sénat), en tant que parlement étatique, est doté d'une compétence générale, sous réserve du respect des textes constitutionnels (alors que le Congrès des Etats-Unis dispose, lui, de compétences d'attribution strictement énumérées). Quant au gouverneur4(*), chef de l'exécutif, il est élu pour quatre ans renouvelables une fois, à l'image du Président des Etats-Unis. La principale originalité de la constitution californienne réside dans la place qu'elle réserve aux procédures de démocratie directe. Trois procédures sont, à cet égard, particulièrement remarquables : par le mécanisme de « recall », des élus peuvent être révoqués par un vote populaire, initié par une pétition signée par un nombre qualifié d'électeurs ; l'  « initiative » permet aux citoyens de légiférer, voire même d'adopter des amendements constitutionnels, sans intervention des pouvoirs législatif et exécutif (le projet, ayant fait l'objet d'une pétition, est directement soumis au vote des électeurs) ; quant à la procédure de « referendum » proprement dit, c'est un vote de protestation, initié là encore par une pétition, qui permet aux électeurs d'approuver ou de rejeter des dispositions législatives déjà adoptées. Enfin, il est notable que la Constitution de l'Etat ne peut être amendée qu'à l'issue d'un vote populaire, après approbation de la proposition par chaque Chambre à la majorité des deux tiers.

Bien que la constitution5(*) ait été réécrite après la création en 1963 d'une commission de révision, elle demeure un texte long et détaillé. Une nouvelle commission de révision de la constitution fut créée entre 1994 et 1996 et chargée de proposer notamment une réforme de la procédure budgétaire et des relations entre l'Etat et les collectivités locales (villes, comtés). En septembre 1995, cette commission présenta ses premières conclusions : outre qu'elle proposait que le budget soit, à l'avenir, voté pour une période de deux ans, elle préconisait également une transformation du Parlement bicaméral en une Chambre unique et l'élection du gouverneur et du lieutenant-gouverneur sur un même « ticket ». Cette réforme échoua lors de son passage devant l'Assemblée et le Sénat.

2-Une administration locale complexe : l'exemple du Los Angeles County

L'organisation territoriale californienne n'a rien à envier à la nôtre pour ce qui est de sa complexité. Les subdivisions territoriales de l'Etat sont, d'après la constitution, le comté et la municipalité. Certaines zones n'étant pas incluses dans le territoire d'une municipalité, relèvent directement de l'administration du comté (« unincorporated areas », communautés sans personnalité morale). Il existe également des districts dits spéciaux (dotés d'une ou de plusieurs compétences), qui peuvent être administrés par un Conseil élu (ils sont alors dits indépendants) ou au contraire gérés par une collectivité existante. Ces districts peuvent être créés à l'initiative de citoyens, après approbation du projet par une commission du comté appelée LAFCO (Local Agency Formation Commission).

Il existe deux types de comtés : les comtés de droit commun (general law counties, au nombre de 45 en Californie), d'une part, sont administrés selon des règles fixées au niveau de l'Etat ; les comtés disposant d'une charte (charter counties, au nombre de 13), d'autre part, déterminent eux-mêmes les modalités de leur organisation. Tous les Comtés sont administrés par un Conseil de cinq directeurs, selon une organisation dérogeant au principe de séparation des pouvoirs car ce conseil cumule des fonctions législatives, exécutives et quasi-judiciaires.

Le comté de Los Angeles, qui possède une charte, est le plus peuplé de tous les Etats-Unis. Il compte 10 millions d'habitants, dont près de 4 millions dans la ville de Los Angeles même. Son territoire est l'un des plus riches du pays, avec un produit intérieur brut proche de celui de la quinzième économie mondiale. Le comté de Los Angeles est constitué de 88 villes et de 138 communautés sans personnalité morale (ces zones regroupent 1.5 millions d'habitants). Son budget annuel s'élève à 16.5 milliards de dollars et son autonomie financière est très limitée, puisque 27% de ses ressources sont des subventions fédérales, et 31% des subventions étatiques.

Le comté de Los Angeles agit en matière de santé et de services sociaux : à ce titre, il gère notamment un réseau de six hôpitaux et plusieurs centres médicaux. Trois hôpitaux sont aujourd'hui menacés de fermeture, en raison de la diminution des financements fédéraux.



Le comté a également des compétences en matière de justice criminelle, de sécurité publique et de protection civile. Le Sheriff assure la protection des citoyens habitant dans les zones hors municipalités, ainsi que dans 41 villes qui achètent ses services. Le Sheriff gère aussi neuf prisons, abritant 20000 détenus. Enfin, il coordonne les services d'urgence, auxquels le comté est très attentif, l'agglomération vivant sous la double épée de Damoclès de l'activité sismique et, depuis le 11 septembre 2001, du terrorisme.

Enfin, le comté de Los Angeles assure la gestion de nombreux équipements récréatifs et culturels, tels que des parcs et plages, le Los Angeles County Museum of Art (LACMA), le Musée d'histoire naturelle et le Centre de Musique, qui abrite notamment, sous forme de partenariats public-privé, l'Opéra et l'Orchestre philharmonique de Los Angeles.

Premier Etat des Etats-Unis en termes de population (35 millions d'habitants) et troisième par son étendue (424 002 km2 ), la Californie est également le premier Etat américain en termes économiques.

B- PREMIER ETAT AMÉRICAIN EN TERMES ÉCONOMIQUES, LA CALIFORNIE A UN POIDS ÉQUIVALENT À CELUI DE LA FRANCE

1-Une économie puissante tournée vers le Pacifique, où la France est un investisseur important

D'après les chiffres de la Banque mondiale pour 2000, le produit intérieur brut californien représentait, avec 1341 milliards de dollars, 13.6 % du PIB total des Etats-Unis. Ce chiffre signifie que la Californie a un poids économique équivalent à celui de la 5ème économie mondiale. Intégrée au classement économique des Etats, la Californie se placerait donc juste devant la France, dont le produit intérieur brut était en 2000 de 1294 milliards de dollars6(*). En outre, les activités économiques californiennes sont très diversifiées, l'essor de la Silicon Valley et des activités de services ne devant pas faire oublier que la Californie est aussi le premier Etat agricole américain.

La Californie est le premier Etat exportateur des Etats-Unis. Elle représente à elle seule 14.6 % des exportations américaines en 2001. Les principaux secteurs exportateurs sont l'informatique, l'audiovisuel, l'agriculture, la chimie et l'aéronautique. Le commerce international est à l'origine d'1.5 millions d'emplois, soit plus de 10 % de l'emploi total dans le secteur privé, ce qui a pour revers une très forte dépendance de l'économie vis-à-vis de la conjoncture internationale. Les principaux marchés d'exportation des produits californiens sont le Mexique, le Japon et le Canada, ce qui résulte, d'une part, de l'insertion au sein de l'ALENA (Association de libre-échange nord-américain) et, d'autre part, d'une situation géographique qui oriente naturellement la Californie vers le Pacifique et l'Asie. La France, quant à elle, est le treizième pays de destination des produits californiens.

Principaux clients de l'Etat de Californie (en millions de $) en 20017(*)


1

Mexique

16 343,1

2

Japon

14 635,1

3

Canada

11 816,0

4

Taïwan

5 664,5

5

Royaume-Uni

5 588,8

6

Corée du Sud

5 034,9

7

Chine

4 676,1

8

Allemagne

4 657,4

9

Pays-Bas

4 318,2

10

Singapour

4 226,8

11

Hong-Kong

3 934,0

12

Malaisie

2 554,2

13

France

2 242,0

 

Total

exportations

106 777,0




(calculé d'après les données pour les 25 premiers pays d'exportation)

La Californie est l'Etat américain qui accueille le plus d'investissements étrangers, les trois principaux pays investisseurs étant le Japon, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. En 1999, Ces investissements représentaient 115 milliards de dollars et un total de 638 000 emplois.

La France se plaçait au sixième rang des investisseurs étrangers avec un montant de 7,2 milliards de dollars (en flux) et 47 000 emplois créés. Avec 250 implantations, la présence économique française en Californie est donc significative. L'investissement français y a bien sûr été marqué par le rachat d'Universal par Vivendi en 2000, quoique le centre de décision américain du groupe se trouve à New-York. D'autres très grandes entreprises françaises sont présentes en Californie : BNP-Paribas détient BancWest Corporation (1.5 millions de clients, plus de 350 agences bancaires et 5300 emplois). BancWest résulte de la fusion de deux grandes banques de l'ouest américain : Bank of the West, créée en 1874, cinquième banque californienne (en termes d'actifs) et First Hawaiian Bank, créée en 1858 qui représente 41% des dépôts bancaires à Hawaii. Après la fusion le 1er novembre 1998, le groupe est devenu une filiale à 100% de BNP-Paribas le 20 décembre 2001. Quant à la Société générale, elle a racheté 51 % du groupe TCW (Trust Company of the West, société de gestion d'actifs basée à Los Angeles) en 2001. S'implanter en Californie s'est révélé indispensable pour d'autres grandes entreprises françaises, notamment dans le secteur des technologies de l'information et de la communication. Ainsi, par exemple, le centre de recherche et développement de France Télécom a ouvert un laboratoire à San Francisco, dans la Silicon Valley avec pour objectif de réaliser des études et développements dans le domaine du multimédia, des communications de données et des techniques radio-mobiles.

Par ailleurs, la présence française en Californie se traduit aussi par l'existence de nombreux entrepreneurs qui ont créé des entreprises petites et moyennes, dans tous les domaines, aussi bien dans les secteurs traditionnels (services, restauration...) que dans les nouvelles technologies de l'information et de la communication (informatique, audiovisuel...).

2-Des difficultés économiques aggravées par le 11 septembre

En 2000, la Californie entrait dans sa septième année d'expansion économique. Cette longue phase de croissance a profondément transformé l'économie californienne. La récession du début des années 1990 a eu pour effet d'inciter la Californie à se détourner en partie de l'industrie (et notamment de la défense) pour s'orienter vers une économie des services fondé sur le savoir (« knowledge-based »). La Californie a ainsi confirmé sa position de leader dans les secteurs des télécommunications, du multimédia, des biotechnologies, des logiciels et d'internet. Son taux de chômage est passé de 9.4% en 1993 à 4.7% en février 2001. La Bay Area (région de San Francisco et de la Silicon Valley, soit neuf comtés et 6.7 millions d'habitants) joue un rôle pionnier dans ces secteurs liés aux nouvelles technologies : en 1998, 26 entreprises Fortune 5008(*) y avaient leurs sièges. Parmi elles : Apple computer, HP, Sun Microsystems, 3Com, Cisco, Oracle.

Néanmoins, l'économie californienne a subi de plein fouet le ralentissement consécutif au 11 septembre, dans un contexte déjà difficile marqué par la crise de l'électricité et par le retournement de conjoncture dans le domaine des nouvelles technologies. En 2001, les exportations californiennes ont reculé de près de 11%. Le chômage, qui s'élevait à 4.7 % de la population active en février 2001, est passé à 6.3 % au premier trimestre 2002, soit un peu plus que la moyenne américaine (5.6 %). Dans la Bay Area, le taux de chômage est passé en un an de 2.5 % à 6 %.

Cette situation a eu des conséquences sur la population française présente dans la Silicon Valley, avec de nombreux retours anticipés suite aux licenciements de grands groupes (Hewlett-Packard, CISCO...) et aux faillites et réductions d'effectifs des start-up.

II- UNE ÉTONNANTE CRISE ÉLECTRIQUE QUI N'A PAS BRISÉ L'ÉLAN TECHNOLOGIQUE CALIFORNIEN

A- LE BERCEAU DE LA NOUVELLE ÉCONOMIE PRIVÉ D'ÉLECTRICITÉ : HISTOIRE DE L'ÉCHEC D'UNE DÉRÉGLEMENTATION.

Alors même qu'elle jouait un rôle pionnier dans le développement de la nouvelle économie, la Californie dut se résoudre à être privée, pour un temps, de l'un des principaux bienfaits de la deuxième révolution industrielle.

De novembre 2000 à mai 2001 en effet, 38 jours de pannes et coupures d'électricité furent enregistrés. Un Californien sur trois fut affecté par les conséquences de ces dysfonctionnements, qui mirent en danger non seulement l'économie mais aussi la sécurité publique. Cette crise fut causée par une déréglementation mal maîtrisée, dans un contexte de déséquilibre entre l'offre et la demande. Ce déséquilibre fut aggravé par des pratiques pour le moins contestables de la part des producteurs, comme l'a montré la CPUC (California Public Utilities Commission) dans un rapport en date de septembre 2002.

1- Une déréglementation mal maîtrisée

Au début des années 1990, les prix moyens de l'électricité en Californie dépassaient déjà d'environ 50% la moyenne pour les Etats-Unis. Dans un contexte de crise économique, les entreprises menaçaient de se délocaliser. Une réforme de grande ampleur fut donc décidée en 1996, et mise en oeuvre par la loi AB ( Assembly Bill) n° 1890 (The Electric Utility Industry Restructuring Act). Cette loi a établi les principes suivants, applicables à compter du 31 mars 1998 :

- Les trois grandes compagnies privées (dites investor-owned-utilities ou IOU), alors détentrices d'un monopole sur les trois quarts des ventes au détail en Californie, devaient céder au moins 50% de leurs centrales à combustible fossile. Ces trois grandes sociétés _ Pacific Gas & Electric (PG&E), Southern California Edison (SCE) et San Diego Gas and Electric (SDG&E) _ étaient des monopoles intégrés verticalement (assurant la production, le transport et la distribution d'électricité). Elles durent, une fois la loi entrée en vigueur, acheter et vendre sur le marché spot des ventes en gros d'électricité (le Power Exchange ou PX), pour le jour même et le lendemain.

- La régulation du réseau de transport est, depuis la réforme, assurée par un organisme indépendant, l'Independant System Operator (ISO) qui contrôle l'utilisation des infrastructures afin d'assurer des conditions d'accès égales pour tous les opérateurs (les IOU demeurent propriétaires de ce réseau).

- Le marché de la vente au détail est devenu concurrentiel, ce qui signifie que les consommateurs desservis par les IOU peuvent choisir leur fournisseur. Les tarifs au détail furent gelés, après une baisse initiale obligatoire de 10%, contrebalancée par la création d'une taxe dite de transition à la concurrence. Les compagnies municipales, desservant un quart des consommateurs, aveint toutefois la possibilité de ne pas participer au nouveau système de marché.

Cette organisation comportait des défauts intrinsèques qui n'ont pas tardé à se révéler. En effet, les producteurs d'électricité furent piégés par le gel des prix au détail, alors qu'ils s'approvisionnaient à des prix fluctuant sur un marché au jour le jour. La réglementation leur interdisait tout contrat de long terme avec les producteurs, susceptibles d'assurer une couverture contre les risques du marché. Comme le remarque la Banque mondiale9(*), "cela revient à exiger de tous les passagers d'un avion qu'ils achètent leur billet dans une vente aux enchères obligatoire qui a lieu 30 minutes avant le départ".

Par conséquent, confrontées à une hausse sans précédent des prix de gros à partir du second semestre 1999, les compagnies connurent des difficultés financières importantes. Tandis que SDG&E était autorisée à répercuter la hausse des coûts de l'électricité sur ses usagers (à compter de septembre 1999), PG&E était, quant à elle, contrainte au dépôt de bilan en avril 2001.

2- Une pénurie d'infrastructures aggravée par des pratiques de rétention de l'offre

A partir de juin 2000, la hausse des prix de gros sur le Power Exchange fut considérable. D'environ 30$ par Mégawatt-heure en décembre 1999, les prix passèrent à environ 145$ / Mwh en juin 2000 et à 377$ / Mwh en décembre 2000. Les épisodes de pannes d'électricité se multiplièrent à la fin de 2000 et en 2001.

- Pour une part, cette évolution résultait de l'insuffisance de l'offre sur le marché, le renouvellement des infrastructures ayant été négligé.

Depuis les années 1960 en effet, les investissements en infrastructures n'ont pas été à la hauteur de la forte croissance démographique californienne (environ 500 000 personnes de plus chaque année depuis la Seconde guerre mondiale). Cette situation explique que les prix de l'électricité était déjà plus élevés en Californie que dans les autres Etats américains, avant la déréglementation. Plus récemment, au cours des années 1990, la capacité de production électrique en Californie a baissé de 2%, tandis que les ventes au détail, dopées par le développement de la nouvelle économie, se sont accrues de 11% . La réglementation environnementale en est partiellement responsable, puisqu'elle a considérablement retardé la délivrance de permis de construire pour de nouvelles centrales. Par conséquent, une part croissante de l'électricité consommée par les Californiens était importée des Etats voisins. Or la production hydroélectrique en provenance du nord-ouest américain fut affectée par des niveaux d'eau exceptionnellement bas. Enfin, l'augmentation du prix du gaz naturel eut également des conséquences sur les prix de l'électricité.

- Néanmoins, ces causes économiques objectives ne sauraient dissimuler une autre réalité, mise en évidence par la California Public Utilities Commission dans un rapport de septembre 200210(*) : les producteurs ont créé les conditions d'une pénurie artificielle d'électricité, dans le but de faire monter les prix.

L'enquête conduite par la CPUC met en cause la responsabilité des cinq plus grands producteurs privés11(*), en indiquant que la plupart des pannes aurait pu être évitée, si ces entreprises avaient utilisé pleinement leurs capacités de production. Alors que les partisans de la déréglementation espéraient que la concurrence ferait baisser les prix, chaque producteur n'ayant pas individuellement de pouvoir sur le marché, aucun système n'était prévu pour empêcher que les producteurs sous-utilisent leurs capacités. Le rapport de la CPUC conclut, de façon générale, à la nécessité d'une re-réglementation. De fait, depuis les débuts de la crise, l'Etat californien est intervenu sur le marché, en achetant de l'électricité aux producteurs par des contrats de long terme, pour les revendre à des prix acceptables aux entreprises PG&E et SCE. Les pouvoirs de l'ISO ont été accrus. Quant à la bourse de l'électricité californienne (le PX), elle a fermé ses portes en janvier 2001. Aujourd'hui, les autorités publiques sont redevenues des acteurs essentiels du marché électrique californien.

Plusieurs enseignements peuvent être tirés de cet échec d'un processus de déréglementation : en premier lieu, la création de bourses de l'électricité doit aller de pair avec la possibilité de conclure des contrats bilatéraux de long terme, qui permettent de réduire l'incertitude sur les prix de gros. Par ailleurs, la puissance publique doit demeurer garante de la sécurité d'approvisionnement, puisque le marché ne garantit pas à lui seul que les consommateurs pourront bénéficier d'un approvisionnement continu à des prix acceptables. Les autorités publiques doivent donc contrôler les investissements de production, garants de la sécurité énergétique à long terme et créer des conditions équitables d'accès au réseau de transport. Enfin, le marché mis en place doit être transparent, à charge pour le régulateur de déceler d'éventuelles pratiques illicites.

B- UNE CONFIANCE INÉBRANLABLE EN L'AVENIR : L'EXEMPLE DE LA SILICON VALLEY, TOUJOURS EN QUÊTE D'UNE « NOUVELLE FRONTIÈRE »

1-Les clés du succès de la Silicon valley

« Les vainqueurs de cette compétition mondiale seront ceux qui pourront réunir le meilleur du design, de la fabrication, de la recherche, de l'exécution, du marketing. Ces différents éléments se retrouvent rarement dans un même pays ou sur un même continent » (Jack Welsh, Président de General Electric).

La Silicon valley a su parfaitement tirer parti de la mondialisation, en développant un « habitat » propice à l'innovation, au point d'avoir acquis dans ce domaine un avantage comparatif inégalé. D'après William F. Miller, professeur à l'Université de Stanford, la force de la Vallée ne réside pas seulement dans ses percées scientifiques ou technologiques, mais aussi dans l'existence d'un milieu particulièrement favorable à la transformation des idées en produits, mis rapidement sur le marché grâce à la création de nouvelles entreprises. Aucune région au monde n'a su, aussi bien que la Silicon valley, tirer parti des synergies du couple innovation-entrepreneuriat.

Toujours selon le professeur Miller, les principales caractéristiques de l' « habitat » siliconien sont :

-Des « règles du jeu » adéquates, établies par les autorités publiques. Le respect de ces règles (droit de la concurrence, de la propriété intellectuelle etc.) est indispensable au développement économique. Tout manquement doit être sanctionné par un régulateur.

-L'existence de services aux entreprises, créateurs de valeur ajoutée, en matière financière par exemple, ou en matière de gestion des ressources humaines.

-Un fort développement du capital-risque, dans un climat récompensant l'audace économique. A cet égard, le climat qui règne dans la Silicon Valley est particulièrement favorable. L'entrepreneur qui a échoué n'est pas irrémédiablement écarté de la compétition économique : il n'est pas considéré a priori comme blâmable, la plupart des capital-risqueur s'attendant d'ailleurs à ce qu'en moyenne une entreprise sur deux ferme ses portes après quelques mois ou quelques années d'existence. Ce type d'échec est considéré comme un événement normal dans le processus de développement économique. Tirer parti des erreurs commises permet à l'entrepreneur de repartir éventuellement sur une autre voie plus prometteuse.

-La libre circulation des capitaux : c'est la condition d'une allocation optimale des ressources.

-La circulation des idées est un autre facteur de réussite de la Silicon Valley : elle favorise un processus d' « apprentissage collectif » (« collective learning ») par des interactions fortes entre le monde des affaires, la recherche et le secteur public. La Silicon Valley sait profiter des savoirs acquis dans toutes les régions du monde, grâce à ses liens au niveau mondial avec d'autres « clusters » industriels, notamment grâce à l'immigration.

-Enfin, le dynamisme démographique est également un facteur de la réussite économique californienne. La population active s'élève à 17,5 millions d'individus, pour 35 millions d'habitants. La population californienne est en constante augmentation, 4.1 millions d'habitants supplémentaires ayant été recensés entre 1990 et 2000. La libre circulation des personnes permet d'employer le personnel le plus qualifié. La politique d'immigration américaine a pris en compte cet impératif, ce qui s'est traduit par une augmentation récente du quota de visas H1B, réservés aux immigrants qualifiés, notamment dans les secteurs scientifiques et technologiques. Beaucoup d'entreprises naissantes sont créées par des migrants de première génération.

State of California, Department of Health Services



State of California, Department of Finance, Demographic Research Unit

(Augmentation prévisible de la population entre 2000 et 2020)

Un exemple de promotion de la recherche au service de l'économie : l'Office des brevets de l'Université de Stanford

L'Office of Technology Licensing (Office des brevets de l'Université de Stanford) est l'un des organismes américains les plus actifs dans le domaine du transfert de technologie de l'université vers l'industrie. Sa mission se concrétise par la délivrance de brevets, dans le but de générer un revenu qui sera utilisé pour soutenir la recherche et l'enseignement. Le rôle de l'Office se fonde sur la loi Bayh-Dole12(*) (du nom des deux sénateurs qui en furent à l'origine). Ce texte établit que les droits sur les inventions issues de la recherche universitaire subventionnée par l'Etat fédéral sont dévolus aux Universités. La loi autorise pour la première fois les universités à breveter les inventions financées par le gouvernement, afin de favoriser les transferts de technologies vers les entreprises et de rémunérer les inventeurs et l'Université dans le but de soutenir la recherche future.


Créé en 1970, l'Office est aujourd'hui constitué de 25 personnes, essentiellement des experts dans les domaines des sciences de la vie et des sciences physiques. En 2001, l'Office a généré 41.2 m $ de revenus à partir de 371 technologies brevetées (dont 47 ont rapporté plus de 100000 $ chacune, et sept plus d'un million de $). Depuis 1970, le revenu généré par l'activité de l'OTL s'élève à 496 m $.

15% des royalties sont reversées à l'OTL. Le reste est réparti entre les inventeurs, les services dans lesquels ils travaillent et les Ecoles qui furent le cadre de leurs recherches :

Redistribution des royalties (nettes des dépenses administratives de l'OTL) en 2001

Inventeurs9.7 m$Services (Departments)10.5 m$Ecoles (Schools)10.6 m$OTL Research Incentive Fund (soutien à la recherche en amont)2 m$OTL Fellowship and Research Fund811 000 $

 

2-Les Français toujours présents malgré la crise

La Baie de San Francisco et la Silicon Valley attirent de nombreux étrangers qui y trouvent un environnement de travail particulièrement stimulant. L'immigration générée par la pénurie de travailleurs dans le secteur des technologies a apporté en retour un savoir faire qui est aussi l'un des facteurs de réussite de cette région. Les Français sont présents de façon significative dans la Vallée, même s'ils sont peu représentés par rapport aux Allemands, Britanniques, Indiens et Asiatiques.

La population française autour de la Baie de San Francisco est estimée aux alentours de 20 à 25000, dont environ 4000 à 4500 actifs dans le secteur des technologies de l'information et de la communication13(*). Ceux qui ne disposent pas d'un visa permanent d'immigrant (green card) ont un visa temporaire.

Les principaux visas temporaires permettant d'entrer aux Etats-Unis

- Le visa de type H1B, délivré pour une durée de trois ans, est réservé aux immigrants qualifiés, notamment dans les secteurs scientifiques et technologiques. Confrontées à une pénurie d'informaticiens et d'ingénieurs, les autorités américaines ont augmenté le quota alloué à ce visa (115 000 en 2002). Toutefois, le nombre de visas H1B accordés aux Français ne représente qu'environ 20% du total accordé à l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni, ce dernier pays représentant en 1997 plus des deux-tiers des H1B délivrés à ces trois pays.

- Le visa J1 est accordé aux stagiaires et chercheurs se rendant aux Etats-Unis dans le cadre d'un programme d'échange, pour une durée inférieure ou égale à 18 mois.

- Le visa F1 concerne les personnes inscrites à plein temps dans un organisme de formation (étudiants).

L'enquête menée par le service scientifique du Consulat général de France à San Francisco montre que les Français installés dans la Silicon Valley sont majoritairement des jeunes, issus des écoles d'ingénieurs, qui souhaitent rentrer en France après quelques années d'expérience (trois à cinq ans) dans le secteur des TIC en Californie. La perspective d'un retour accrédite la thèse de « cerveaux en voyage » plutôt que celle de « cerveaux en fuite ». Néanmoins, un tiers des personnes interrogées lors de cette enquête soulignent le manque de perspectives professionnelles en France, qui les a poussées à s'installer dans l'ouest américain. Au moment de l'enquête, les créateurs d'entreprises français dans la Silicon Valley étaient plus d'une cinquantaine et on dénombrait environ une soixantaine de filiales françaises du secteur des TIC installées dans la région. Les entreprises qui ont un Français parmi leurs fondateurs sont par exemple Be Inc, Xoom, Arraycom, Starfish, Winnov, Bravo Brava, Katalov, Fireclick, Expertclick, Realnames, Loxxar, Pagoo, Beatware... Parmi les filiales d'entreprises françaises implantées dans la Baie, sont notamment présentes Bull, Gemplus, Alcatel, Sagem, Thomson et France Télécom.

En 2001 et 2002, la présence française dans le secteur des technologies de l'information et de la communication dans la Baie de San Francisco a subi les conséquences de l'éclatement de la bulle technologique. Les licenciements et les faillites n'ont pas épargné les Français. Après trois années d'augmentation, les écoles françaises de la région ont connu une baisse de 3 à 7% des inscriptions des élèves en 2001 et une diminution importante des inscrits sur listes d'attente.

Dans l'ensemble, les start-ups françaises semblent avoir bien résisté à la crise. Certaines en ont toutefois subi les conséquences : ainsi par exemple Be Inc (créée en 1990) a été cédée à Palm en 2001. Cette société avait été fondée en 1990 par Jean-Louis Gassée, qui avait commencé sa carrière chez Apple. Be a créé le système d'exploitation BeOS, avant de se concentrer, à partir de 1999, sur les « internet appliances », alternatives au PC pour accéder à internet. Après la cession à Palm, Jean-Louis Gassée a démissionné au début de l'année 2002 et Be a attaqué Microsoft en justice pour avoir empêché le développement de ses activités, qui représentaient une alternative à Windows. L'expertise des ingénieurs de Be sert aujourd'hui à Palm, dont le système d'exploitation PalmOS 5 est présent par exemple sur les ordinateurs de poche de Sony (gamme Clié NX).

Bien que la crise du secteur des nouvelles technologies soit très significative, elle ne devrait toutefois pas décourager les Français qui souhaitent s'installer dans la Vallée, dans la mesure où, comme on l'a vu, ceux-ci envisagent, quoi qu'il en soit, une émigration temporaire. La présence française continuera demain encore à représenter une richesse pour notre pays, à condition de favoriser le retour en France de ces expatriés, après quelques années passées dans l'ouest américain.

DEUXIÈME PARTIE : L'ETAT DE WASHINGTON, ENTRE ESSOR ET CRISE ÉCONOMIQUE

I-LE NORD-OUEST AMÉRICAIN : PRÉSENTATION DE L'  « EVERGREEN STATE »

A-LE 42ÈME ETAT AMÉRICAIN : INTRODUCTION HISTORIQUE

Avant l'arrivée des Européens, le territoire sur lequel se trouve aujourd'hui l'Etat de Washington était occupé par plusieurs tribus d'Indiens d'Amérique. Dès le 18ème siècle, les Européens furent attirés par le nord-ouest américain, lieu stratégique pour le commerce des peaux et fourrures. Suite à une grave crise diplomatique, Anglais et Espagnols conclurent la convention de la baie de Nootka (1790), qui reconnut aux deux puissances coloniales des droits sur la côte du nord-ouest américain. En 1792, l'Anglais George Vancouver explora la région du Puget Sound (bras de mer près duquel sont aujourd'hui implantées les principales villes de l'Etat, notamment Seattle et Olympia). Les Espagnols se retirèrent par la suite de la région, après avoir abandonné l'espoir de trouver, dans le nord américain, un passage entre le Pacifique et l'Atlantique.

L'implantation américaine sur ce territoire remonte symboliquement à l'expédition de Meriwether Lewis et William Clark, qui, après avoir parcouru environ 6 400 km, atteignirent l'océan Pacifique le 15 novembre 1805, avant de revenir à Saint-Louis dans le Missouri. Cette expédition, voulue par Thomas Jefferson, eut lieu après l'acquisition de la Louisiane, qui avait ouvert la voie de l'expansion américaine.

L'actuelle frontière entre les Etats-Unis et le Canada fut établie en 1846, et ce qui est aujourd'hui l'Etat de Washington fut inclus dans le Territoire américain de l'Oregon deux ans plus tard. En 1853, le Washington (qui prit alors le nom du président George Washington) fut séparé de l'Oregon. Il connut par la suite une période de guerres intermittentes liées aux conflits territoriaux entre Blancs et Natifs. L'arrivée du chemin de fer stimula l'économie du nord-ouest américain dans les années 1880, ce qui préluda à la transformation du Territoire en un Etat de l'Union à part entière (1889).

B-GOUVERNEMENT ET ADMINISTRATION LOCALE

Ayant pour capitale politique Olympia, l'Etat de Washington compte près de 6 millions d'habitants (en 2001), ce qui en fait le quinzième Etat le plus peuplé de l'Union. La population blanche représente 82% de sa population totale. Une communauté de 94 000 natifs-américains est également présente dans l'Etat (Indiens, Eskimos et Aleut).

Le Washington fut admis comme 42ème Etat américain le 11 novembre 1889. La constitution alors adoptée est toujours en vigueur. Elle fut plusieurs fois amendée. Le Parlement washingtonien est bicaméral, avec un Sénat élu pour quatre ans (49 Membres) et une Chambre des Représentants élue pour deux ans (98 membres). Le gouverneur, Gary Locke, est un démocrate qui fut élu en 1996 et réélu en 2000. Il est le premier gouverneur d'origine chinoise dans l'histoire des Etats-Unis.

L'Etat comporte 39 comtés, dont la plupart sont administrés par des Conseils composés de trois commissaires. Le plus grand de ces comtés est le « King County », qui inclut la ville de Seattle et comprend 1,7 millions d'habitants (ce qui en fait le 12ème comté au plan national). C'est dans le King County que siègent les plus grandes entreprises installées dans le Washington, notamment Boeing, Microsoft, Amazon, Starbucks et Nordstrom. Ce comté est gouverné de façon particulière puisqu'il comporte un Conseil législatif de 13 membres et un chef de l'exécutif élu au suffrage universel direct. Avant de devenir gouverneur de l'Etat, Gary Locke exerça les fonctions de chef de l'exécutif dans le King County, un poste aujourd'hui occupé par Ron Sims.

L'administration locale est également constituée de 268 municipalités, ayant à leur tête un maire et un conseil.

Enfin, l'Etat de Washington est représenté au niveau fédéral par deux sénateurs et neuf Représentants.

II-UNE ÉCONOMIE EN CRISE

A-DES ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES QUI SE SONT DIVERSIFIÉES AU COURS DU SIÈCLE

1-Les origines agricoles et industrielles

Autrefois connu essentiellement pour son agriculture et sa production forestière, le Washington, qui conserve son surnom d' « Evergreen state »14(*), demeure un des premiers producteurs américains dans des secteurs tels que le bois, le blé et la pomme. La production agricole est concentrée dans la région du Puget Sound. La pêche est également présente, dans les ports du Pacifique. Plusieurs industries liées à cette production agricole et forestière sont présentes (bois, papier, industrie agro-alimentaire).

L'essor industriel de l'Etat de Washington remonte au début du siècle. Un événement capital fut la création durant la première guerre mondiale de l'entreprise Boeing. L'ingénieur William Boeing, qui s'était installé sur la côte ouest en 1903 pour faire fortune dans le commerce du bois, mis au point son premier avion en 1916, avec l'aide de George Westerwelt (l'avion fut nommé B&W). La compagnie Boeing était née et, dans son sillage, l'industrie du Washington allait se spécialiser dans le domaine aéronautique. Après la seconde guerre mondiale, Boeing était devenu le premier employeur privé de l'Etat, ce qu'il demeure aujourd'hui.

Le Washington est aussi un important producteur d'électricité hydroélectrique (qui représente 87% de sa production annuelle totale d'électricité), avec six barrages sur le fleuve Columbia. Enfin, l'Etat est également un point de passage portuaire obligé vers l'Asie et vers l'Alaska, avec les ports de Seattle et de Tacoma.

2-Le tournant de l'informatique et des nouvelles technologies

En 1979, la société Microsoft, fondée en 1975 par Bill Gates, quitte le Nouveau-Mexique pour s'installer dans le Washington, à Bellevue (puis, à partir de 1986, à Redmond), non loin de Seattle. Dans le sillage de Microsoft, de nombreuses entreprises actives dans le domaine du logiciel se sont installées dans la région (telles que Nintendo, Attachmate...). Aujourd'hui, Microsoft emploie près de 26 000 personnes dans le Washington. Ce chiffre ne rend toutefois pas compte de l'effet économique global d'une entreprise telle que Microsoft : d'après une étude menée par Dick Conway15(*), un économiste de Seattle, chaque emploi dans la firme de Bill Gates soutient 3.4 autres emplois dans l'économie (ce chiffre est de 2.5 pour Boeing). Par conséquent, Microsoft aurait créé directement ou indirectement 128 000 emplois dans le Washington, soit 3.6 % du nombre total d'emplois dans cet Etat.

Aujourd'hui, toutefois, on ne peut plus se contenter d'associer l'économie du Washington à Boeing ou à Microsoft. Le développement de la nouvelle économie a conduit à l'apparition de plusieurs centaines de sociétés high-tech. Le développement d'internet et des télécommunications a fait de cette région une « Silicon forest » et cette diversification se poursuit, avec l'essor des biotechnologies.



Boeing et Microsoft

Les deux géants du Washington

Les données ci-dessous, publiées par le Seattle Times, montrent que Microsoft et l'industrie du logiciel sont en passe de devenir les principaux moteurs économiques du Washington. Malgré la crise actuelle du secteur aéronautique, Boeing conserve sa place de premier employeur de cet Etat.

Légende :

1 : Comparaison des dépenses en recherche et développement de Microsoft et de Boeing ;

2 : Comparaison des montants totaux de salaires versés respectivement par les entreprises des secteurs de l'aéronautique et du logiciel ;

3a, 3b et 3c : Nombre d'emplois dans le Washington, effectifs de Microsoft et de Boeing (effectifs totaux d'une part et effectifs dans l'Etat d'autre part).


B-UN FORT RALENTISSEMENT DU RYTHME DE CROISSANCE DEPUIS DEUX ANS

1-Les déboires du secteur aéronautique

Les difficultés de Boeing sont pour beaucoup dans la crise économique qui affecte actuellement le Washington. Les causes en sont connues : le choc subi par l'économie américaine à compter du second semestre 2000 s'est aggravé à la suite du 11 septembre 2001, avec des conséquences particulièrement rudes dans le domaine du transport aérien. A ces événements conjoncturels, il faut ajouter une concurrence croissante de l'Européen Airbus, aujourd'hui en passe de dépasser son rival américain.

La production de Boeing est passée de 527 avions commerciaux en 2001 à 381 en 2002. En 2003, Boeing ne prévoit que 280 livraisons, tandis qu'Airbus avance le chiffre de 300. Si ces chiffres sont confirmés, l'Européen dépasserait alors pour la première fois l'Américain en nombre d'appareils livrés. En 2001-2002, Boeing a licencié environ 20 000 personnes dans la région du Puget Sound, en raison de la diminution des commandes. Au cours des quatre dernières années, ce sont au total 40 000 emplois qui ont été supprimés par Boeing. D'après le Conseil de la Prévision économique de l'Etat de Washington, Boeing, ses fournisseurs et ses clients ne pourront pas revenir à la croissance avant 2004. Cette évolution dépendra pour beaucoup de la réussite du nouvel avion commercial qui devrait être lancé prochainement par Boeing. La crise a en effet conduit à un changement de stratégie, dont témoigne l'abandon du projet d'avion à grande vitesse Sonic Cruiser. Le nouvel avion envisagé devrait favoriser des technologies susceptibles de réduire les coûts du transport aérien.

De façon générale, au cours des dernières années, l'image de Boeing comme entreprise symbole de la région a été sérieusement écornée par la décision de déplacer le siège social hors du Washington. Fondée en 1916 près de Seattle, la compagnie était considérée comme un élément du patrimoine historique et identitaire de la région. En mars 2001, la direction de l'entreprise a annoncé ce déménagement, explicitement motivé par la volonté de favoriser la création de valeur pour les actionnaires, en choisissant une ville moins excentrée et économiquement plus porteuse (« business-friendly »)16(*). L'objectif de Phil Condit, Président de Boeing, était aussi de séparer le pôle stratégique de l'entreprise des lieux de production, afin de permettre des décisions plus objectives, en échappant notamment à la pression des syndicats. En outre, Boeing souhaitait consacrer ainsi la diversification de ses activités et son statut de géant de l'aéronautique, au-delà de sa seule activité de constructeur d'avions commerciaux. C'est la ville de Chicago qui fut finalement choisie pour héberger le nouveau siège social de l'entreprise. La décision, qui pourtant ne concernait que 500 salariés (sur les 78 000 alors employés dans le Washington) et ne remettait pas en cause l'implantation industrielle de Boeing près de Seattle, a néanmoins été vécue, par les salariés et par tous les dirigeants et habitants de l'Etat, comme une trahison.

2-Une crise généralisée

En 2000, le produit intérieur brut de l'Etat de Washington était de 220 milliards de dollars17(*), plaçant le Washington à la 14ème place nationale (l'Etat produit 2.2% de la richesse du pays). La 36ème conférence économique régionale du Pacifique nord-ouest (qui s'est réunie en mai 2002) a souligné que le Washington était l'Etat de la région le plus touché par la récession qui a affecté les Etats-Unis en 2001. En août 2002, le taux de chômage du Washington (corrigé des variations saisonnières) était de 7.2%, soit le plus élevé de tous les Etats-Unis. L'Etat avait perdu 50 100 emplois entre août 2001 et août 2002.

De façon générale, l'économie du nord-ouest américain est considérée comme plus cyclique que le reste de l'économie américaine. En effet, cette région est fortement dépendante de la conjoncture extérieure, puisque largement tournée vers l'Asie. 33% des emplois du Washington sont liés aux échanges internationaux. En outre, le ralentissement économique de 2001 a particulièrement affecté les deux secteurs emblématiques du Washington : l'aéronautique d'une part, et les nouvelles technologies d'autre part. Des événements comme le déplacement du siège de Boeing à Chicago et les déboires de Microsoft devant la justice américaine témoignent des difficultés économiques de l'Etat.

Toutefois, comme en Californie et comme aux Etats-Unis en général, la crise a peu affecté les dépenses de consommation, les achats de voiture et les achats immobiliers, ce qui en a limité l'ampleur. La politique économique menée au niveau national a joué un rôle déterminant dans le soutien de la consommation privée au cours des années 2001 et 2002.

III-ENCOURAGER LA PRÉSENCE FRANÇAISE DANS L'ETAT DE WASHINGTON

A-UNE PRÉSENCE FRANÇAISE SIGNIFICATIVE

D'après des données fournies par le Consulat général de France à San Francisco, dont la région dépend, le nombre de Français immatriculés dans le Washington était de 1403 en 2001. L'immatriculation n'étant pas une formalité obligatoire, ce chiffre ne donne qu'une indication imparfaite du nombre de Français réellement présents dans la région. L'Etat compte une école franco-américaine, la French-American school of Puget school, qui accueille les élèves de la maternelle au CM2. Son effectif est de 200 élèves, dont 78 Français. Il existe aussi une Alliance française à Seattle, qui propose des cours de Français.

La Chambre de Commerce franco-américaine du Pacifique Nord-Ouest, installée à Seattle depuis 1987, recense 49 filiales françaises dans le Washington. Ce chiffre est en forte augmentation depuis quelques années, puisqu'il était de 22 en 1998. En 1995, les investissements directs français dans le Washington n'excédaient pas 300 millions de dollars. La croissance du nombre d'implantations laisse entendre que ce chiffre a augmenté.

Principales entreprises françaises présentes dans le Washington

Industrie

Services

Commerce

 
 
 

Saint-Gobain

Publicis

Louis Vuitton

Thales

Cap Gemini Ernst & Young

Mephisto

Cerep

Alstom Esca

Sephora

Air Liquide

Sierra Online (Vivendi Univ)

L'Occitane

SNECMA

Axa

Yves Delorme

Zodiac Intertechnique

 

Roche Bobois

Sagem Morpho

 

Cartier

Alcatel

 

Rail Europe

Sarma Aerospace

 
 

COGEMA

 
 

Source : Chambre de commerce franco-américaine du Pacifique Nord-ouest

La région dépend de la mission économique de San Francisco. Sur place, c'est la Chambre de commerce franco-américaine qui offre un service d'appui aux entreprises et de nombreux contacts d'affaires locaux.

L'Etat de Washington est le quatrième exportateur des Etats-Unis, avec un total de 34.93 milliards de dollars d'exportation (dont 64% dans le secteur aéronautique). La France est le 9ème client de l'Etat.

Principaux clients de l'Etat de Washington en 2001 (en millions de dollars)


1

Japon

3 383.8

2

Singapour

2 990.9

3

Chine

2 928.7

4

Royaume-Uni

2 737.3

5

Canada

2 737.3

6

Corée du Sud

2 131.3

7

Allemagne

1 843.3

8

Taiwan

1 594.2

9

France

1 252.9

Source : US Census Bureau, Foreign Trade Division

B-UNE RÉGION QUI DEMEURE NÉANMOINS ISOLÉE

Malgré les progrès récents de l'implantation française dans le Washington, cette région continue de souffrir d'un relatif isolement, en partie dû à son éloignement. Certes, le Pacifique Nord-Ouest est naturellement tourné vers l'Asie, plus que vers l'Europe, comme en témoignent les statistiques de son commerce extérieur. Néanmoins, d'autres pays d'Europe, tels que le Royaume-Uni ou le Danemark, favorisent, davantage que la France, l'implantation dans le Washington.

La raison la plus évidente de l'isolement de la région Pacifique Nord-Ouest par rapport à la France est l'absence de liaison aérienne directe entre Paris et Seattle. Tandis que Londres est desservie par British Airways, Copenhague par SAS et United Airlines, et Amsterdam par KLM et Northwest Airlines, Paris est privée d'un accès direct au nord-ouest américain. Il faut compter en moyenne entre 14 et 17 heures de voyage entre la capitale française et celle du Washington, ce qui constitue un handicap important pour l'implantation française dans cette région. Au second semestre 2000 toutefois, un représentant permanent d'Air France a été nommé pour le nord-ouest américain.

Bien que Seattle se soit fait connaître en accueillant en novembre 1999 la Conférence de l'Organisation Mondiale du Commerce, les missions de prospection commerciale française dans le Washington demeurent, d'après la Chambre de commerce franco-américaine, peu nombreuses. Les institutions officielles françaises sont elles aussi éloignées de cette région. En 1998, le Directeur de la CCFA, M. Jack Cowan, a été nommé Consul honoraire de France à Seattle. Son action est relayée par le Consulat et la Mission économique de San Francisco. Bien que cette action soit très appréciable, il faut signaler que d'autres pays disposent de représentations beaucoup plus étoffées, notamment le Royaume-Uni qui se distingue avec la présence à Seattle d'un consul, de deux vice-consuls et de trois employés. Il serait très souhaitable que le Consul honoraire français présent à Seattle dispose de moyens financiers plus importants et moins aléatoires, pour appuyer son action dans cette partie des Etats-Unis.

La région du Washington, malgré la crise qu'elle subit à l'heure actuelle, a en effet de nombreux atouts qui devraient séduire les investisseurs. Au nombre de ces atout figurent un emplacement à mi-chemin entre l'Europe et l'Asie, des travailleurs qualifiés dans des domaines d'avenir, un coût de la vie qui demeure raisonnable et probablement l'une des meilleures qualités de vie aux Etats-Unis.

ANNEXES

ANNEXE 1 : CIRCONSCRIPTIONS CONSULAIRES FRANÇAISES AUX ETATS-UNIS

Source : http://www.info-france-usa.org/fr/ambassade/consulats.asp

ANNEXE 2 : FICHES D'IDENTITÉ DE LA CALIFORNIE ET DU WASHINGTON

CALIFORNIE

Gouverneur : Joseph Graham Davis, Démocrate (élu en 1998, réélu en 2002)

Législature :

State Assembly : 48 Démocrates, 32 Républicains ; Speaker : Herb Wesson (D) ; Leader de la majorité : Wilma Chan (D)

Senate : 25 démocrates, 15 républicains ; Président pro tempore : John Burton (D) ; Leader de la majorité : Don Perata (D)

Représentation fédérale :

Représentants : 53 (33 Démocrates, 20 Républicains)

Sénateurs : Barbara Boxer (D), Dianne Feinstein (D)

Capitale : Sacramento

Superficie : 424 002 km2 (4,5% du territoire américain)

Population : 34.8 millions d'habitants (2001) soit 12,2% de la population des Etats-Unis

Population estimée en 2025 : 54 millions

Population active : 17,5 millions (janvier 2003)

PIB : 1341 mds $ (2001) soit 13,6% du PIB total des Etats-Unis

Exportations : 107 mds $ (2001)

Revenu moyen par habitant : 32 275 $ (2000)

Taux de chômage : 6,5% (janvier 2003)

WASHINGTON

Gouverneur : Gary Locke, Démocrate (élu en 1996, réélu en 2000)

Législature :

House of Representatives : 52 Démocrates, 46 Républicains ; Speaker : Frank Chopp (D) ; Leader de la majorité : Lynn Kessler (D)

Senate : 25 républicains, 24 démocrates ; Président pro tempore : Shirley Winsley (R) ; Leader de la majorité : James West (R)

Représentation fédérale :

Représentants : 9 (6 Démocrates, 3 Républicains)

Sénateurs : Maria Cantwell (D), Patty Murray (D)

Capitale : Olympia

Superficie : 176 000 km2 (1,8% du territoire américain)

Population : 6 millions d'habitants (2001) soit 2% de la population des Etats-Unis

Population active : 3,1 m (décembre 2002)

PIB : 220 mds $ (2000) soit 2,2% du PIB total des Etats-Unis

Exportations : 35 mds $ (2001)

Revenu médian par ménage : 42 490 $ (2001)

Taux de chômage : 6,7% (octobre 2002)




1 Le 5 novembre 2002, les élections générales américaines ont renouvelé la Chambre des Représentants et un tiers du Sénat, ainsi que 36 des 50 gouverneurs. Les électeurs californiens étaient appelés à élire leurs 53 Représentants et, à l'échelon étatique, leur gouverneur, la totalité des membres de l'Assemblée de l'Etat et la moitié des sénateurs. Quant aux électeurs du Washington, ils étaient appelés à renouveler leurs 9 Représentants fédéraux et, au niveau de l'Etat, la totalité de la Chambre des Représentants et la moitié du Sénat.

2 Note de conjoncture internationale, Direction de la Prévision (octobre 2002)

3 Sur les institutions californiennes, voir « California's Legislature », par E. Dotson Wilson et Brian S. Ebbert (octobre 2000), disponible sur http://www.leginfo.ca.gov/califleg.html

4 Elu pour la première fois en 1998, le gouverneur Gray Davis a été réélu en 2002

5 La première constitution californienne fut adoptée en 1849, avant d'être remplacée par un nouveau texte en 1879. Cette constitution fut par la suite modifiée par de nombreux amendements ( 334 entre 1880 et 1962).

6 Bien que n'étant pas un Etat souverain, la Californie est représentée à l'étranger par 12 postes économiques dont deux en Europe (Londres et Francfort), deux en Amérique, un en Afrique, un au Moyen-Orient et six en Asie. Les compétences des Etats en matière internationale sont très limitées, puisque la constitution des Etats-Unis ( Article I Section 10) leur interdit tout accord avec des pays étrangers.

7 Source : US Census Bureau, Foreign Trade Division ; Mode de calcul : «origin of movement». L'Etat considéré comme exportateur est celui où commence le transport de la marchandise (ce mode de calcul s'oppose à une méthode prenant en compte l'adresse de l'exportateur, qui peut être un intermédiaire).

8 Classement des 500 plus grandes entreprises américaines (en termes de chiffres d'affaires), établi par le magazine Fortune

9 Les Leçons de la crise de l'énergie en Californie, par John E. Besant-Jones et Bernard Tenenbaum, article paru dans Finances & Développement (septembre 2001)

10 Report on Wholesale Electric Generation Investigation, CPUC (Septembre 2002)

11 Duke, Dynegy, Mirant, Reliant, AES/Williams. Ces entreprises (qui représentaient alors 38% de la production d'électricité) utilisent les capacités de production revendues par les IOU après l'adoption de la loi AB1890.

12 University and Small Business Patent Procedure Act, adopté le 12 décembre 1980 par le Congrès américain

13 D'après l'étude réalisée en juillet 2000 par Ludovic Ledru et Stéphane Raud, « Présence française en technologies de l'information autour de la baie de San Francisco et dans la Silicon Valley » (Mission pour la science et la technologie, Consulat général de France à San Francisco). Cette étude a fait l'objet d'une mise à jour en mai 2002.

14 L'Etat de Washington fut officiellement surnommé « The Evergreen State » en 1893, sur proposition d'un historien de Seattle nommé C.T Conover, en raison des abondantes forêts qui couvraient alors ce territoire et demeuraient vertes toute l'année. D'autres symboles sont reconnus par la loi de l'Etat (Outre le drapeau et le sceau du Washington, il existe d'autres insignes officiels comme le rhododendron, le chardonneret ou le sapin).

15 Et citée dans The Seattle Times (25 février 2003)

16 D'après The Seattle Times, 21 mars 2001

17 Source : Bureau of economic analysis, US Department of commerce (les chiffres pour 2001-2002 ne sont pas disponibles)