Un ultra épris de liberté
Emigré pendant la Révolution, cest à sa gloire littéraire, avec la
publication dAtala et du Génie du Christianisme, que Chateaubriand doit son entrée
en politique, sous le Premier Empire. Premier secrétaire dambassade à Rome puis
ministre de France dans le Valais, ce monarchiste dans lâme démissionnera le soir
même de lassassinat, sur les ordres de Napoléon, du duc dEnghien,
dernier rejeton de la lignée des Condé.La
publication du pamphlet De Buonaparte et des Bourbons signe son retour, au moment de la
première Restauration. Lors de la seconde Restauration, Chateaubriand est ministre
dEtat. Il devient pair de France en 1815, vote pour la mort du maréchal Ney et,
quoique catalogué ultra, défend le gouverne-ment représentatif et la
liberté de la presse, ce qui lui vaut une durable popularité. Lors de la Révolution de
Juillet, il est, en route pour la Chambre des Pairs, porté en triomphe aux cris de
vive le défenseur de la liberté de la presse !.
Mais Chateaubriand ne prêtera pas serment au nouveau
gouvernement : il y a des hommes qui, après avoir prêté serment à la République
une et indivisible, au Directoire en cinq personnes, au Consulat en trois, à
lEmpire en une seule, à la première Restauration, à lacte additionnel aux
Constitutions de lEmpire, à la seconde Restauration, ont encore quelque chose à
prêter à Louis-Philippe : je ne suis pas si riche. Il quitte la Chambre des Pairs
sur un discours en faveur du duc de Bordeaux, lenfant du miracle, fils
posthume du duc de Berry, pour se retrancher dans une opposition résolue à la Monarchie
de Juillet.
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