Une girouette sous
tous les régimes
Il aurait dû être soldat. Rendu boiteux par un accident à quatre ans, il sera
prêtre. En 1788, il est déjà évêque dAutun et commence, à la veille des Etats
Généraux, une longue carrière dintrigues qui lui vaudra dêtre appelé par
Lamartine le courtisan du destin et au cours de laquelle il servira et reniera
tour à tour le pouvoir en place. Le Dictionnaire
satirique des Girouettes, établi sous la Restauration par quelques journalistes
spirituels, ne sy trompe dailleurs pas en ne lui décernant pas moins de douze
girouettes ! Ministre des Affaires étrangères en 1797, Talleyrand semploie, dès
cette époque, à servir les intérêts de Bonaparte auprès du Directoire. Il est donc,
après le 18 brumaire, lun des courtisans les plus empressés de lentourage du
premier consul, avant de tomber en disgrâce auprès dun empereur que ses intrigues
exaspèrent et inquiètent.
Dès 1813, Talleyrand trouvera un nouvel homme fort à
servir et flatter, en la personne du futur Louis XVIII. Il se lie avec les sénateurs
hostiles à lEmpire et a des entrevues avec des émissaires des Bourbons. Il dictera
lui-même au Sénat lacte de déchéance de lempereur, en avril 1814. Louis
XVIII le nomme ministre des Affaires étrangères, portefeuille quil lui confiera à
nouveau après lintermède des Cent Jours, avant de le lui ôter sur la demande de
lempereur Alexandre, froissé par lattitude de Talleyrand au congrès de
Vienne.
Nommé pair, Talleyrand est assidu à la Chambre mais devra
attendre lavènement de Louis-Philippe pour retrouver les fonctions diplomatiques de
haut rang dans lesquelles il excelle, et se voir confier lambassade de Londres.
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