| Considérée comme le plus sûr soutien du régime,
larmée occupe une bonne partie des sièges du nouveau Sénat. Ministres, hauts
fonctionnaires et magistrats, membres de lInstitut sont également bien
représentés. Phénomène plus nouveau, la finance et lindustrie ont acquis leurs
lettres de noblesse parlementaire : le banquier Achille Fould, le comte dArgout,
gouverneur de la Banque de France, Mimerel, un industriel du Nord, siègent au Luxembourg.
Nombre de sénateurs sont aussi des vétérans des régimes précédents. Douze pairs de
la Monarchie de Juillet font partie du Sénat de 1852, ainsi quune vingtaine
danciens députés. Cette prestigieuse
assemblée va se révéler curieusement inactive. Ne votant que peu de sénatus-consultes,
elle nexerce pas réellement les pouvoirs que lui confère la Constitution. Elle en
aurait cependant la possibilité, dautant que le régime de Napoléon III est peu à
peu amené à lâcher du lest et à infléchir son fonctionnement vers une
formule plus parlementaire. En 1860, un décret dispose quen réponse au
traditionnel discours prononcé par lempereur lors de louverture de la session
des Chambres, celles-là ont désormais le droit de discuter et de voter une
adresse. Autre nouveauté, des ministres sans portefeuille sont
spécialement chargés de défendre et de commenter la politique du gouvernement devant
les Chambres. Enfin, préfiguration du Journal Officiel, les débats sont désormais
reproduits in extenso dans Le Moniteur.
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