| Ce nest que vers le milieu du Second Empire que le
débat parlementaire prend un tour plus indépendant. Ainsi, en 1861, lors du débat sur
la politique romaine (il sagit de se porter au secours du Pape assiégé
par les troupes piémontaises) : une courte majorité de soixante-dix-neuf sénateurs vote
en faveur de la position gouvernementale, soixante-et-un votent contre. En 1867, lempereur fait donc de nouvelles concessions : un
droit dinterpellation remplace le droit dadresse. Ce ne sont plus des
ministres sans portefeuille mais les ministres concernés qui viendront défendre leur
projet devant les Chambres. Enfin, un sénatus-consulte accorde au Sénat le pouvoir de
renvoyer une loi pour examen devant les députés. Les élections de 1869, qui voient
reculer les candidats gouvernementaux et triompher lopposition républicaine dans
toutes les grandes villes de France, donnent un nouveau coup daccélérateur au
processus. En avril 1870, le Sénat redevient une seconde chambre législative et les
ministres sont désormais responsables, cest-à-dire responsables devant
les Chambres. Mais lEmpire libéral ainsi institué ne survit pas plus que son
glorieux ancêtre à la défaite militaire. |