Un journaliste au Sénat
Jeune critique, écrivain débutant, Sainte-Beuve est admis au prestigieux Cénacle
romantique quanime le bouillant Victor Hugo. La révolution de 1830 le pousse vers
le journalisme. Il écrit notamment pour Le Globe et Le National (très virulent opposant
à la Monarchie de Juillet). Il hésite alors entre libéralisme et mysticisme. Survient
la révolution de 1848. Sainte-Beuve passe en Belgique et revient à Paris après le 2
décembre 1851 pour se rallier à lEmpire. Ce choix politique lui vaut un accueil
houleux au Collège de France où il vient dêtre nommé professeur
de poésie latine. Hué par les étudiants libéraux, Sainte-Beuve, protégé par des
sergents de ville, devra renoncer dès son deuxième cours. En avril 1865, il est appelé
à siéger au Sénat.Lancien journaliste y
retrouve un peu de sa popularité perdue, en intervenant dans les débats touchant aux
lettres et à la liberté de pensée. Il na accepté cette fonction, dira-t-il,
que pour intervenir dans les débats qui porteraient sur des objets de sa
compétence, cest-à-dire sur les questions littéraires, pour défendre au besoin
ses confrères du dehors, rendre justice à leurs efforts et repousser les accusations mal
fondées dont ils pourraient être lobjet. Homme de contradictions,
Sainte-Beuve le reste jusque dans la mort. Celui que Georges Sand décrivait à trente ans
comme un pieux et tendre rêveur exige - choix scandaleux pour le Sénat - des
obsèques civiles et sans solennité. Je demande à être porté directement de mon
domicile au cimetière Montparnasse, dans le caveau où est ma mère, sans passer par
léglise, ce que je ne saurais faire sans violer mes sentiments.
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