Un ingénieur en politique
Issu dune famille de marins et de savants, lui-même polytechnicien et ingénieur
des Mines, Freycinet se passionne demblée pour le développement de
lindustrie des transports et commence sa carrière dans la compagnie des Chemins de
fer du Midi. Devenu ingénieur dans les services de lEtat, il multiplie les rapports
sur les questions dassainissement. Hostile au régime de Napoléon III, Freycinet
nest pas non plus un fervent partisan des idées républicaines mais en 1870, il
propose ses services au gouvernement de défense nationale de Gambetta. Ce dernier le fait
préfet puis délégué personnel du ministre au département de la Guerre. Après larmistice, Freycinet se retire en même temps que
Gambetta de la scène politique et ny reparaît quen 1876, pour être élu au
Sénat. Il déclare alors : A côté des grands précurseurs, il y a des hommes qui
se vouent à résoudre les problèmes dadministration et dorganisation que
soulève lapplication des idées nouvelles. Je serai de ces hommes et pour tout
résumer en un mot, je demande à être enrôlé par vous dans la phalange scientifique de
la République. Membre de la Gauche républicaine, il acquiert rapidement une
influence considérable. En 1877, il se voit confier le portefeuille des Travaux publics
dans le ministère Dufaure-Waddington et propose aussitôt un gigantesque projet de
développement des voies ferrées et navigables.
Ses propositions reçoivent un écho très favorable et sa
stature dhomme dEtat se renforce au cours dune tournée dans les
régions françaises. En 1879, linfluence de Freycinet est décisive au Sénat
lorsquil sagit de voter le retour des Chambres à Paris. La même année, il
devient président du Conseil mais sa modération sur la question des congrégations
religieuses entraînera la chute de son cabinet un an plus tard. Devenu sénateur de la
Seine en 1882, Freycinet est à nouveau appelé à la présidence du Conseil mais il est
en butte à une vive opposition et doit se retirer au bout de quelques mois. Brièvement
ministre des Affaires étrangères, il forme en 1886 son troisième cabinet qui se
maintient un an. En 1888, Floquet lui confie le portefeuille de la Guerre : Freycinet
sattache à moderniser et à démocratiser larmée et contribue à son
relèvement.
En 1890, il forme son quatrième et dernier cabinet qui
dure deux ans et parvient à promouvoir un début de législation sociale (suppression du
livret ouvrier, préparation de loi sur le travail des femmes et des enfants) avant de
tomber sur la question religieuse. Indirectement compromis dans le scandale de Panama,
Freycinet connaît une brève éclipse avant de revenir dans larène politique, en
pleine affaire Dreyfus, comme président de la commission de lArmée au Sénat. En
1898, à soixante-dix ans, il accepte le ministère de la Guerre mais se retire au bout de
six mois, devant un climat politique houleux. Sa dernière apparition dans un gouvernement
aura lieu en 1915, dans le cabinet Briand. Il se retirera définitivement en 1920.
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