Lélégante précision
dun juriste de haut vol
Juriste, originaire de Bourges, Marcel Plaisant se
spécialise dans le droit international en matière de protection de la propriété
industrielle, avant dentamer, à la fin de la Grande Guerre, une carrière
politique. Elu député en 1919, il siège neuf ans au Palais-Bourbon puis devient
sénateur en 1929. Spécialiste des questions de politique étrangère, il est à cette
époque plusieurs fois délégué de la France auprès de la Société des Nations. Ancien
combattant, il y défend passionnément les accords de Locarno. En 1940, Marcel Plaisant
fait partie des quatre-vingts parlementaires qui refusent les pleins pouvoirs au maréchal
Pétain. Entré dans la Résistance, il est arrêté en 1944. Longuement torturé par la
Gestapo il devra sa libération à lavancée des forces alliées.
En 1948, il entre au Conseil de la République, dont il préside, à partir de 1951, la
commission des Affaires étrangères. Entre 1949 et 1951, il renoue avec les missions
internationales, en représentant la France à lassemblée des Nations unies. Lors
du décès de Marcel Plaisant, en 1958, Gaston Monnerville tracera le portrait de cet
orateur juriste. Pour soutenir son argumentation, notre collègue était servi par
une éloquence vraiment personnelle (
) Il avait en outre le respect de son auditoire
et une négligence de forme, quelque laisser-aller dans ses propos, lui eût semblé une
incorrection; son élégance naturelle - physique et morale - neût pas plus
supporté une faute de langage quune tache sur son gilet. Sa culture était une
courtoisie.
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