La passion de lindépendance
Fils dun avocat parisien, Pierre Marcilhacy opte dabord pour le
journalisme - il entre à la rédaction de Paris-Soir - avant de reprendre en 1943 la
charge davocat au Conseil dEtat et à la Cour de Cassation de son père. En
1948, il est élu Conseiller de la République en Charente, dans un canton que représente
sa famille depuis le Second Empire. Au Palais du Luxembourg, il est brièvement membre du
groupe des Indépendants, avant de rejoindre les non-inscrits et, bien que conseiller
général et sénateur, ne fait pas mystère de sa conception nationale du métier
délu.En 1958, Pierre
Marcilhacy fait partie des représentants du Sénat au Comité consultatif constitutionnel
auquel est soumis lavant-projet de Constitution de la Ve République. En 1965, il se
présente, comme candidat libéral , à lélection
présidentielle mais ne recueille que 1,71% des suffrages exprimés. En 1969, il fait
partie du camp des non au référendum sur le Sénat. Pour lui, la spécificité de la
Haute Assemblée tient à la tradition et à la sérénité des élus
municipaux, plus au fait des difficultés de la gestion politique que les électeurs de
base .
Membre de la commission des Lois
du Sénat, Pierre Marcilhacy se voit confier, en 1970
et 1973, la présidence de deux commissions denquête et de contrôle dont les
conclusions ne passeront pas inaperçues : leurs travaux portent sur les abattoirs de La
Villette et sur les écoutes téléphoniques.
Partisan de la création dun parti travailliste français, préférant se situer
à laile droite de la gauche plutôt quà laile gauche de la
droite, Pierre Marcilhacy soutient la candidature de François Mitterrand aux
présidentielles de 1974 et, après lélection de Valéry Giscard dEstaing, ne
ménagera pas ses critiques au nouveau président,
publiant régulièrement dans Le Monde des articles aux titres retentissants. En 1980, il
perd son siège au Sénat. En 1983, il est nommé par le président de lAssemblée
nationale, Louis Mermaz, au Conseil constitutionnel. |