Auguste Champetier de Ribes

1882-1947

Un juste en politique

Fils de notaire, petit-fils d'avocat, Auguste Champetier de Ribes débute à Paris une carrière “d'homme de robe” tout en s'initiant à la politique, dans le sillage de son maître et ami Albert de Mun. Il se range alors parmi les partisans du christianisme social, une doctrine qui ouvre une troisième voie entre individualisme libéral et syndicalisme révolutionnaire. Plusieurs fois blessé pendant la guerre de 1914-1918, Champetier de Ribes devient en 1924 député des Basses-Pyrénées et fonde la même année une nouvelle formation politique, le Parti Démocrate Populaire (PDP), qui comptera une quinzaine de membres à la Chambre. Appelé à plusieurs reprises à des fonctions ministérielles, il passe en 1934 du Palais-Bourbon au Palais du Luxembourg.

 

Le 10 juillet 1940, les deux Chambres réunies à Vichy votent les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Champetier de Ribes fait partie des quatre-vingts parlementaires qui votent contre. Il se retire aussitôt dans le Béarn où il devient président départemental du mouvement de résistance Combat, ce qui lui vaudra d'être arrêté et interné pendant dix-huit mois à partir de décembre 1942. A la Libération, nommé délégué à l'Assemblée consultative provisoire, il tente, sans succès, de promouvoir ses conceptions politiques, en unissant les trois branches de la “famille démocrate” : PDP, Jeune République et MRP. En janvier 1946, de Gaulle le nomme délégué du gouvernement provisoire auprès du tribunal militaire de Nuremberg. Il y représente l'accusation de la France, de la Belgique, de la Hollande et du Luxembourg. A son retour à Paris, Champetier de Ribes devient le premier président du tout nouveau Conseil de la République. C'est un homme malade et affaibli qui prend “le fauteuil”, raconte Le Monde des 29 et 30 décembre 1946 : “M. Champetier de Ribes, silhouette fragile au visage émacié et pâle, prononce l'allocution d'usage.” Réélu à la présidence de la seconde Chambre en janvier 1947, Champetier de Ribes est devancé par Vincent Auriol, président de l'Assemblée nationale, lors de l'élection à la présidence de la République. Malade, il ne pourra assumer la présidence du Conseil de la République : il décède en mars 1947.