Le petit père Combes

1835-1921

Promis à une carrière ecclésiastique, Emile Combes deviendra finalement médecin … et anticlérical. Etabli en Charente-Inférieure, il est élu en 1885 au Sénat, où il siège sur les bancs de la gauche et préside le groupe parlementaire de la gauche démocratique. Il intervient surtout sur les questions touchant à l'enseignement et fait partie, au moment de l'affaire Dreyfus, des partisans convaincus d'une révision du procès.

Appelé en juin 1902 par le président Loubet à former un ministère en majorité radical, Emile Combes, qui se réserve le portefeuille de l'Intérieur et des cultes, fait de l'anticléricalisme militant un véritable programme de gouvernement. Laïciste intransigeant, il obtient la fermeture de plusieurs milliers d'établissements d'enseignement tenus par des congrégations religieuses. Son nom reste également lié aux lois qui réalisent en 1904 et 1905, la séparation de l'Eglise et de l'Etat et aboutissent à une rupture des relations diplomatiques entre Paris et le Vatican. Il s'attache enfin à écarter de l'administration et de l'armée les éléments hostiles à la République.

Mais ses méthodes peu orthodoxes (il fait surveiller magistrats, fonctionnaires et universitaires par les loges maçonniques et les comités radicaux) entraîneront la chute de son ministère en 1905. Constamment réélu au Sénat jusqu'à sa mort en 1921, Combes termine sa carrière politique dans un relatif anonymat. .