Michel Debré

1912-1996

Le "père" de la Ve Docteur en droit, maître des requêtes au Conseil d'Etat, Michel Debré n'a pas trente ans lorsqu'il devient chargé de mission auprès de Paul Reynaud, alors ministre des Finances du cabinet Daladier. Mobilisé en 1939 comme officier de cavalerie, fait prisonnier, il s'évade, gagne le Maroc puis s'engage dans la Résistance en France. En 1943 et 1944, il relaie en France les décisions du gouvernement de la France libre, installé à Londres puis à Alger. A la Libération, il est chargé de mission pour la réforme administrative auprès du général de Gaulle, qui préside le gouvernement provisoire. Il crée alors l'Ecole Nationale d'Administration et met en place des instituts d'études politiques, destinés à donner à l'Etat des hauts fonctionnaires de qualité. Le 7 novembre 1948, Michel Debré est élu sous l'étiquette Rassemblement des Gauches Républicaines au Conseil de la République, dans le département de l'Indre-et-Loire. Réélu en 1955 sous les couleurs du RPF, il préside le groupe gaulliste de la seconde Chambre. Il multiplie alors, dans l'hémicycle ou dans sa chronique hebdomadaire, Le Courrier de la Colère, les attaques contre la Constitution de la IVe. Le 15 avril 1958, il lance depuis la tribune : “Comment ne pas crier à tous les Français : “on vous trompe et on abuse de votre candeur. Faites comme vos ancêtres de 1789, de 1830 et de 1848 et révoltez-vous !””. Devenu le dernier président du Conseil de la IVe République, le général de Gaulle en fait son garde des Sceaux et lui confie la préparation de la nouvelle Constitution.

En 1959, Michel Debré devient le premier Premier ministre d'une Ve République dont il a largement contribué à dessiner les contours. Au printemps 1962, il passe le relais à Georges Pompidou et retrouve l'arène parlementaire en devenant, en 1963, député de la Réunion, siège qu'il conservera jusqu'en 1988. Mais dès 1966, il se voit de nouveau confier des responsabilités ministérielles : ministre de l'Economie et des Finances du troisième gouvernement Pompidou, il passe aux Affaires Étrangères dans le ministère Couve de Murville, et devient ministre d'Etat chargé de la Défense nationale, sous la présidence de Georges Pompidou. En 1973, son projet de réforme du sursis d'incorporation accordé aux étudiants suscite une vague de protestations chez les étudiants et les lycéens. En 1981, sa candidature à la présidence de la République ne recueille que 1,64% des suffrages en métropole et 2,94% outre-mer. En janvier 1989, à soixante-dix-sept ans, Michel Debré, auteur de nombreux ouvrages de réflexion politique, est reçu à l'Académie française.