Militant, clandestin, sénateur Fils d'un artisan charpentier, originaire des Pyrénées, Jacques Duclos “ monte ” à Paris dès l'âge de seize ans pour travailler comme pâtissier dans les hôtels de la capitale. Mobilisé en 1915, il est fait prisonnier en 1917 et se lie pendant sa captivité avec des prisonniers russes. A son retour, il adhère à la cause pacifiste puis rejoint, en 1920, la Xe section du futur Parti Communiste français et gravit très rapidement les échelons du parti : à vingt-neuf ans, il siège déjà au comité central. En 1926, Jacques Duclos est élu député de la Seine mais son engagement politique lui vaut de sérieuses difficultés.
Accusé de provocation à la désobéissance au cours d‘une campagne pour la paix au Maroc, Duclos, un temps protégé par l'immunité parlementaire, doit entrer dans la clandestinité en 1927 et ne pourra réapparaître qu'en 1931, à la faveur d'une amnistie. En 1935, il entre au Comité exécutif de l'Internationale communiste. Réélu au Palais-Bourbon en 1936, Jacques Duclos en devient le vice-président et y défend ardemment la cause des républicains espagnols. En 1939 son refus de désavouer le pacte germano-soviétique l'oblige à rentrer pour cinq ans dans la clandestinité.
En 1940, comme la plupart de ses collègues communistes, il est déchu de son mandat parlementaire. Sous le nom de Frédéric, il organise dans la France occupée le service de propagande du parti communiste et assume, avec Benoît Frachon, la direction de l'activité clandestine du parti. Membre de l'Assemblée Nationale constituante en 1945, puis député de la Seine, il est à nouveau élu vice-président de la Chambre des députés et se montre très actif dans l'hémicycle, notamment sur les questions de politique fiscale et de politique etrangère. en 1958, victime de la prise de position du PC au référendum, il est battu aux législatives.
L'année suivante, il est élu sénateur de la circonscription de la Seine. Président du groupe communiste du Sénat, il est membre de la commission des Finances, puis siège à la commission des Affaires économiques, et intervient fréquemment lors des débats budgétaires. La question algérienne est également au centre de ses préoccupations. Il intervient au Sénat chaque fois que sont discutées les mesures relatives au maintien de l'ordre et à la pacification et plaidera, après l'indépendance, en faveur de l'application loyale des accords d'Evian.
En 1969, à soixante-douze ans, il défend les couleurs du PC face à Alain Poher, président du Sénat, et à Georges Pompidou, dans la course à la présidence de la République. .