Jules Ferry

1832-1893

Militant de la République

Inscrit au barreau de Paris au début du Second Empire, Jules Ferry se fait très vite connaître comme journaliste plutôt que comme avocat. Il se distingue notamment par des articles et des brochures qui dénoncent la pratique des “candidatures officielles” et le rôle de l'administration préfectorale de Louis-Napoléon dans la “préparation” des élections. Critique virulent de la politique du préfet Haussmann, il met en cause sa gestion dans Les Comptes fantastiques d'Haussmann. Plus largement, Ferry participe à l'élaboration du programmes de l'opposition démocratique à l'Empire. Il place au premier plan le développement des libertés municipales et l'affaiblis-sement de l'institution préfectorale.

Si vous accouplez ces deux choses : le régime parlementaire et la centralisation, sachez que le régime parlementaire, soit sous une monarchie, soit sous une république, n'a que le choix entre ces deux genres de mort : la putréfaction, comme sous Louis-Philippe, ou l'embuscade, comme avec Napoléon III .

Candidat radical aux législatives de 1869, il est élu député de la Seine où il siège à gauche et multiplie les attaques contre le régime impérial.

Après Sedan, Jules Ferry joue un rôle de premier plan dans la victoire du gouvernement républicain. En février 1871, il est élu député des Vosges. Après la Commune, le gouvernement de Thiers l'envoie à Athènes comme ministre plénipotentiaire. A son retour, Ferry devient vice-président de la Chambre des députés et commence, avec l'accession de Jules Grévy à l'Elysée, une carrière gouvernementale, comme ministre de l'Instruction publique. Entre 1880 et 1885, Jules Ferry, président du Conseil à trois reprises, donne à la France son visage républicain, avec notamment de grandes lois sur l'école, la presse ou les libertés municipales.

Sa politique coloniale aura moins de succès : en 1881, son premier ministère tombe sur les affaires tunisiennes, le troisième, en 1885, sur la question du Tonkin. Réélu député des Vosges en 1885, candidat malheureux à la présidence de la République en 1887, Ferry est l'un des principaux artisans dela défaite du boulangisme. Mais alors que son parti triomphe, il est battu aux législatives de 1889. Il ne retrouve un mandat au Parlement que trois ans plus tard, cette fois au Sénat. Il y devient président de la commission des Douanes et de la commission de l'Algérie et en 1893, il est porté à la présidence de la Chambre Haute. Il déclare alors :

Celui qui recueille aujourd'hui ce noble et lourd héritage a pris aussi sa large part des mêlées brûlantes de la politique. Sa vie publique n'a été qu'un long combat. Vous ne l'avez cependant pas jugé incapable de ce rôle élevé d'arbitre qui semble peu fait pour lui.

Ce discours inaugural du 27 février sera aussi son testament politique : il décédera d'une crise cardiaque quelques semaines plus tard.