Louis-Charles de Saulces de Freycinet

1828-1923

Un ingénieur en politique Issu d'une famille de marins et de savants, lui-même polytechnicien et ingénieur des Mines, Freycinet se passionne d'emblée pour le développement de l'industrie des transports et commence sa carrière dans la compagnie des Chemins de fer du Midi. Devenu ingénieur dans les services de l'Etat, il multiplie les rapports sur les questions d'assainissement. Hostile au régime de Napoléon III, Freycinet n'est pas non plus un fervent partisan des idées républicaines mais en 1870, il propose ses services au gouvernement de défense nationale de Gambetta. Ce dernier le fait préfet puis délégué personnel du ministre au département de la Guerre.

Après l'armistice, Freycinet se retire en même temps que Gambetta de la scène politique et n'y reparaît qu'en 1876, pour être élu au Sénat. Il déclare alors : “A côté des grands précurseurs, il y a des hommes qui se vouent à résoudre les problèmes d'administration et d'organisation que soulève l'application des idées nouvelles. Je serai de ces hommes et pour tout résumer en un mot, je demande à être enrôlé par vous dans la phalange scientifique de la République.” Membre de la Gauche républicaine, il acquiert rapidement une influence considérable. En 1877, il se voit confier le portefeuille des Travaux publics dans le ministère Dufaure-Waddington et propose aussitôt un gigantesque projet de développement des voies ferrées et navigables.

Ses propositions reçoivent un écho très favorable et sa stature d'homme d'Etat se renforce au cours d'une tournée dans les régions françaises. En 1879, l'influence de Freycinet est décisive au Sénat lorsqu'il s'agit de voter le retour des Chambres à Paris. La même année, il devient président du Conseil mais sa modération sur la question des congrégations religieuses entraînera la chute de son cabinet un an plus tard. Devenu sénateur de la Seine en 1882, Freycinet est à nouveau appelé à la présidence du Conseil mais il est en butte à une vive opposition et doit se retirer au bout de quelques mois. Brièvement ministre des Affaires étrangères, il forme en 1886 son troisième cabinet qui se maintient un an. En 1888, Floquet lui confie le portefeuille de la Guerre : Freycinet s'attache à moderniser et à démocratiser l'armée et contribue à son relèvement.

En 1890, il forme son quatrième et dernier cabinet qui dure deux ans et parvient à promouvoir un début de législation sociale (suppression du livret ouvrier, préparation de loi sur le travail des femmes et des enfants) avant de tomber sur la question religieuse. Indirectement compromis dans le scandale de Panama, Freycinet connaît une brève éclipse avant de revenir dans l'arène politique, en pleine affaire Dreyfus, comme président de la commission de l'Armée au Sénat. En 1898, à soixante-dix ans, il accepte le ministère de la Guerre mais se retire au bout de six mois, devant un climat politique houleux. Sa dernière apparition dans un gouvernement aura lieu en 1915, dans le cabinet Briand. Il se retirera définitivement en 1920.