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En 1913, le Sénat votait la loi sur les monuments historiques

 

Le Palais du Luxembourg

 

La construction du Palais du Luxembourg, confiée en 1615, par Marie de Médicis, à l'architecte Salomon de Brosse, est à peu près achevée en 1631. Il sert de résidence princière jusqu’à la Révolution. Il devient alors prison, avant d'être affecté, en 1795, au Directoire, puis, fin 1799, au Sénat conservateur. Il subit alors de profondes modifications architecturales afin de lui permettre de répondre mieux à sa vocation parlementaire, vocation qu'il ne perdra plus, sauf pendant quelques courtes périodes. Tandis que son aspect extérieur reste, pour l'essentiel, inchangé, ses aménagements intérieurs sont très sensiblement modifiés, entre 1799 et 1805, par l'architecte Chalgrin. L'escalier principal d'accès au premier étage laisse ainsi place à la salle des séances du Sénat et se trouve, de ce fait, déplacé de la partie centrale du bâtiment vers l'aile Ouest.


En 1814, le Palais est affecté à la Chambre des pairs de la Restauration. Sous la Monarchie de Juillet, l'accroissement du nombre des pairs de France conduit l'architecte Alphonse de Gisors à avancer la façade sud de trente mètres sur le jardin pour permettre la construction de la bibliothèque et de la salle des séances actuelles. Sous la IIe République, le Palais accueille l'éphémère Commission des travailleurs puis il revient au Sénat dès le rétablissement de l’Empire. En 1852, Alphonse de Gisors tire les ultimes conséquences des extensions survenues sous la Monarchie de Juillet pour supprimer, sur l'ordre de Napoléon III, les cloisons séparant encore les trois salles du bâtiment principal. Il réalise ainsi la grande galerie, alors Salle du Trône et dénommée aujourd'hui salle des Conférences. En 1862, le Palais est classé monument historique alors que la Chapelle des Filles du Calvaire, qui jouxte l’hôtel du Petit Luxembourg, l’est depuis 1848 pour échapper à la démolition – consécutive à l’élargissement de la rue de Vaugirard – qui a déjà emporté certains bâtiments du couvent et l’église elle-même.


Dès lors, le Palais ne subit plus de modifications architecturales majeures. Pour autant, il continue d’être le siège successif de différentes institutions. A la chute du Second Empire, il abrite d’abord la préfecture de la Seine puis, en 1879, lorsque le siège des pouvoirs publics est transféré de Versailles à Paris, il est affecté au Sénat qui y siège jusqu'en 1940. Occupé par la Luftwaffe (1) sous l’occupation, le Palais du Luxembourg devient le siège de l'Assemblée consultative provisoire en 1944. En 1945, la Haute Cour de justice y tient ses séances puis, en 1946, la Conférence de la Paix. Fin 1946, le Palais est affecté au Conseil de la République puis, en 1958, au Sénat de la Ve République. D’importants travaux y sont encore menés – mais cette fois dans les sous-sols – pour construire un parking et aménager des salles de réunion.

 

(1) Armée de l'air allemande