Emile Loubet

1838-1929

D'abord député de la Drôme, Emile Loubet, républicain modéré, devient sénateur de ce département en 1885. Il occupe au Luxembourg une place de premier plan. Il cumule en effet au sein de la Chambre Haute la présidence de la commission des Finances et de celle des Douanes et il est un membre influent du groupe des républicains.

Ministre des Travaux publics, plusieurs fois ministre de l'Intérieur, président du Conseil entre février et décembre 1892, Emile Loubet devient président du Sénat en janvier 1896. C'est à ce titre qu'il préside en février 1899 la séance du Parlement réunie pour procéder à l'élection du successeur de Félix Faure à la présidence de la République. Lorsque se termine cette séance, Loubet est devenu, à une large majorité de votes, le septième président de la IIIe République. La France est alors en pleine affaire Dreyfus.

Le nouveau président appelle à la modéra-tion : “personne n'a le droit de dire que je suis dreyfusard ou anti-dreyfusard. Je suis avec la majorité de la Nation pour la vérité.” Cette neutralité lui vaut l'hostilité de la droite : à l'été 1899, il est injurié et frappé au champ de courses d'Auteuil. Mais son septennat sera toutefois placé sous le signe d'une grande stabilité gouvernementale, avec “seulement” quatre présidents du Conseil. A la fin de son mandat, Emile Loubet se retirera dans la Drôme.