Patrice Mac-Mahon

1808-1893

Du champ de bataille au front parlementaire

Les brillants états de service du comte de Mac-Mahon le propulsent rapidement au premier rang de l'armée française. A quarante-trois ans, il est déjà général de division, à quarante-cinq ans, après Sébastopol, il est fait grand-croix de la Légion d'honneur. Nommé par Napoléon III au Sénat en 1856, il siège peu et poursuit une infatigable activité de soldat et d'administrateur militaire, notamment en Algérie, dont il devient gouverneur général en 1864. Grièvement blessé à la fin de la guerre de 1870, le maréchal Mac-Mahon (Napoléon III l'a fait maréchal de France au lendemain de la victoire de Magenta, en 1859) est interné quelques mois en Allemagne. A son retour en France en mars 1871, il accepte de Thiers le commandement de l'armée “versaillaise” chargée de reprendre Paris aux Communards.

En 1873, alors que les monarchistes semblent près d'aboutir à une Restauration qui placerait le comte de Chambord sur le trône, Mac-Mahon est élu président de la République. Monarchiste convaincu, il accepte le fauteuil, espérant sans doute une évolution favorable de l'opinion. Mais il se heurte très vite à une majorité républicaine hostile qui l'accule à une épreuve de force, restée dans les annales de l'histoire parlementaire. Pour Gambetta, leader républicain, Mac-Mahon doit “se soumettre ou se démettre”. Les républicains l'emportent, obligeant Broglie, ministre de Mac-Mahon, à la démission. Mac-Mahon lui-même saisira le premier prétexte pour se retirer de la présidence deux ans plus tard et rentrer dans la vie civile.