Gaston Monnerville

1897-1991

Il a dit “non” au général de Gaulle Né à Cayenne, Gaston Monnerville commence sa carrière d'avocat à Toulouse, au lendemain de la guerre de 1914-1918, puis s'inscrit au barreau de Paris en 1921. A trente-quatre ans, il s'illustre dans la défense de quatorze Guyanais traduits en cour d'assises après les émeutes déclenchées par la mort de Jean Galmot : avec ses confrères de la défense, il obtient pour eux l'acquit-tement. Sollicité pour se présenter à la députation en Guyane, le jeune avocat entre au Palais Bourbon en 1932 et devient sous-secrétaire aux Colonies en 1937 et 1938. Quand survient la guerre, Gaston Monnerville, en principe non mobilisable puisqu'il est parlementaire et âgé de plus de quarante ans, obtient de pouvoir s'engager dans la Marine. Démobilisé après l'armistice, il entre dans le mouvement de résistance Combat et fait partie des maquis d‘Auvergne, sous le nom de Commandant Saint-Just. Désigné en 1944 pour siéger à l'Assemblée consultative provisoire, Gaston Monnerville y préside la commission de la France d'Outre-mer et, l'année suivante, la com-mission chargée de préparer le futur sta-tut politique des Territoires d'Outre-mer.

Elu député de la Guyane à l'Assemblée constituante, Gaston Monnerville devient conseiller de la République de la Guyane en 1946 et est aussitôt désigné vice-président de la nouvelle Chambre Haute. En 1947, il est élu président du Conseil de la République. En 1948, il est élu sénateur du Lot. Il conservera le “fauteuil” de la Chambre Haute (Conseil de la République puis Sénat de la Ve) pendant vingt-deux ans. Devenu, aux termes de la Constitution de 1958 (à l'élaboration de laquelle il a contribué), le deuxième personnage de l'Etat, Gaston Monnerville joue un rôle de premier plan dans la vie politique française. En 1962, il est, au nom du respect de la Constitution, au premier rang des opposants au référendum instituant l'élection du président de la République au suffrage universel. La presse le présente alors comme “l'homme qui a dit non au général de Gaulle”. Après 1962 et jusqu'en 1968, date à laquelle Gaston Monnerville annonce son intention de ne pas se représenter à la présidence du Sénat, les rapports entre le Petit Luxembourg et l'Elysée seront de plus en plus tendus. L'ancien président du Sénat fera d'ailleurs connaître en 1969 sa désapprobation à l'égard du projet de réforme du Sénat proposé par le général de Gaulle. Nommé en 1974 au Conseil constitutionnel, Gaston Monnerville y siégera jusqu'en 1983.