Charles-Forbes Montalembert - Comte de Montalembert

1810-1870

Il entre à la Chambre sur le banc des accusés

Profondément religieux, Montalembert tente très tôt de concilier foi catholique et libéralisme. Fondateur du journal L’Avenir, il mène un combat ardent contre Louis-Philippe et surtout contre le monopole de l’éducation confié à l’université. Sa carrière à la Chambre Haute commence d’étrange façon. En avril 1831, Montalembert tente d’ouvrir avec Lacordaire une “Ecole Libre”, dont l’inauguration est interdite, ce qui devrait en principe lui valoir une comparution en “correctionnelle”. Mais Montalembert est fils d’un pair de France. Le décès de son père en juin 1831 le fait, par hérédité, pair à son tour. C’est donc devant cette Chambre qu’il répond de l’accusation, se défendant lui-même avec éloquence.

Il est condamné à cent francs d’amende, ce qui vaut acquittement. Trop jeune encore pour siéger - il n’a que 21 ans - Montalembert ne prendra possession du fauteuil de son père qu’en 1835, à la fois dans les rangs de l’opposition libérale et dans ceux du parti catholique. Il s’y oppose vivement à François Villemain sur la question de l’enseignement et publie, sur les rapports de l’Eglise et de l’Etat, un Manifeste Catholique qui fait grand bruit. Après 1848, Montalembert, élu député du Doubs à l’Assemblée législative, devient l’un des chefs du parti catholique et monarchiste et combat les institutions républicaines.

Favorable au prince-président Louis-Napoléon Bonaparte, Montalembert prêche la modération auprès de ses collègues.

“Je veux le gouvernement représentatif, je veux la tribune parlementaire, et son intervention dans toutes les matières de législation, de politique générale et sociale ; mais je ne veux pas de son intervention taquine, bavarde, quotidienne, omnipotente et insupportable dans toutes les affaires du pays.”

Mais il se désolidarise de la politique du prince-président après le coup d’Etat du 2 décembre et devient pratiquement le seul opposant au régime ayant voix au chapitre parlementaire, combattant, dit-il, “en désespéré, dans une cave sans air ni lumière”.

Battu à la députation en 1857, il se retire de la scène politique.