Marcel Pellenc

1897-1972

La “Cassandre” du Luxembourg Fils d'un employé des PTT, Marcel Pellenc va connaître plusieurs carrières en une seule vie. Polytechnique, Ecole nationale supérieure des PTT, Ecole nationale d'électricité : un solide bagage scienti-fique et technique le propulse à vingt-cinq ans directeur de la Radiodiffusion nationale. Il restera quatorze ans à ce poste, qui l'amène à effectuer de nombreuses missions de conseil à l'étranger. A la même époque, fort de cette expérience internationale, il est à plusieurs reprises délégué pour représenter la France auprès de la Société des Nations, tout en poursuivant une activité d'enseignant et de conférencier. Quelques mois avant la guerre, il est chargé de préparer les liaisons en Afrique du Nord. En 1940, souhaitant ne rien devoir à l'administration de Vichy, Marcel Pellenc décide, à quarante-cinq ans, d'entrepren-dre des études de médecine qui lui assureront une profession indépendante.

Pendant toute la période de la guerre, il fait partie du réseau “Ramsès” de l'armée clandestine et participe, grâce à un émetteur clandestin installé dans son propre appartement, à l'action des services de renseignements. Il devient docteur en médecine peu avant la Libération.

En 1948, Marcel Pellenc obtient son premier mandat électif en devenant le représentant du Vaucluse au Conseil de la République - mandat dans lequel il sera reconduit à trois reprises lors des scrutins suivants. En qualité de président de la sous-commission chargée de suivre et d'apprécier la gestion des entreprises nationalisées, il se fait très vite une solide réputation, en critiquant vigoureusement ladite gestion, notamment celle de la SNECMA ou de la SNCF. Il mène aussi une campagne active en faveur du rétablissement des prérogatives de la seconde Chambre, estimant que “la réforme constitutionnelle visant notamment le partage équitable du pouvoir législatif entre les deux assemblées, la raison aussi bien que l'examen des faits conduisent à en reconnaître l'évidente nécessité.”

Inscrit au groupe de la Gauche démocratique, rigoureux et redouté rapporteur général de la commission des finances du Conseil de la République en 1954, il assume à nouveau cette charge dans le Sénat de la Ve, à partir de 1959. Il participe activement au combat d'Alain Poher et de Gaston Monnerville contre le référendum qui soumet aux suffrages des Français le projet de supprimer le Sénat.