Marcel Plaisant

1887-1958

L'élégante précision d‘un juriste de haut vol

Juriste, originaire de Bourges, Marcel Plaisant se spécialise dans le droit international en matière de protection de la propriété industrielle, avant d'entamer, à la fin de la Grande Guerre, une carrière politique. Elu député en 1919, il siège neuf ans au Palais-Bourbon puis devient sénateur en 1929. Spécialiste des questions de politique étrangère, il est à cette époque plusieurs fois délégué de la France auprès de la Société des Nations. Ancien combattant, il y défend passionnément les accords de Locarno. En 1940, Marcel Plaisant fait partie des quatre-vingts parlementaires qui refusent les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Entré dans la Résistance, il est arrêté en 1944. Longuement torturé par la Gestapo il devra sa libération à l'avancée des forces alliées.

En 1948, il entre au Conseil de la République, dont il préside, à partir de 1951, la commission des Affaires étrangères. Entre 1949 et 1951, il renoue avec les missions internationales, en représentant la France à l'assemblée des Nations unies. Lors du décès de Marcel Plaisant, en 1958, Gaston Monnerville tracera le portrait de cet orateur juriste. “Pour soutenir son argumentation, notre collègue était servi par une éloquence vraiment personnelle (…) Il avait en outre le respect de son auditoire et une négligence de forme, quelque laisser-aller dans ses propos, lui eût semblé une incorrection; son élégance naturelle - physique et morale - n'eût pas plus supporté une faute de langage qu'une tache sur son gilet. Sa culture était une courtoisie.”