La presse, féroce critique d'une pairie sans pouvoir

Lors de la séance du 11 février 1841, un pair s’indigne à la lecture d’un violent article, paru dans Le National et signé du journaliste Delaroche. Ce dernier sera cité à comparaître devant la Chambre pour s’expliquer sur cet article. Il sera condamné à dix mille francs d’amende.

“Il y a trois mois que la session dure. La Chambre des Pairs n’a rien fait; et qui s’en inquiète ? Où sont les lois importantes, où sont les discussions qui intéressent le pays ? Qui décide du sort des ministères ? Qui donne l’impulsion au pouvoir ? Où est l’activité enfin ? Où est la vie ? Est-ce dans la Chambre des pairs ? Personne n’osera le prétendre. (…) Sa fin (celle de la Pairie) avait été prédite par Chateaubriand et Fitz James : elle fut également annoncée par M. Royer-Collard, par Casimir Périer, par M. Thiers lui-même, qui plaidèrent pour l’hérédité. L’hérédité ! Le Pays n’en veut pas et personne n’est assez fort pour la rétablir. Reste donc l’élection : mais le gouvernement n’en veut pas davantage ; et c’est ainsi que la Pairie a été broyée entre ces deux cylindres, ne conservant plus qu’une fonction sans indépendance, une forme sans fond, un corps sans mouvement, sans parole et sans vie.”