La presse, tribune de l'opposition

Pendant toute la Restauration, l’opposition trouve une tribune efficace dans les journaux. Ceux-là font l’objet d’une étroite surveillance et tout est prétexte à les censurer. Ainsi, l’assassinat du duc de Berry, en 1820, fournit une excellente occasion au régime. Deux jours après l’attentat, le ministre de l’Intérieur présente aux Pairs un projet de loi sur les journaux. “Si le crime lui-même et le sang de l’auguste victime qu’il a frappée ne parlaient pas si haut, les aveux, ou plutôt les apologies de son infâme auteur nous auraient appris quels sont les fruits détestables des maximes funestes, des doctrines subversives de l’ordre social, prêchées avec tant d’audace depuis que tout frein a été ôté à la licence des journaux. (…) La loi proposée ne gênera point la discussion des matières politiques : elle préviendra seulement l’odieux abus qu’on en fait journellement dans des publications pleines d’audace ou de perfidie, qui attaquent à la fois toutes nos institutions et la paix publique dont ces institutions sont la base.” Cependant, au fur et à mesure que le régime s’affaiblit, les critiques des journalistes libéraux se font plus violentes. “La haine publique contre la nouvelle administration va s’enflammant de plus en plus ; c’est un concert d’indignation qui se prolonge et que répètent tous les échos”, écrit Le Constitutionnel en septembre 1829. Le mois suivant, nouvelle attaque contre le ministère Villèle à peine formé : “Ce qu’il y a de certain, c’est que le ministère actuel est encore plus usé, plus décrié, plus méprisé que ne l’était celui de M. Villèle à la fin de 1827.” Et c’est encore autour de la liberté de la presse que se cristallisera l’élan révolutionnaire de l’été 1830. Le Constitutionnel du 31 juillet 1830, retrace pour ses lecteurs la journée décisive du 27 juillet.