Le Sénat, défenseur de la République

En Octobre 1962 , le président du Sénat Gaston Monnerville, exhorte les sénateurs à s'opposer au projet de réforme de l'élection présidentielle proposé par le  général de Gaulle. Le ton est vif : ce sont les prérogatives mêmes du parlement qui sont en jeu et, avec elles, la pérennité des valeurs républicaines. "Ce qu'on nous offre n'est pas la République ; c'est au mieux, une sorte de bonapartisme éclairé. Au plébiscite qui n'ose pas se découvrir, le Sénat répond : "Non", parce qu'il s'agit des libertés républicaines, et notamment de la liberté d'opinion, qui postule, pour être réelle, la liberté de l'information (vifs applaudissements prolongés)".


 

En mai 1975 , le Sénat de la République célèbre ses cent ans en présence du président de la République, Valéry Giscard d'Estaing. La brouille entre l'Elysée et le Palais du Luxembourg n'est plus qu'un mauvais souvenir, comme en témoigne la conclusion du discours du chef de l'Etat. "Dans cette salle où je me souviens être venu défendre le budget, comme jeune secrétaire d'Etat, l'esprit imprégné de la crainte révérencieuse qu'y faisait encore le souvenir de Joseph Caillaux, dans cette salle où se sont exprimés les plus grands talents de la politique française depuis cent ans, et dont nous sentons autour de nous les ombres hautaines ou débonnaires, ironiques ou tourmentées, dans cette salle où a retenti le langage de l'histoire, mais aussi, plus modeste et plus émouvant, la voix de tous ceux qui entendaient traduire à leur manière, les aspirations de leur terroir ou de leur ville, oui, dans cette salle, Mesdames et Messieurs les sénateurs, souffle une part de l'esprit de la France."