Charles-Maurice Talleyrand-Périgord, duc de Talleyrand-Périgord

1754-1838

Une girouette sous tous les régimes

Il aurait dû être soldat. Rendu boiteux par un accident à quatre ans, il sera prêtre. En 1788, il est déjà évêque d’Autun et commence, à la veille des Etats Généraux, une longue carrière d’intrigues qui lui vaudra d’être appelé par Lamartine le “courtisan du destin” et au cours de laquelle il servira et reniera tour à tour le pouvoir en place.

Le Dictionnaire satirique des Girouettes, établi sous la Restauration par quelques journalistes spirituels, ne s’y trompe d’ailleurs pas en ne lui décernant pas moins de douze girouettes ! Ministre des Affaires étrangères en 1797, Talleyrand s’emploie, dès cette époque, à servir les intérêts de Bonaparte auprès du Directoire. Il est donc, après le 18 brumaire, l’un des courtisans les plus empressés de l’entourage du premier consul, avant de tomber en disgrâce auprès d’un empereur que ses intrigues exaspèrent et inquiètent.

Dès 1813, Talleyrand trouvera un nouvel homme fort à servir et flatter, en la personne du futur Louis XVIII. Il se lie avec les sénateurs hostiles à l’Empire et a des entrevues avec des émissaires des Bourbons. Il dictera lui-même au Sénat l’acte de déchéance de l’empereur, en avril 1814. Louis XVIII le nomme ministre des Affaires étrangères, portefeuille qu’il lui confiera à nouveau après l’intermède des Cent Jours, avant de le lui ôter sur la demande de l’empereur Alexandre, froissé par l’attitude de Talleyrand au congrès de Vienne.

Nommé pair, Talleyrand est assidu à la Chambre mais devra attendre l’avènement de Louis-Philippe pour retrouver les fonctions diplomatiques de haut rang dans lesquelles il excelle, et se voir confier l’ambassade de Londres.