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Colloque sur la Thaïlande et le Laos


Table des matières






Groupes sénatoriaux d'amitié
France-Asie du Sud-Est
et France-Laos et Cambodge

THAÏLANDE - LAOS


THAÏLANDE : Une nouvelle émergence ?

LAOS : Quelles perspectives d'ouverture ?

ACTES DU COLLOQUE

du 23 janvier 2001

Sous le haut patronage de :

Christian PONCELET, Président du Sénat

François HUWART, Secrétaire d'Etat au Commerce extérieur

Jean-Daniel GARDÈRE, Directeur Général du Centre Français du Commerce Extérieur

sous l'égide de :

Jacques VALADE, Vice-Président du Sénat, Président du Groupe sénatorial d'amitié France-Asie du Sud-Est

Jean FAURE, Vice-Président du Sénat, Président délégué pour le Laos du Groupe sénatorial d'amitié France-Laos et Cambodge

Charles DESCOURS, Président délégué pour la Thaïlande du Groupe sénatorial d'amitié France-Asie du Sud-Est

Christian de LA MALENE, Président du Groupe sénatorial d'amitié France-Laos et Cambodge

en présence de :

Yves THIBAULT de SILGUY, Membre du Directoire, Suez-Lyonnaise des Eaux, ancien Commissaire européen

Marie BONNET, Conseillère commerciale, Services de l'expansion économique en Thaïlande et au Laos

Yves BOURDET, Professeur en sciences économiques, Université de Lund (Suède)

Rémi VAN LEDE, Chef de bureau Asie de l'Est-Océanie, Direction des Relations économiques extérieures

Asawachintatchit DUANGJAI, Directrice du Thailand Board of Investment à Paris

- SERVICE DES RELATIONS INTERNATIONALES DU SÉNAT -

LA THAILANDE - LE LAOS

Colloque organisé par la Direction des Relations Internationales du Sénat
et le Centre Français du Commerce Extérieur

Allocution d'ouverture

Jacques VALADE,
Vice-Président du Sénat,
Président du Groupe sénatorial d'amitié France-Asie du Sud-Est

Monsieur le Ministre, je vous remercie d'avoir accepté de vous exprimer en ouverture de ce colloque. Je dois en premier lieu vous transmettre les regrets de Monsieur Christian Poncelet, Président du Sénat, qui aurait souhaité pouvoir s'exprimer devant vous aujourd'hui, mais qui est retenu en séance publique. Il m'a donc chargé de vous lire le message suivant.

« Je vous souhaite une très cordiale bienvenue au Sénat pour ce nouveau colloque économique. C'est pour moi une nouvelle occasion de me féliciter du fructueux partenariat que le Sénat et le CFCE ont mis en place. Votre réunion de ce jour est d'ailleurs consacrée à un thème particulièrement judicieux.

La Thaïlande se trouve à une période charnière, au plan politique. Une nouvelle majorité vient en effet d'être portée au pouvoir par les urnes. Le futur Premier Ministre a prévu d'apporter son soutien au secteur bancaire, aux PME, aux personnes les plus défavorisées. Il apparaît en effet nécessaire de restructurer l'économie thaïlandaise, et des réformes structurelles se révèlent indispensables pour faire de nouveau de la Thaïlande un pays d'accueil des investissements étrangers. Depuis quelques années déjà, la diplomatie thaïlandaise a par ailleurs entamé son ouverture sur le monde. L'ancien ministre thaïlandais du Commerce extérieur assumera ainsi prochainement la lourde tâche de Secrétaire général de l'OMC.

A une autre échelle, le Laos a lui aussi fait le choix de l'ouverture économique. Préservé structurellement des crises extérieures, il a bénéficié ces dernières années d'un niveau de croissance soutenu. Les entreprises françaises pourraient apporter leur contribution pour satisfaire les gros besoins en infrastructures de ce pays.

Les perspectives en Thaïlande et au Laos sont donc nombreuses, et il convient de les exploiter autant que faire se peut. Je vous renouvelle mes voeux de bienvenue au Sénat et vous souhaite des échanges fructueux. »


Je me permettrai d'ajouter quelques mots à la suite du Président du Sénat. Très récemment, nous avons décidé de regrouper les groupes d'amitié parlementaires par zone, plutôt que par pays. Nous avons effectué l'an dernier une mission en Thaïlande et au Laos, où nous avons été reçus par les autorités de ces pays et par les représentations françaises. Cette mission est venue en son temps : nos collègues thaïlandais, en particulier, regrettaient que les échanges avec le Parlement français ne soient pas plus actifs. Nous avons pu, à cette occasion, conforter ces échanges et établir de nouveaux liens. C'est dire que ce colloque vient à point, et nous sommes prêts à poursuivre notre engagement en faveur du développement de ces échanges.

Jean-Daniel GARDERE,
Directeur général du CFCE

Mon mot d'introduction sera très bref, à l'exemple du Président Valade. De surcroît, la qualité des personnes réunies dans cette enceinte est telle que je n'ai guère besoin de vous rappeler quels sont les enjeux de cette journée. Je compte sur vous, Monsieur le Président, pour dire au Président Poncelet combien nous apprécions, depuis trois ans, le partenariat que nous développons avec le Sénat, dont les plus hautes autorités participent souvent à nos séminaires. Une haute assemblée politique s'associe ainsi à un modeste organisme d'information sur le commerce international, pour assurer le croisement entre deux mondes. A travers les groupes d'amitié et les nombreuses missions que vous effectuez, vous apportez une connaissance du terrain, des circuits de décision et de l'entregent qui apparaissent particulièrement complémentaires des informations juridiques, économiques et commerciales qui sont le domaine de prédilection du CFCE. Nous tenons beaucoup à cet assemblage de connaissances, de compétences et d'expertises. Je constate d'ailleurs, avec plaisir, que les entreprises nous suivent fidèlement sur les opérations que nous avons montées dans le cadre de ce partenariat.

Après l'Europe centrale et orientale, l'Asie devient un point d'application particulièrement fort de notre action commune. Avec le Laos et la Thaïlande, nous allons retrouver un certain nombre de problématiques, de dynamiques et de fragilités qui sont assez révélatrices de la situation en Asie en général. Souvent, la Thaïlande annonce les crises, préfigure les reprises. Dans la situation d'incertitude qui prédomine aujourd'hui en Asie, l'observation de ce pays ne peut être que très riche d'enseignements pour toutes les entreprises désireuses de s'implanter ou de se développer dans cette zone.

Je tiens, en conclusion, à remercier tout particulièrement tous ceux qui nous ont aidés à monter cette opération, dans la Haute Assemblée mais aussi à l'extérieur, dont Marie Bonnet, du PEE de Bangkok.

Allocution

François HUWART,
Secrétaire d'État au Commerce extérieur

Je veux tout d'abord remercier chaleureusement Christian Poncelet, Président du Sénat, ainsi que le Président et le Directeur général du CFCE, qui ont conjointement organisé ce colloque. Le paysage du sud-est asiatique a profondément changé en quelques années. Le rééquilibrage de l'économie mondiale en faveur de cette zone est l'un des principaux faits marquants de la fin du siècle précédent : l'Asie pèse aujourd'hui près du quart du PIB mondial, contre 10 % il y a quarante ans. La crise rencontrée par cette zone en 1997 et 1998 a pu laisser croire que les limites de ce développement étaient atteintes. La rapidité et la profondeur de la reprise démontrent qu'il n'en est rien : la stabilité et la confiance sont de retour. Avec une croissance annuelle moyenne de 5 à 6 %, l'Asie devrait rester, dans les prochaines années, l'une des principales zones d'expansion.

La France porte une grande attention aux pays de l'ASEAN, qui sont, avec le Japon, ses premiers partenaires commerciaux en Asie. Sans être négligeable, le commerce extérieur de la France avec ces pays demeure toutefois trop modeste. Il ne me semble pas à la hauteur de nos économies respectives. Le choix du Laos et de la Thaïlande pour ce colloque ne relève évidemment pas du hasard : la Thaïlande est l'un des principaux partenaires du commerce extérieur français dans l'ASEAN et constitue le premier partenaire commercial du Laos. Les échanges commerciaux entre la France et le Laos ont en outre fortement progressé au cours de l'année 2000, atteignant le chiffre de 325 millions de francs, sur les dix premiers mois de l'année qui vient de s'écouler. Force est de reconnaître que cette proportion demeure toutefois très faible.

Les investissements de nos entreprises constituent désormais le point principal de nos relations avec les pays de l'ASEAN. C'est le moyen le plus efficace d'apporter l'expérience et l'expertise nécessaires aux restructurations qui doivent être conduites dans ces régions. Les entreprises françaises sont ainsi présentes dans de nombreux secteurs. La France est un partenaire industriel important de la Thaïlande. Depuis 1970, le stock d'investissements français se monte à 30 milliards de bahts, ce qui fait de la France le deuxième investisseur européen, derrière le Royaume-Uni. Nos entreprises portent un intérêt croissant à la Thaïlande, en raison notamment de sa situation géographique privilégiée au coeur de l'Asie, de la présence d'infrastructures modernes et des politiques de soutien aux investissements conduites par son gouvernement. La France a obtenu plusieurs grands contrats en 2000, malgré la faible reprise des investissements privés ; j'en veux pour preuve les contrats remportés par Alstom dans le cadre des projets de métro souterrain, ou encore la commande de 6 ATR par la compagnie Thaï Airways. Les investissements français se développent également au Laos, malgré la situation économique plus difficile. La France se situe officiellement au 9ème rang des investisseurs étrangers, avec une soixantaine d'entreprises.

La France a maintenu des liens politiques actifs avec la Thaïlande et maintes fois confirmé son souhait de développer des relations bilatérales avec ce pays. Le maintien d'une politique de crédit export ouverte, ou encore l'importante participation financière française au fonds fiduciaire créé à Londres sont les principaux signes de ce soutien. Par ailleurs, la France conduit une politique d'aide publique au développement (APD) à laquelle la Thaïlande est éligible. Elle constitue aujourd'hui un outil majeur de coopération financière avec la Thaïlande. Au Laos, plusieurs protocoles de dons ont permis de moderniser les secteurs de base du Laos : plus de 185 millions de francs de dons ont ainsi été octroyés entre 1989 et 1997. Plusieurs grands contrats de fourniture ont également été signés par les entreprises françaises.

La coordination des politiques macroéconomiques de la zone, notamment dans le cadre de l'ASEAN, a un rôle important à jouer pour promouvoir le développement économique de la région et réduire le risque de crises, et finalement permettre à l'Asie de retrouver son rythme de croissance antérieur.

Je ne peux qu'inciter les entreprises présentes à ce colloque à tourner leur regard vers l'Asie, en particulier vers la Thaïlande et le Laos. Elles connaissent bien les difficultés et les enjeux de leurs implantations dans cette zone. Je suis convaincu que cette journée contribuera à resserrer encore les liens que nous entretenons avec elle.

La Thaïlande et le Laos dans le contexte régional

Yves-Thibault de SILGUY,
Membre du Directoire, Suez Lyonnaise des Eaux

C'est pour moi un réel plaisir de vous parler de l'expérience du groupe Suez Lyonnaise des Eaux en Thaïlande et au Laos. Pour tout investisseur étranger, l'appréciation positive sur la situation politique et économique d'un pays est déterminante. C'est dire que nous ne sommes pas insensibles aux paroles qui viennent d'être prononcées par le Ministre. Suez Lyonnaise des Eaux réalise aujourd'hui près de 50 % de son chiffre d'affaires dans l'Energie, 27 % dans l'Eau, 14 % dans la Propreté. Pour le reste, nous sommes présents dans la Communication, sur notre marché domestique uniquement. Dans l'Eau, l'Energie et la Propreté, nous réalisons en revanche plus de 50 % de notre chiffre d'affaires hors de France et de Belgique.

 

I. Que fait Suez Lyonnaise des Eaux en Thaïlande ?

 

L'Asie représente environ 12 % du chiffre d'affaires international du Groupe, soit 1,6 milliard d'euros. C'est peu au regard de l'importance de la population de cette zone et du taux de croissance dans ces pays, deux paramètres essentiels pour nos activités. C'est pourquoi l'Asie constitue une fantastique opportunité pour un groupe comme le nôtre. Malgré la crise de 1997 et 1998, nous n'avons d'ailleurs jamais relâché nos efforts.

Je précise que nous réalisons 60 % de notre chiffre d'affaires asiatique en Asie du Nord-Est, notamment en Chine. Pour notre groupe, la Thaïlande pèse quelque 150 millions de dollars de chiffre d'affaires, sur 500 millions pour l'ensemble des pays de l'ASEAN. Ce chiffre est appelé à croître considérablement dans les années qui viennent. Ainsi, en novembre 2000, nous avons acquis pour 500 millions de dollars la société Sythe Pacific, ce qui nous place à la tête de 12 % de la capacité électrique totale installée à ce jour en Thaïlande. Nous occupons également une place importante dans l'ingénierie de l'Eau et dans la privatisation de la société de distribution de Bangkok. Nous sommes également présents dans cette région du monde par le biais de la filiale américaine du Groupe, Nalco, qui réalise des opérations de conditionnement d'eau. Au total, nous employons en Thaïlande 1 095 personnes.

 

II. Trois enseignements issus de notre présence en Thaïlande

 

 

 

1. La clairvoyance

 

En règle générale, nous investissons dans les pays du monde où nous pensons avoir identifié un marché et une économie en croissance. C'est à l'évidence le cas de la Thaïlande, qui offre de nombreux avantages. Dans l'Energie, par exemple, la Thaïlande offre un marché suffisant pour assurer une masse critique pour les investissements, un niveau de consommation électrique encore raisonnable dont la croissance sera tirée par la demande et par les changements de comportements à venir. Dans l'Eau, la ville de Bangkok connaît des problèmes sérieux. Il faudra satisfaire des besoins importants et poursuivre les investissements, tout en gérant l'existant de façon efficace.

 

2. La persévérance

 

Notre présence en Asie s'est construite dans la durée. Notre groupe s'y est implanté dès les années 1950, avec Degrémont. Nous sommes restés présents en Asie, y compris en Thaïlande, pendant la crise. Malgré nos inquiétudes, nous avons gardé confiance dans la capacité de ce pays à surmonter la crise : nous avons eu raison. Nous avons vécu la crise sur place, comme les sociétés thaïlandaises, et nous nous sommes efforcés de contribuer à apporter des solutions aux problèmes. C'est notre spécificité d'investisseur : nous devenons un acteur local et de long terme.

 

3. La vigilance

 

La reprise est encore fragile. Le manque de solidarité, qui se traduit par des sorties de capitaux et des désinvestissements, nous préoccupe. Plusieurs incertitudes pèsent aujourd'hui sur l'Asie, qui devront être levées :

· la première est liée à l'entrée de la Chine dans l'OMC, et aux réformes structurelles qu'elle implique. La Chine joue en effet un rôle d'entraînement.

· Le Japon suscite lui aussi de nombreuses interrogations, portant sur la capacité de cet acteur asiatique de poids à redresser sa situation financière.

· Enfin, de nombreux pays de l'ASEAN apparaissent encore très instables.

Nous considérons cette région comme une zone d'opportunité extraordinaire pour le développement de nos activités. La Thaïlande, en particulier, se trouve être une plaque tournante de première importance. Elle est le trait d'union entre l'Asie du sud-est et l'extrême occident, pour reprendre l'expression d'un ancien ambassadeur de France.

Jean-Daniel GARDERE

Vous avez très bien présenté les incertitudes et les opportunités. Il est une incertitude que vous avez toutefois à peine évoquée. Après les élections du 6 janvier 2001, comment voyez-vous évoluer les relations entre les nouveaux détenteurs du pouvoir politique et les investisseurs étrangers ? La majorité est à tendance nationaliste, populiste, même si l'on trouve à sa tête un homme d'affaires, qui se veut certes pragmatique mais qui n'en a pas moins construit sa carrière sur la préférence nationale.

Yves Thibaut de SILGUY

Moins de deux semaines après les élections, je n'ai aucun élément qui me permettrait de dire que les relations entre nos entreprises et le pouvoir évolueraient différemment. Par ailleurs, nous nous efforçons d'être des sociétés complètement intégrées dans le tissu économique local. La très grande majorité du personnel est thaïlandaise, y compris les cadres. Nous ne cherchons pas à imposer un quelconque impérialisme, mais à apporter des réponses à des besoins essentiels que sont l'eau, l'énergie, la propreté. Nous investissons pour le long terme. Nous avons investi au mois de novembre 500 millions de dollars dans l'Energie : c'est une somme considérable, qui démontre notre confiance dans le développement de ce pays. Il y a d'autres pays qui m'inquiètent davantage dans la région, mais je ne les citerai pas...

Les forces et les faiblesses de la reprise économique thaïlandaise et les opportunités
pour les entreprises françaises

Marie BONNET,
Conseillère commerciale,
Services de l'expansion économique en Thaïlande et au Laos

Nous vivons actuellement en Thaïlande une période d'incertitudes, en raison des résultats des élections du 6 janvier dernier. Pour l'une des premières fois dans l'histoire du pays, un seul parti détient à lui seul la majorité. En outre, malgré une campagne à tonalité plutôt nationaliste, je ne pense pas que le Premier Ministre puisse constituer une menace pour les investisseurs français, bien au contraire. En tant qu'homme d'affaires, il est au contraire très au fait des réalités économiques et des besoins des entreprises étrangères qui investissent sur le sol thaïlandais.

La Thaïlande est souvent perçue comme un pays au destin particulier parmi tous ceux qui composent la zone que l'on appelle Asie du Sud-Est. On la connaît pour ses indéniables avantages touristiques, mais aussi pour la profondeur de la crise qui s'y est produite en 1997. Cela dit, la situation économique et financière y est aujourd'hui considérablement assainie.

 

I. Les perspectives économiques de la Thaïlande

 

L'année 2000 a été une année quelque peu en demi-teinte, du fait de l'attentisme qui a précédé l'échéance électorale du 6 janvier. La relance de la consommation souhaitée par les pouvoirs publics n'a pas eu les résultats escomptés et la restructuration du système bancaire, l'un des principaux points de fragilité de la Thaïlande, n'a que peu progressé. La croissance en 2000 devrait se monter à quelque 4,5 %, contre 5 % annoncés en début d'année. Pour 2001, les perspectives économiques du pays sont obérées par les difficultés rencontrées à l'exportation, qui constitue l'un des principaux moteurs de la croissance de l'économie thaïlandaise, laquelle dépend donc largement de la conjoncture internationale.

 

II. Les modes d'échanges

 

Dans le cadre des échanges bilatéraux entre la France et la Thaïlande, nous privilégions une approche sectorielle. Ainsi, en 2001, nous organiserons une opération consacrée aux industries de l'environnement. Au-delà de ces événements ponctuels, il existe des relations plus formalisées dans le cadre de comités mixtes, qui permettent de créer une relation de confiance entre nos partenaires thaïs et nous-mêmes, tant au niveau administratif qu'entre industriels. La Thaïlande est très attachée à ce type de coopération, qui est aussi une façon de rassurer les industriels des deux pays.

De façon moins formalisée mais néanmoins très approfondie, nous avons tissé en Thaïlande, par le biais du PEE, de solides liens de coopération dans le domaine de la copropriété intellectuelle, de la lutte contre la contrefaçon et le piratage. Nous travaillons beaucoup avec l'INPI et le département de la propriété intellectuelle en Thaïlande pour construire un cadre juridique de protection de la propriété intellectuelle et conduire un travail sur la pédagogie et la sensibilisation.

 

III. Les relations commerciales

 

Les exportations françaises vers la Thaïlande sont dépendantes de la consommation domestique, qui est actuellement stagnante, et de la demande de biens d'équipement, très ralentie depuis la crise. 2000 a néanmoins été une année plutôt bonne pour les exportations françaises. Les produits alimentaires ont progressé de près de 50 %, et les exportations de l'industrie automobile ont également fortement progressé.

 

IV. Les investissements français en Thaïlande

 

La France se situait en 1999 au cinquième rang des investisseurs étrangers et au 2ème rang des investisseurs européens, derrière le Royaume-Uni. Les investisseurs français se montrent très intéressés par les avantages offerts par la Thaïlande aux investisseurs étrangers, sur lesquels Duangjai Asawachintachit reviendra tout à l'heure. Outre l'attrait du marché intérieur, les industriels français font de la Thaïlande une base de production pour la réexportation vers les autres pays de la zone sud-est asiatique. La qualité des infrastructures thaïlandaises et le coût du travail sont autant d'atouts que la Thaïlande peut faire valoir en la matière.

La taille du marché domestique apparaît comme le principal atout structurel de la Thaïlande. Mais d'autres opportunités pourraient s'ouvrir, liées à deux programmes engagés par les pouvoirs publics thaïlandais : les privatisations décidées à la suite des mesures de restructurations adoptées après la crise de 1997 et de grands projets d'amélioration ou de création d'infrastructures. Parmi les secteurs porteurs d'opportunités, citons les biens de consommation (du moins certaines niches, comme les cosmétiques, les compléments alimentaires ou la distribution de produits culturels), mais aussi les biens d'équipement. La Thaïlande va en effet procéder à la modernisation de ses voies ferrées, de ses réseaux de télécommunications. Le secteur des technologies de l'environnement devrait également connaître un fort développement : la Thaïlande commence à se préoccuper de l'impact de son développement industriel et de son urbanisation galopante sur l'environnement. Dans le secteur des services, il y a sans doute encore beaucoup à faire en Thaïlande. Du fait de la personnalité du nouveau Premier ministre, on s'attend à des développements importants dans le secteur des télécommunications et de la nouvelle économie. Le secteur publicitaire est encore peu développé dans le pays. Même le tourisme va évoluer vers des activités plus qualitatives, pour lesquelles les savoir-faire des industriels français seraient sans doute précieux.

 

V. Conclusion

 

La Thaïlande souffre à l'évidence d'un déficit d'image en Europe. C'est sans doute davantage lié à une méconnaissance qu'à de réelles menaces : la Thaïlande bénéficie au contraire d'une situation géographique privilégiée et d'infrastructures de qualité. Sur le plan économique, enfin, les efforts de stabilité engagés par les précédents gouvernements ne seront pas remis en cause.

De la salle

Quelle est votre évaluation de l'action du Centre d'innovation franco-thaï et du taux de participation des entreprises franco-thaïlandaises, voire françaises, aux actions initiées par cet organisme ?

Marie BONNET

Le Centre d'innovation franco-thaï, hébergé par une université, se situe en amont de la coopération entre entreprises, dans la mesure où il fait principalement de la formation. Son action est soutenue par les autorités thaïlandaises mais aussi par la représentation française. Son principal intérêt est de mettre en relation des étudiants et des techniciens d'entreprises thaïlandaises avec des technologies françaises. Il s'agit donc pour nous d'une expérience très positive, dirigée par un Français installé depuis longtemps en Thaïlande. Le CIFT a aujourd'hui trouvé sa place et a réussi à se faire connaître de ses partenaires thaïlandais.

De la salle

Dans le domaine du logement, le nouveau gouvernement a-t-il des projets importants ?

Marie BONNET

Les investissements immobiliers sont plutôt faibles à l'heure actuelle. De nombreux bureaux et logements ont été construits au début des années 90, à tel point que le stock de bureaux et logements vacants est encore important. Les besoins portent donc moins sur des programmes de construction que sur des programmes de rénovation et de réhabilitation.

Jean-Paul BLUM, de la salle

Monsieur Gardère a évoqué les nouvelles compétences dévolues aux collectivités territoriales en matière d'investissement. Ce processus offre-t-il des opportunités aux entreprises françaises ?

Marie BONNET

La décentralisation en Thaïlande est encore un processus balbutiant. Après avoir décentralisé les responsabilités, il faudra en effet encore décentraliser les financements... Et s'il est vrai que les collectivités locales thaïlandaises sont aujourd'hui intéressées par le développement de méthodes visant à attirer les investisseurs étrangers dans leur région, force est de reconnaître que le développement économique de la Thaïlande s'est pour l'heure concentré sur quelques zones très étroites, abritant l'essentiel de la population et les principales infrastructures du pays.

Pour les collectivités, il s'agira plutôt d'attirer des investissements dans le secteur de l'environnement, dont j'ai dit qu'il allait fortement monter en puissance, ainsi que dans le domaine de l'industrie agroalimentaire.

La situation économique et politique du Laos

Yves BOURDET,
Professeur en sciences économiques, Université de Lund

Je suis fonctionnaire suédois, bien que d'origine française. Le gouvernement suédois se préoccupe d'impliquer la société civile, en particulier l'Université, dans la définition de la politique d'aide au développement. Cette démarche, spécifique à la Suède, me paraît très intéressante, notamment pour un pays comme le Laos, pays à parti unique dont les médias occidentaux ne font pratiquement jamais mention. C'est seulement depuis l'année dernière, après les attentats commis à Vientiane, que l'on a pu lire quelques commentaires critiques sur l'immobilisme politique du pays. Pour comprendre la situation actuelle du pays, il faut remonter au congrès du Parti communiste laotien en 1995, où les conservateurs ont pris le pas sur les réformateurs, qui ont été éliminés. Sur huit membres actuels du Bureau politique, sept sont des officiers ou d'anciens généraux de l'Armée de Libération Nationale, les durs du régime.

Certains soutiennent que cette vague d'attentats pourrait tout aussi bien être attribuée aux dissensions qui traversent le pays, entre pro-Chinois et pro-Vietnamiens, entre le sud et le nord, entre la jeune génération et les plus âgés. Mais cette thèse ne recueille guère les suffrages de ceux qui connaissent bien le Laos, lesquels préfèrent voir dans ces attentats des manifestations d'affrontements de nature économique. Ces deux thèses ne sont d'ailleurs pas forcément incompatibles. Le prochain congrès du Parti communiste laotien, dans trois mois, fournira sans doute d'utiles éclairages sur ce point.

Depuis la fin des années 1980 et le début de la politique d'ouverture, on peut distinguer trois sous-périodes. La première commence en 1987, avec une série de réformes d'ordre systémique : démantèlement de l'économie planifiée, encouragement des investissements étrangers dans les secteurs où le Laos détient un avantage comparatif, comme les ressources naturelles, ou les biens industriels à forte intensité de travail. Ces réformes sont accompagnées d'une politique macroéconomique qui s'attaque, avec un certain succès, à l'inflation galopante au Laos, et réussit à stabiliser le taux de change vis-à-vis du dollar. Enfin, le troisième volet de ces réformes consiste en une ouverture de l'économie laotienne à l'extérieur, notamment par le biais de la diminution des droits de douane. Cette première période est appelée Nouveau Mécanisme Economique.

La deuxième période s'ouvre avec le 6ème congrès du Parti communiste. L'autonomie qui avait été concédée aux banques est progressivement supprimée. Dès lors, la perspective du développement du pilier essentiel de toute économie de marché - un système financier autonome - s'éloigne. Le Laos subit ensuite de plein fouet l'impact de la crise thaïlandaise, en 1997. Le système financier est pratiquement en faillite, avec un pourcentage de prêts non recouvrables qui avoisine les 70 %. Nombre de personnalités proches du pouvoir ont bénéficié de prêts pratiquement sans garanties. L'économie laotienne est aujourd'hui une économie « dollarisée » : les Laotiens retirent leurs avoirs libellés en kips pour les placer en dollars ou en bahts thaïlandais. Enfin, un grand programme d'autosuffisance alimentaire dans le sud du Laos, basée sur le développement des cultures de riz irriguées, finit d'engloutir les ressources économiques du pays. L'agriculture pèse encore près de 55 % de la production nationale laotienne. Il s'agit pour l'essentiel d'une agriculture de subsistance, sur laquelle l'instabilité économique n'a pas d'incidence. Mieux, avec la dévaluation très importante, les produits agricoles laotiens ont retrouvé leur compétitivité à l'exportation.

Une troisième période s'est ouverte au printemps 1999. Le gouvernement a commencé par vendre des bons du Trésor pour tenter d'absorber les liquidités. Selon les recommandations du FMI et de la Banque mondiale, la Banque centrale a repris en main les banques publiques et les a recapitalisées. La situation économique s'est très rapidement améliorée : l'inflation a été ramenée à 15 % et le taux de change a pu être stabilisé autour de 8 000 kips pour 1 dollar. Certes, les statistiques officielles ont tendance à sous-estimer la production agricole, en vue d'afficher des taux de croissance de la production plus élevés. Mais la situation présente est en nette amélioration. L'économie laotienne a bénéficié d'aides considérables de la part de la communauté internationale et des pays voisins. Ces dons constituent quelque 20 % du PIB, ce qui est énorme. 80 % des dépenses publiques d'investissement sont financés par les pays donateurs. Ils sont de surcroît très concentrés sur des secteurs comme les transports ou les technologies de communications.

On peut d'ailleurs s'interroger sur la qualité de l'aide apportée par les pays donateurs. On sait que les militaires, qui sont au pouvoir, adorent asphalter les routes, pour faciliter le transport des troupes. On sait que l'armée est très impliquée dans l'économie laotienne, qu'elle contrôle par exemple des entreprises de production de bois d'exportation à destination de la Thaïlande. Mais les secteurs qui favorisent le développement à long terme, comme la santé ou l'éducation, sont pratiquement délaissés. Les enseignants des écoles primaires ne touchent plus de salaires, des écoles ferment dans les provinces. Les pays donateurs portent une partie de la responsabilité. De plus, 60 % de l'aide se fait maintenant sous forme de prêts, contre 40 % auparavant. La part des aides multinationales est, quant à elle, passée de 40 % à 30 %. Deux pays ont profité du vide laissé par les pays donateurs pour augmenter leur présence économique, politique et idéologique : la Chine, qui a notamment consenti un énorme prêt pour stabiliser la monnaie laotienne, mais aussi le Vietnam. C'est ce pays qui a le plus accru sa présence au Laos ces dernières années.

De la salle

Pouvez-vous nous dire quelques mots des investissements privés occidentaux dans cette région du monde ?

Yves BOURDET

Vous trouverez dans le document qui vous a été distribué tous les investissements occidentaux depuis le début des années 1990. Vous pourrez constater que les investissements français sont concentrés dans les secteurs du textile et des services, en particulier le tourisme.

De la salle, prince, Assemblée des représentants du Laos à l'étranger

Lors de vos contacts avec les autorités laotiennes, avez-vous eu l'occasion d'échanger vos points de vue concernant la diaspora laotienne à l'étranger ? En 25 ans, nous avons en effet eu l'occasion d'envoyer nos enfants étudier dans les meilleures universités du monde. Nous sommes par conséquent prêts à apporter notre soutien à la reconstruction du pays. Ainsi, si vous n'avez pas encore eu l'occasion de le faire, je vous serais reconnaissant de soulever ce problème lors de l'un de vos prochains voyages au Laos.

Charles DESCOURS

Nous comprenons très bien votre préoccupation, laquelle est présente dans l'esprit de tous les hommes politiques français. Mais le Parlement français ne saurait s'immiscer dans les affaires intérieures du Laos.

Yves BOURDET

Etant universitaire, je suis un peu plus libre de m'exprimer sur ce point. Force est de reconnaître qu'à l'intérieur du Parti, peu de choses ont évolué. Cela dit, il faut prendre en compte le formidable potentiel humain que constituent, pour le Laos, les compétences de la diaspora, de tous ceux qui ont dû fuir leur pays en 1975 et de leurs enfants.

A l'automne, le fils du légendaire Prince rouge, ex-ministre des Finances, a quitté le Laos et s'est réfugié en Nouvelle-Zélande. Cette défection de taille semble liée, en réalité, à la relecture de l'histoire communiste, qui ne fait plus la part aussi belle à la famille de Souvanophong...

De la salle

Vous avez dit que l'aide internationale représentait 20 % du PNB laotien. Cette aide profite-t-elle réellement au développement du pays ou bien remplit-elle les poches de la nomenklatura du Parti ?

Yves BOURDET

Les pays donateurs devraient en effet réfléchir à ce qu'ils font. L'aide étrangère est concentrée sur les services et les centres urbains, où se trouvent à peine 20 % de la population. Les dernières études ont d'ailleurs montré que les inégalités de revenus entre les différentes provinces laotiennes se sont creusées considérablement. Il faut en effet veiller à mieux répartir l'aide internationale.

De la salle, Union nationale pour la démocratie

L'aide étrangère ne doit pas être engagée au Laos sans avoir obtenu des garanties quant au respect des libertés fondamentales et des droits de l'homme, faute de quoi elle ne fera que renforcer le régime totalitaire en place.

Les financements bilatéraux et multilatéraux

Rémi VAN LEDE,
Chef de Bureau Asie de l'Est-Océanie, DREE

 

 

I. Les financements bilatéraux et multilatéraux à destination de la Thaïlande

 

La Thaïlande a été le premier pays touché par la crise asiatique, en 1997. Une enveloppe totale de 17 milliards de dollars avait alors été mise en place pour stabiliser la situation. L'objectif fixé au départ a ainsi pu être atteint et la Thaïlande a annoncé, à la fin du mois de septembre 1999, qu'elle ne tirerait plus ni sur les lignes FMI ni sur les lignes bilatérales correspondantes.

Les principaux donateurs multilatéraux sont la Banque Mondiale, avec un encours qui se monte à près de 3 milliards de dollars, et la Banque Asiatique de Développement, qui a accordé 81 prêts depuis 1968 pour un montant total supérieur à 5 milliards de dollars et un encours actuel de 2,5 milliards de dollars. Depuis novembre 2000, la BAD dispose d'une représentation permanente à Bangkok. L'Union européenne intervient également avec des financements modestes et le fonds fiduciaire ASEM, géré par la Banque Mondiale, dont la Thaïlande a récemment pu bénéficier à hauteur de 17 %. Le Japon fournit également une aide très importante à la Thaïlande, aide dont les entreprises françaises peuvent parfois bénéficier, par exemple Alstom qui fournit des équipements dont le génie civil est assuré par des entreprises japonaises.

La dette extérieure thaïlandaise représente aujourd'hui environ 60 % du PIB.

Au plan des financements bilatéraux, les financements apportés par la France sont plutôt en diminution, selon la volonté de la Thaïlande de limiter le recours à des financements aidés. En 2000, 38 millions de francs ont été accordés par la France à la Thaïlande au titre de l'aide publique bilatérale. La Thaïlande bénéficie également de la procédure FASEP de dons ou d'avances remboursables.

En dehors des financements aidés, les exportations des entreprises françaises à destination de la Thaïlande sont garanties par la COFACE.

Je précise enfin que les engagements des banques françaises représentaient environ 8 % des encours bancaires étrangers en 2000.

 

II. Le Laos

 

La situation économique du Laos est significativement différente de celle de la Thaïlande. L'absence ou la faible présence des investisseurs étrangers souligne la forte dépendance de l'économie de ce pays par rapport à l'aide internationale. L'encours de la dette extérieure, contractée pour l'essentiel auprès d'organismes multilatéraux, s'est alourdi, pour représenter près de 80 % du PIB en 1999, contre moins de 45 % en 1996.

Les prêteurs multilatéraux du Laos sont d'abord la Banque Asiatique de Développement, dont l'encours se monte à 562 millions de dollars. Elle intervient surtout dans les secteurs des transports, du développement rural et de l'énergie. On trouve ensuite la Banque Mondiale, dont l'encours se monte à près de 400 millions de dollars.

Le Laos bénéficie également de financements bilatéraux japonais et français. Les secteurs d'intervention de l'aide française au développement sont le développement rural ou le financement des PME. Les financements de la COFACE sont quant à eux très limités. Les créances consolidées des banques françaises représentent près de 30 % des créances des banques étrangères, mais pour des montants très limités.

Pour financer une activité en Thaïlande et au Laos, il convient donc de considérer les financements bilatéraux et de prendre contact avec le PEE de Manille. Vous pouvez également prendre contact auprès de la cellule Entreprises de la représentation permanente de la Communauté. Vous trouverez toutes les coordonnées sur notre site internet.

Le nouveau dispositif d'aide du BOI

Duangjai ASAWACHINTACHIT,
Directrice du Thailand Board of Investment à Paris

En dépit des incertitudes concernant ce que sera la politique économique de la nouvelle majorité, je tiens à vous assurer que nous continuerons à favoriser le développement des entreprises et que le dispositif d'incitations ne sera aucunement réduit. Nos nouveaux dirigeants sont très réalistes et savent que notre pays a encore besoin des investissements étrangers. Ils veilleront donc à maintenir un environnement favorable.

 

I. Le Board of Investment

 

Notre rôle est en premier lieu de réduire le coût des investissements initiaux à travers des incitations fiscales. Nous cherchons également à éliminer les risques associés aux investissements. Nous apportons également des services de soutien aux entreprises, sur lesquels je reviendrai.

 

II. Les politiques d'incitation

 

Plusieurs principes sont à la base de nos politiques d'incitation. En premier lieu, nous continuons à mettre l'accent sur la décentralisation, qui a été engagée à la fin des années 1980. Nous avons encore renforcé l'aide en faveur des provinces ou des zones éloignées de Bangkok. La Thaïlande est actuellement divisée en trois zones. Bangkok et cinq provinces voisines reçoivent les incitations les moins importantes. Les provinces qui entourent cette zone 1 constituent la zone 2, qui bénéficie d'aides plus importantes. Enfin, le reste du pays, soit 58 provinces, est classé en zone 3.

· En zone 1, nous offrons 50 % de réduction sur les droits de douane et trois années d'exonération d'impôt sur les bénéfices et le chiffre d'affaires. Si les sociétés souhaitent importer des biens d'équipement, elles bénéficient également d'une exemption.

· En zone 2, la durée de l'exonération d'impôt sur les sociétés est portée à cinq ans.

· Pour la zone 3, cette durée d'exonération totale est portée à huit années, plus cinq années au cours desquelles l'impôt sur les sociétés est réduit de 50 %.

Par ailleurs, nous poursuivons notre effort visant à satisfaire nos obligations internationales, notamment en réduisant nos exigences de contenu local et l'obligation d'exportation. Désormais, les investisseurs peuvent détenir 100 % des actifs implantés sur le sol thaïlandais et ne sont plus obligés d'exporter une part de leur production. Nous poursuivons également la libéralisation de bon nombre de secteurs industriels ou de services. Nous savons en effet que nous aurons besoin d'investissements étrangers ultérieurs dans ces secteurs.

Un troisième volet, plus récent, de nos politiques d'incitation vise à améliorer la compétitivité de l'industrie thaï dans son ensemble. Le Board of Investment cherche par exemple à encourager la certification de nos entreprises selon les normes internationales comme ISO 9000.

Je précise que nos politiques ne sont pas rétroactives. Cela signifie que les incitations accordées préalablement à la mise en place de la nouvelle politique ne seront pas remises en cause.

Après six mois, le premier bilan que le BOI tire de cette nouvelle politique est très encourageant. L'investissement étranger direct a augmenté, en 2000, de près de 60 %. Nous regrettons néanmoins la relative faiblesse des investissements français.

De la salle

Pouvez-vous nous donner des détails sur vos engagements vis-à-vis de l'OMC ?

Duangjai ASAWACHINTACHIT

Nos engagements sont à la fois multilatéraux et bilatéraux, à travers l'ASEAN et d'autres instances. Le BOI, pour ce qui le concerne, est engagé par deux accords, concernant par exemple les subventions et les mesures d'équilibrage. Au titre de cet accord, nous devons éliminer graduellement les subventions à l'exportation d'ici le 1er janvier 2003. Le BOI a décidé de lever tous les dispositifs de ce type depuis août 2000.

De la salle

Quelles sont les perspectives en matière de services de télécommunications à valeur ajoutée ?

Duangjai ASAWACHINTACHIT

C'est un marché doté d'un énorme potentiel de développement. Une plus grande compétitivité ne peut être que favorable au consommateur, et c'est sans doute l'orientation qui sera suivie par la nouvelle administration. Le Premier ministre est lui-même un homme d'affaires qui vient de ce secteur. Nous espérons donc voir se développer un plus fort degré de concurrence entre les entreprises dans ce secteur.

De la salle

Dans les technologies de pointe, nombre d'entreprises américaines et européennes actives dans les marchés de l'ASEAN craignent le piratage, les hackers informatiques. Quelles mesures sont prises par le BOI à cet égard ?

Duangjai ASAWACHINTACHIT

Le problème du piratage et des copies illicites n'est en rien spécifique à la Thaïlande. Comme l'a expliqué Madame Bonnet, les autorités françaises travaillent en étroite collaboration avec le Département de la propriété intellectuelle du gouvernement thaïlandais. Le BOI, quant à lui, s'occupe plutôt des incitations fiscales. Nous avançons sur ce sujet, mais cela prend un certain temps.

De la salle

Un calendrier a-t-il été publié pour le programme de privatisations des entreprises publiques ?

Duangjai ASAWACHINTACHIT

Malgré les incertitudes politiques actuelles, l'objectif du programme de privatisations demeure l'amélioration du fonctionnement des entreprises publiques. Je ne suis toutefois pas en mesure de vous donner des précisions quant au calendrier relatif à la mise en oeuvre de ce programme. Mais quelle que soit la formule adoptée par le nouveau gouvernement, l'objectif d'amélioration du fonctionnement des entreprises publiques demeure.

L'environnement des affaires en Thaïlande :
restructuration financière et évolution monétaire

Denise FLOUZAT,
administrateur délégué, Fondation de la Banque de France
pour la recherche économique et monétaire

La crise qui s'est ouverte le 2 juillet 1997 par la dévaluation du baht a plombé l'économie thaïlandaise pendant dix-huit mois. Depuis 1999, la reprise est là. A-t-on retrouvé pour autant le chemin d'une croissance rapide, suffisamment stable et durable pour rattraper les pays développés ? La chute de la bourse et du baht en 2000 a en effet révélé les fragilités qui empêchent la reprise de se transformer en véritable émergence de l'économie.

Je ne reviendrai pas sur l'explosion de la bulle financière. C'est après beaucoup d'hésitations que le gouvernement thaïlandais a accepté, en août 1997, de recourir à l'aide du FMI, dans le cadre d'un accord portant sur 17,2 milliards de dollars. Mais les tirages ne pourraient être opérés qu'au terme de lettres d'intentions prévoyant des changements dans le domaine des structures financières.

Face à cette crise, la politique de la Banque centrale tient en trois points.

D'abord, elle a adopté une politique de flottement contrôlé du baht, après l'abandon de la politique de change fixe qui avait fortement contribué au déclenchement de la crise. Aussi ne s'est-elle pas inquiétée de la chute de la monnaie en 2000, qu'elle impute pour partie au remboursement de la dette extérieure.

Une politique de taux d'intérêt élevé, pratiquée d'abord pour tenter de contrôler la bulle, est désormais conduite pour se conformer à la politique restrictive préconisée par le FMI. Cette politique a été quelque peu relâchée à partir d'octobre 1998, alors que les effets de la crise commençaient déjà à s'estomper. Aujourd'hui, une politique monétaire accommodante contribue à la relance de l'activité économique.

Dans le domaine de l'assainissement du secteur financier, en troisième lieu, il semble que la Banque centrale ait tardé à mettre en place un dispositif efficace. On a tout d'abord observé une accélération des engagements de la Banque centrale à l'égard des banques privées, qui a entraîné dans un premier temps le maintien d'une croissance des crédits après l'éclatement de la crise. Mais cela n'a fait que retarder et aggraver le problème. La gestion des premiers mois de la crise aura donc été particulièrement coûteuse : c'est en Thaïlande que le credit crunch aura été le plus sévère, avec l'Indonésie.

L'État thaïlandais, contrairement à ses homologues sud-coréens et indonésiens, est de tradition libérale. Il s'est par conséquent refusé à exercer une pression trop importante sur les débiteurs, et ce sont les banques elles-mêmes qui ont dû mettre en place des structures de défaisance pour les créances irrécouvrables. La conséquence de cette démarche décentralisée est que le nettoyage des bilans des banques privées a sans doute été plus lent qu'ailleurs, mais a contribué à faire évoluer les mentalités et à davantage responsabiliser les actionnaires.

L'accord stand-by conclu par la Thaïlande avec le FMI a été achevé le 19 juin 2000. Au total, 14,1 milliards de dollars auront été tirés, sur les 17,2 milliards initialement prévus. Le premier remboursement au FMI a eu lieu en novembre 2000. Un rapport présenté le 25 juin 2000 par Stanley Fischer, vice-président du FMI, avait conclu que les faibles taux d'intérêt avaient été décisifs pour faciliter le service de la dette des entreprises et pour restaurer la santé du système financier. Un nouveau rapport établi par le Fonds, six mois plus tard, à la fin de l'année 2000, tire quant à lui des conclusions à la fois encourageantes, fermes et prudentes. Certes, la restructuration financière a été conduite, les banques privées ont adopté les standards internationaux de contrôle de leur solvabilité. Mais les réformes doivent être poursuivies. Le processus d'assainissement bancaire est rendu difficile par la politique des groupes industriels débiteurs qui se contentent généralement d'échelonner leurs prêts dans l'attente du retour à une situation bénéficiaire. Cela crée une situation dommageable pour les PME-PMI qui ne peuvent pas recourir aux financements de marchés.

Cependant, la restructuration de la dette privée s'opère lentement. Une institution judiciaire a été instituée afin de prononcer les faillites et les banques semblent se montrer plus fermes vis-à-vis de leurs débiteurs depuis quelques mois. Pour stimuler la poursuite de l'effort de restructuration, le Fonds a considéré dans son dernier rapport trois éléments essentiels.

· La tâche prioritaire du nouveau gouvernement sera d'accélérer les réformes pour conduire à une restructuration de la dette des entreprises.

· Le traitement rapide des créances douteuses devra être assuré dans les banques d'État dans les compagnies qui gèrent les actifs.

· L'indépendance de la Banque de Thaïlande devra être respectée.

La Thaïlande ne doit pas perdre de temps pour mener à bien les réformes nécessaires. L'attentisme semble être la nouvelle forme de crise que pourrait connaître la Thaïlande ou l'Asie dans son ensemble. La reconquête de la confiance passe par l'accélération des réformes, tâche certes difficile à court terme mais profitable pour l'avenir de la Thaïlande.

Réformes des lois économiques

Dan POLLAK,
Pollak & Co

Trois lois sont venues récemment compléter la refonte du système légal thaïlandais :

· la loi sur le recouvrement des créances de faible importance ;

· la loi sur les voies d'exécution civile ;

· la loi sur les saisies et hypothèques.

Un deuxième grand train de réformes a trait à la loi sur les faillites. La création de la Cour centrale des faillites, un tribunal spécialisé, permet d'accélérer les procédures, en supprimant le niveau d'appel intermédiaire.

Le troisième grand volet de réformes légales a trait à l'immobilier. On sait que la surévaluation des actifs immobiliers est grandement à l'origine de la crise asiatique. La loi sur la location de biens immobiliers à vocation industrielle ou commerciale, en particulier, permet d'obtenir des baux de longue durée qui peuvent servir de garantie d'emprunt, être transférés, transmis dans le cadre d'une succession. La durée maximale des baux est ainsi portée à 50 ans, avec possibilité de renouvellement. Toujours dans ce volet immobilier, il faut citer la loi sur les appartements en copropriété, qui permet aux étrangers d'acheter jusqu'à 49 % des superficies privatives des logements en construction. Des décrets ultérieurs ont relevé ce seuil à 100 % dans certaines régions particulièrement touchées par la crise immobilière.

Dans le domaine du contrôle des prix, les réformes visent à mettre la législation thaïlandaise en conformité avec les préconisations de l'OMC. Mais au-delà des évolutions législatives, il faudra un peu de temps pour que les mentalités du monde économique thaïlandais évoluent et que cette loi soit réellement appliquée.

Je citerai enfin la loi qui est à mes yeux la plus importante, la « loi sur les affaires des étrangers ». Contrairement à d'autres pays en développement, la Thaïlande ne s'est jamais dotée d'une loi sur les investissements. C'est assez récemment qu'est apparue la nécessité de limiter l'accès des étrangers aux affaires thaïlandaises. Cette loi, peu adaptée aux conditions de développement d'une économie moderne, a été abrogée en 1998 et doit être remplacée par la loi sur les affaires des étrangers, dont on attend toujours les décrets d'application. Pourtant, le Ministère du Commerce a élaboré sa propre politique d'accueil des demandes d'investissement dans le cadre de la nouvelle loi. Ainsi, 137 licences ont été accordées entre le 3 mars 2000 et le 1er janvier 2001, tandis 33 certificats étaient émis sous l'égide du Board of Investment (BOI). Il est à noter qu'un investisseur peut choisir entre le régime de droit commun, c'est-à-dire la nouvelle loi, et le régime du BOI, dont la création a été décidée par une loi spécifique.

Il existe ainsi une série de lois spécifiques et de longues listes de mesures d'incitation ou d'exonérations fiscales. Le gouvernement précédent avait notamment mis en place toute une série de mesures de soutien aux PME-PMI.

Les entreprises françaises en Thaïlande et au Laos

Jean-Marie PITHON,
Président de Dextra

Je dirige un groupe de PME qui fabrique des produits et vend des services spécialisés dans le secteur de la construction, en particulier destinés aux grands projets d'infrastructures tels que des routes ou des barrages. Par opposition aux sujets de fond qui ont été abordés par les intervenants précédents, je vais me placer d'un point de vue plus microéconomique.

 

I. Pourquoi s'intéresser à la Thaïlande ?

 

La Thaïlande est un pays stable politiquement. La monarchie en place depuis plus de 55 ans est garante de cette stabilité. C'est également une démocratie bien enracinée. On trouve en Thaïlande une situation d'osmose ethnique et religieuse, qui tranche singulièrement avec certains pays voisins. Même les Chinois d'immigration récente ont pris des noms thaïs et se sont bien intégrés dans la communauté. De surcroît, la Thaïlande est un pays agréable : c'est « le pays du sourire ». Elle offre enfin une conjoncture (sortie de crises) pleine d'opportunités : il y a en effet de nombreuses affaires à saisir.

Le marché domestique thaïlandais est important : 62 millions d'habitants, avec un PNB moyen de 2 300 dollars, plus proche de 5 000 à 6 000 dollars dans les grandes villes. L'économie thaïlandaise croît régulièrement au rythme de 5 % par an, voire de 10 % pour ce qui est de la consommation privée. La classe moyenne est en très fort développement.

Si certains secteurs sont très porteurs, comme l'automobile, le tourisme (en train de monter en gamme) et l'agroalimentaire, d'autres sont plutôt sinistrés, comme la finance, la construction ou l'industrie lourde.

Enfin, la Thaïlande constitue une base industrielle et commerciale très intéressante, du fait de sa localisation géographique, d'une classe ouvrière lettrée et plutôt bien formée, d'un encadrement moyen dont la qualité ne cesse de croître et d'un coût complet attractif.

 

II. Les difficultés pour les PME

 

La Thaïlande est le pays du compromis, marqué par une lenteur de décision proverbiale. L'administration est elle aussi particulièrement lourde, mais efficace. La transition politique actuelle, enfin, ne contribue pas à dynamiser l'activité économique.

Pour une PME, les pièges à éviter sont assez nombreux. Il faut bien choisir ses buts et son type d'implantation, ne pas oublier de changer de vitesse et de taille, ne pas se fier à l'apparence et surtout ne pas se laisser bercer par l'ambiance (soleil et sourire).

En tant que dirigeant d'un groupe de PME implanté dans plusieurs pays d'Asie, je suis en mesure d'effectuer quelques comparaisons. Je pense que la Thaïlande recèle beaucoup d'atouts. Elle demeure notre meilleure base de direction régionale et de production industrielle, pour le marché local comme pour l'export. Mais comme partout, rien n'est facile : il faut bien définir son projet ! Nous sommes là pour vous y aider. Alors, à bientôt à Bangkok !

Jean-Marc PHILIPPOT,
Vice-Président Asie, Sogreah

La Sogreah est un groupe de conseil spécialisé dans l'aménagement et l'environnement. Nous réalisons 300 millions de francs de chiffre d'affaires et employons 500 personnes, à travers 12 agences en France et des références dans une dizaine de pays dans le monde.

La Thaïlande est un pays d'une superficie comparable à celle de la France. Nous avons travaillé dans ce pays sur des projets d'infrastructures portuaires, de centrales à cycle combiné, etc. Nous travaillons actuellement, grâce à l'aide du PEE, sur les déchets de la ville de Bangkok. Dans la région, la nappe phréatique affleure le sol, ce qui fait que toute décharge risque d'entraîner une pollution des ressources en eau. Nous avons conduit une étude concernant la collecte, le traitement et l'élimination des déchets, soit 8 000 tonnes par jour pour le grand Bangkok. Nous travaillons également sur la réhabilitation de la centrale de Bang Pakong, une centrale à cycle combiné qui fut, il y a 25 ans, la plus grande du monde.

Au Laos, nous travaillons plutôt sur des projets de grosses infrastructures, notamment des infrastructures hydrauliques. Nous sommes ainsi impliqués dans le petit projet hydroélectrique de Nom Leuk, un barrage situé dans un parc national et est financé par des prêts bancaires. Je citerai également le projet d'irrigation de Tan Piao, qui bénéficie quant à lui d'un financement AFD.

Laos et Thaïlande sont deux des pays de la zone que l'on appelle le Grand Mékong. Mais c'est la Thaïlande qui tient une place centrale dans cette zone, notamment du point de vue de l'approvisionnement énergétique. L'énergie produite à Nom Leuk pourrait ainsi être vendue à la Thaïlande.

En guise de conclusion, je voudrais vous dire que les PME et les PMI ont encore leur chance, dans ces pays, face aux grandes entreprises. La fidélité et la franchise sont en effet des vertus respectées au Laos comme en Thaïlande. La technicité française, mais aussi le pragmatisme des Français, sont également reconnus.

Le Groupe sénatorial d'amitié
France-Asie du Sud-Est

Composition du Bureau



Président :

M. Jacques VALADE (RPR)

Présidents délégués :

M. Jacques CHAUMONT (Pour la Malaisie) (RPR)
M. Charles DESCOURS (Pour la Thaïlande) (RPR)
M. Hubert DURAND-CHASTEL (Pour la Birmanie) (NI)
M. Jean FAURE (Pour les Philippines) (UC)
M. Claude HURIET (Pour l'Indonésie) (UC)
M. Dominique LECLERC (Pour le Brunei) (RPR)

Vice-Présidents :

M. Louis BOYER (RI)

 

M. Charles de CUTTOLI (RPR)

 

M. Lucien NEUWIRTH (RPR)

 

M. François TRUCY (RI)

Secrétaires :

M. Georges BERCHET (RDSE)

 

Mme Paulette BRISEPIERRE (RPR)

 

M. Louis MOINARD (UC)

Trésorier :

M. André BOYER (RDSE)

Secrétaire exécutif :

Mme Françoise DUVAIL-BONNOR

Tél. : 01.42.34.23.10

Fax : 01.42.34.31.28

Courrier électronique : f.duvail-bonnor@senat.fr

Le Groupe sénatorial d'amitié
France-Cambodge et Laos

Composition du Bureau




Président :

M. Christian de LA MALENE (RPR)

Président délégué :

M. Jean FAURE (Pour le Laos) (UC)

Vice-Présidents :

M. Léon FATOUS (SOC)

 

M. Jean PUECH (RI)

Secrétaires :

M. Ambroise DUPONT (RI)

 

M. Hubert DURAND-CHASTEL (NI)

Trésorier :

M. Jacques LEGENDRE (RPR)

Secrétaire exécutif :

Mle Anne MARQUANT

Tél. : 01.42.34.23.17

Fax : 01.42.34.26.06

Courrier électronique : a.marquant@senat.fr

Colloque organisé sous l'égide des Groupes sénatoriaux d'amitié
France-Asie du Sud-Est et France-Laos et Cambodge
par la Direction des Relations internationales du Sénat
et la Direction de l'Information économique et réglementaire du C.F.C.E.
Pour toute information sur les colloques Sénat-CFCE, vous pouvez contacter
le Service des Relations internationales du Sénat :
M. Marc LE DORH, Administrateur principal des services du Sénat
Tél : 01.42.34.30.52 - Fax : 01.42.34.27.99 - Courrier électronique : m.ledorh@senat.fr
ou consulter le site internet du Sénat : www.senat.fr/international

Synthèse réalisée en temps réel par la société Hors Ligne - 01-44-14-15-00