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L'activité de vos sénateurs mars 2005-numéro 23-
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Dès 1980, le Sénat a engagé une réflexion sur la fin de vie, à l’occasion de la discussion de la proposition de loi du sénateur Henri Caillavet relative au droit de vivre sa mort. Cette question centrale d’éthique a, plus récemment, fait l’objet d’une étude de législation comparée du Sénat sur les droits du malade en fin de vie en Europe. Le mois prochain, les sénateurs étudieront la proposition de loi "Droits des malades et fin de vie", votée par les députés en première lecture. Dans cette perspective, à l’initiative de Nicolas About (Yvelines, UC-UDF) son président, la commission des affaires sociales a organisé une table ronde sur "Conscience et fin de vie", réunissant plusieurs courants de pensée.




Pour en savoir plus
- Étude de législation comparée "les droits du malade en fin de vie" n° 139, novembre 2004
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Photo : Mgr Minnerath
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Mgr Roland Minnerath

archevêque de Dijon

Le rôle du médecin consiste à entretenir la vie

"Nous nous réjouissons de la convergence des grandes familles de pensée sur la fin de vie. La vie est une valeur indisponible, nul ne pouvant disposer de sa vie ou, a fortiori, de celle d’autrui. Le rôle du médecin consiste à entretenir la vie, toutefois sans se livrer à un acharnement thérapeutique. Si des courants philosophiques mettent en avant la liberté absolue de l’homme, d’autres définissent la liberté comme la capacité d’assumer chaque moment de sa vie, y compris celui d’approche de la mort. Nous savons les difficultés à distinguer la frontière entre le soin palliatif et le soin létal. Il est important de savoir avec quelle intention ce soin est administré, la situation différant selon qu’il vise à soulager la douleur, ou, au contraire, à hâter la mort. Un médecin ne commet pas un homicide en renonçant à des soins curatifs inutiles."

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Photo : Michel Gugenheim
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Michel Gugenheim

grand rabbin, directeur du séminaire israélite de France

Pas d’obstination déraisonnable…

"L’interdit de tuer est érigé en tabou absolu dans la plupart des sociétés. La Torah compte 365 interdits. Parmi ces commandements, 362 peuvent être l’objet de transgressions ou d’aménagements, quand les circonstances et le respect de la vie l’exigent. L’interdit de tuer, étendu aux atteintes indirectes à la vie, ne souffre pas d’exception, sauf le fait justificatif de la légitime défense. La souffrance ne constitue pas une exception. La ligne de partage, en matière d’accompagnement des mourants, se situe entre la privation des soins essentiels, condamnable, et le refus de l’acharnement thérapeutique, en lui-même excusable. Il en résulte que si la vie peut être prolongée, elle ne doit pas l’être au prix d’une obstination déraisonnable."
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Photo : Sadek Beloucif
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Sadek Beloucif
médecin, membre du Comité national consultatif d’éthique


Oui à l’"exception" d’euthanasie


"Les débats engagés au Parlement ont permis d’apaiser les termes d’un sujet propice aux oppositions et d’aboutir à un texte consensuel. Il permet notamment de tracer une voie française de l’accompagnement de la fin de vie soutenue par tous, à la différence de pays comme la Hollande, où la dépénalisation de l’euthanasie a eu pour conséquence de susciter des oppositions plus prononcées. Nous saluons également la position prise par le comité d’éthique qui, en proposant une "exception d’euthanasie", a entendu affirmer son refus de la dépénalisation et sa volonté de n’envisager qu’au cas par cas des transgressions individuelles à cet interdit. Il serait notamment inquiétant que l’euthanasie soit légalisée, c’est-à-dire que soit étatisée une transgression de l’interdit de mettre fin à une vie."
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