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L’adolescence en crise

En vue de la conférence de la famille 2004, un groupe d’étude de la commission des affaires sociales du Sénat a rédigé un rapport, rendu public le 9 avril 2003, sur l’adolescence en crise. Jean-Louis Lorrain (UMP, Haut-Rhin) préconise trois axes de travail : La réorganisation de la prise en charge sanitaire des adolescents, la réforme de la filière de formation des éducateurs et une réflexion sur la mise en place d’une politique publique en faveur des adolescents.





Pour en savoir plus
- Rapport d’information L’adolescence en crise ; n° 242 (2002-2003) -

Claire Brisset
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Claire Brisset

Défenseur des enfants

Les adolescents ne donnent pas à ce qui les concerne la même dimension que les adultes

"Seuls 15 % des adolescents traversent une période de malaise plus ou moins aigu, mais leur souffrance peut les mener à des comportements hétéro- ou auto agressifs. La crise d’adolescence s’explique par la discordance entre l’évolution personnelle des jeunes et le monde qui les environne. D’abord, ils ne perçoivent pas le temps comme les adultes, et veulent des solutions immédiates à des problèmes qui nous paraissent de long ou moyen terme. Ensuite, ils ne donnent pas à ce qui les concerne, la même dimension que nous. Un échec scolaire aura, par exemple, peu d’impact sur eux, mais une grande importance pour leur famille […]. Ils sont, enfin, hypersensibles aux disputes avec la famille, aux peines de cœur, aux conflits avec les amis ou les professeurs. Ils éprouvent, en outre, un besoin structurel de s’opposer."
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Philippe Jeammet
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Philippe Jeammet

Chef du service Psychiatrie des adolescents et des jeunes adultes à l’Institut mutualiste Montsouris

L’adolescence n’est pas une maladie, mais a toujours été considérée avec méfiance par les sociétés

"L’adolescence résulte de la puberté et du mode de prise en charge du passage de l’enfance à l’état adulte par la société. Elle a toujours été considérée avec méfiance par les sociétés, car elle correspond au moment où l’inceste et le parricide deviennent possibles. Pour ouvrir l’enfant à l’exogamie et le séparer de son enfance, des rites d’initiation brutaux ont été organisés par les sociétés. Aujourd’hui, cette transition vers l’état adulte est moins structurée, et peut durer parfois une dizaine d’années. Cependant, l’adolescence reste marquée par la puberté, qui entraîne des changements relationnels vis-à-vis des parents. Elle rapproche l’enfant de ses parents, mais cette proximité corporelle leur devient gênante. Les enfants les plus proches des parents sont ceux qui doivent s’en éloigner le plus."
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Jean-Marie Petitclerc
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Jean-Marie Petitclerc

Directeur de l’association du Valdecco, chargé de mission au conseil général des Yvelines

Si la rue devient un lieu de vie pour un jeune, c’est le signe qu’il est marginalisé

"On mesure la marginalisation d’un adolescent au temps qu’il passe dans la rue : si celle-ci n’est qu’un espace de circulation, le jeune est bien intégré ; si elle devient un lieu de vie, il est marginalisé. L’une des difficultés de nos adolescents tient à ce que les trois catégories d’adultes “référents”, – les enseignants, les parents et les “aînés” – se […] dévalorisent en permanence. Les enseignants attribuent l’attitude des adolescents à la démission des parents ou à la rue. Les parents, tout en reconnaissant l’influence de la rue, estiment que les enseignants ne savent pas assurer la discipline. Les aînés expliquent aux adolescents que l’école ne sert à rien[…]. Dans un tel système, le risque pour l’adolescent, c’est la folie ou la violence. S’il devient violent, c’est presque signe de bonne santé !"
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