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ANGLETERRE ET PAYS DE GALLES
Actuellement, la plupart des couples qui souhaitent divorcer
choisissent la procédure " spéciale " prévue par
le Matrimonial Causes Act de 1973.
Rapide et très économique, elle est très critiquée,
notamment parce que :
- elle ne prend pas en compte les conséquences du divorce ;
- la trop grande célérité de la procédure
conjuguée à une information insuffisante du couple ne permet pas
d'encourager les époux à essayer de sauvegarder leur mariage.
C'est pourquoi le Family Law Act, adopté le 4 juillet
1996, introduit la notion nouvelle de divorce sans faute.
La réforme apporte deux changements importants. D'une part, elle
institue un délai de " réflexion et de
considération " (de neuf à quinze mois) pendant lequel
les époux sont invités à réfléchir sur les
conséquences d'un éventuel divorce et, en cas de rupture
irrémédiable, à trouver les arrangements
nécessaires. D'autre part, elle incite le couple à s'adresser
à des organismes de médiation pour trouver les solutions les plus
satisfaisantes pour eux-mêmes et pour leurs enfants.
La partie de la nouvelle loi sur la famille concernant le divorce sera mise en
application après la conclusion des projets-pilote lancés en 1996
et qui doivent durer au moins deux ans.
On a analysé la loi de 1973, encore en vigueur, et celle de
1996.
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La demande
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1) La procédure spéciale prévue par la
loi de 1973
Le
divorce se justifie par l'échec irrémédiable du mariage,
dont la preuve est établie par l'une des cinq circonstances
suivantes :
- le défendeur a commis un acte d'adultère rendant
intolérable au demandeur le maintien de la vie commune ;
- le défendeur s'est comporté de telle façon que le
demandeur ne peut raisonnablement continuer à vivre avec lui ;
- le défendeur a abandonné le demandeur depuis au moins deux
ans ;
- les époux vivent séparément depuis au moins
deux ans et le défendeur ne s'oppose pas au divorce ;
- les époux vivent séparément depuis cinq ans au
moins.
Dans tous les cas, la demande ne peut être présentée devant
le tribunal avant l'expiration d'un délai d'un an suivant le mariage.
La procédure spéciale s'applique à toutes les affaires
ne donnant pas lieu à contestation.
La requête se présente alors sous la forme d'une simple
déclaration sous serment.
2) Le divorce sans faute introduit par la réforme de
1996
Le motif
justifiant le divorce reste l'échec irrémédiable du
mariage. Cependant, la réforme permet de demander le divorce sur
simple déclaration unilatérale de l'échec du
mariage.
La procédure de divorce commence par un entretien obligatoire avec les
deux époux, qui sert à fournir des informations et des conseils
sur les possibilités d'accès aux services de conseil conjugal, de
médiation et de conseil juridique.
Elle permet aussi d'évoquer les conséquences qu'aurait la
poursuite d'une action en divorce tant au plan financier que, le cas
échéant, pour les enfants.
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La procédure
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1) La procédure spéciale prévue par la
loi de 1973
Le
contrôle du juge est pratiquement inexistant : la
procédure, très sommaire, évite l'examen du fond de
l'affaire et la comparution personnelle des époux.
Très rapide, entre quatre et six mois, cette forme de divorce a
été très critiquée, notamment parce qu'elle ne
permettait pas, selon ses détracteurs, de préserver les mariages
qui pouvaient l'être et repoussait à plus tard l'examen des effets
du divorce.
De plus, la procédure du divorce pour faute exacerbe le conflit entre
les parents, ce qui risque d'avoir des conséquences négatives
pour les enfants.
2) Le divorce sans faute introduit par la réforme de
1996
A la
suite de l'entretien d'information, s'ouvre une période de trois mois
à l'issue de laquelle la demande en divorce peut être
déposée.
C'est à partir de cette demande que débute la période de
" réflexion et de considération " d'une
durée de neuf mois portée à quinze mois s'il y a des
enfants de moins de seize ans ou si l'un des époux souhaite un
temps de réflexion plus long.
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Le règlement des effets du
divorce
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1) La procédure spéciale prévue par la
loi de 1973
Elle
prévoit que l'examen des questions accessoires se fait après le
prononcé du divorce.
La procédure spéciale peut donc être comparée
à une sorte de divorce administratif.
2) Le divorce sans faute introduit par la réforme de
1996
Les
couples doivent mettre à profit la période de réflexion
pour aboutir à un accord sur les conséquences du divorce :
l'accord financier peut faire l'objet d'une ordonnance du tribunal,
d'un accord négocié, d'une déclaration commune des deux
époux ou d'une déclaration de l'un d'entre eux ;
les époux doivent montrer au juge que les arrangements trouvés
sont satisfaisants pour leurs enfants.
L'absence de compromis sur un accord pendant cette période ouvre une
nouvelle période de réflexion.
L'accord doit être trouvé grâce aux informations fournies
lors de l'entretien préliminaire et avec l'aide des organismes de
médiation. Les avocats sont destinés à devenir le dernier
recours.
Le but de la réforme consiste à déjudiciariser le divorce
en détournant le règlement de ses effets accessoires vers la
médiation.
Depuis l'entrée en vigueur du Child Support Act en 1993, l'un des
aspects du règlement du divorce a été soustrait à
tout arrangement privé. La fixation des pensions alimentaires pour les
enfants a en effet été confiée à une agence
administrative spécialisée, la Child Support Agency. Les
obligations financières des parents envers leurs enfants
échappent dorénavant aux attributions des tribunaux.
Les changements opérés par la réforme de 1996 ont
également pour objectif d'éviter le tribunal, mais dans un sens
opposé puisque, loin de vouloir confier à un organisme
extérieur certaines conséquences du divorce, la loi cherche au
contraire à permettre aux parties d'élaborer leurs propres
décisions.
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