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Défense européenne : le défi de l'autonomie stratégique

Rapport d'information de M. Ronan LE GLEUT et Mme Hélène CONWAY-MOURET, fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées n° 626 (2018-2019) - 3 juillet 2019

Ce rapport remet en cause quelques idées reçues. Contrairement au pessimisme souvent de mise sur ce sujet, la défense européenne avance. Certes non pas comme un grand dessein structuré, encore moins sous la forme d'une utopique « armée européenne », mais par des réalisations progressives et protéiformes.

Nous avons trop souvent une vision franco-française de la question, sans nous interroger sur la vision de nos partenaires. Mais que voudrait dire faire la défense européenne sans les Européens ? Il faut se préoccuper aussi de leur perception des enjeux et de nos propositions. C'est pourquoi les rapporteurs se sont rendus dans sept pays européens et ont mené de nombreuses auditions à Paris.

Les rapporteurs ont constaté que certains concepts traditionnels, comme la dissuasion, sont flous ou source d'incompréhensions de la part de nos partenaires. Il en va de même de notre rapport à l'OTAN. Notre volonté légitime d'autonomie stratégique européenne est souvent comprise à tort comme un souhait de nous éloigner des Etats-Unis. Hors de France, personne ne conteste l'évidence : la défense de l'Europe est aujourd'hui encore assurée pour l'essentiel par l'OTAN, donc par les États-Unis. Assurer la défense de l'Europe sans les Etats-Unis coûterait 300 milliards d'euros aux Européens. Nos pays y sont-ils prêts ? C'est une réalité qu'il faut commencer par reconnaître, si l'on veut comprendre les positions de la plupart de nos partenaires et leur inquiétude vis-à-vis de certaines positions pouvant laisser penser que la France souhaiterait un désengagement des États-Unis, ce qui n'est pas le cas.

Mais l'Europe doit aussi être ferme : sa défense ne saurait s'acheter avec des contrats d'équipement. Le renforcement de la base industrielle et technologique de défense européenne (BITDE) est vital.

Le rapport conclut également que la défense européenne ne pourra se faire sans le Royaume-Uni, avec qui l'UE doit signer, dès que possible après le Brexit, un traité de défense et de sécurité afin de l'associer de façon flexible aux dispositifs de l'UE.

Le rapport formule 12 propositions pour répondre au défi de l'autonomie stratégique. Il s'agit de capitaliser sur ce qui marche, et d'aller ensemble plus loin.

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