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Le 22 mai 2013 |
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N° 150 SESSION ORDINAIRE DE 2012-2013 |
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rÉsolution
europÉenne sur le renouvellement du régime fiscal applicable au rhum traditionnel des départements d'outre-mer. |
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Est devenue
résolution du Sénat, conformément à l’article 73 quinquies, alinéas 4 et 5, du
Règlement du Sénat, la résolution adoptée par la commission des finances dont
la teneur suit : |
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Voir
les numéros : Sénat : 448,
525 et 574 (2012-2013). |
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Le Sénat,
Vu l'article 88-4 de la
Constitution,
Vu l'article 349 du traité
sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE),
Vu la décision n°
2007/659/CE du Conseil, du 9 octobre 2007, autorisant la France à
appliquer un taux d'accise réduit sur le rhum « traditionnel »
produit dans ses départements d'outre-mer et abrogeant la décision 2002/166/CE,
Vu la décision n° 896/2011/UE
du Conseil, du 19 décembre 2011, modifiant la décision 2007/659/CE en ce
qui concerne sa période d'application et le contingent annuel pouvant
bénéficier d'un taux d'accise réduit,
Vu la décision de la
Commission européenne du 27 juin 2007 autorisant l'aide d'État
n° 530/2006 « Taux d'accise réduit sur le rhum
"traditionnel" produit dans les départements d'outre-mer »
(C(2007) 647 final),
Vu le règlement (CE)
n° 110/2008 du Parlement européen et du Conseil, du 15 janvier 2008,
concernant la définition, la désignation, la présentation, l'étiquetage et la
protection des indications géographiques des boissons spiritueuses et abrogeant
le règlement (CEE) n° 1576/89 du Conseil,
Vu la résolution du
Parlement européen du 18 avril 2012 sur le rôle de la politique de
cohésion dans les régions ultrapériphériques de l'Union européenne dans le
contexte de la stratégie « Europe 2020 »,
Vu la communication de la
Commission européenne « La promotion et l'information en faveur des
produits agricoles : une stratégie à forte valeur ajoutée européenne pour
promouvoir les saveurs de l'Europe » du 30 mars 2012 (COM (2012)
148 final),
Vu les articles 403 du code
général des impôts et L. 245-9 du code de la sécurité sociale,
Vu le rapport d'information
n° 519 (2008-2009) du 7 juillet 2009 de la mission commune
d'information du Sénat « les DOM, défi pour la République, chance pour la
France, 100 propositions pour fonder l’avenir »,
Vu la résolution européenne
du Sénat n° 226 (2010-2011) du 3 mai 2011 tendant à obtenir compensation
des effets, sur l'agriculture des départements d'outre-mer, des accords
commerciaux conclus par l'Union européenne,
Vu la résolution européenne
du Sénat n° 30 (2012-2013) du 19 novembre 2012 relative à la
stratégie européenne pour les régions ultrapériphériques à l'horizon 2020,
Considérant, comme le
rappelle l'article 349 du TFUE, que « la situation économique et sociale
structurelle » des régions ultrapériphériques « est aggravée par leur
éloignement, l'insularité, leur faible superficie, le relief et le climat
difficiles » ;
Considérant que ce même
article 349 souligne la « dépendance économique » de ces régions
« vis-à-vis d'un petit nombre de produits » ;
Considérant que ledit
article prévoit, en conséquence, la possibilité d'arrêter des mesures
spécifiques aux régions ultrapériphériques portant, en particulier, sur la
politique fiscale et les aides d'État, « en tenant compte des
caractéristiques et contraintes particulières de ces territoires » ;
Considérant que
l'application d'un taux d'accise réduit pour le rhum traditionnel produit dans
les départements d'outre-mer (DOM) a été autorisée par les décisions du Conseil
et de la Commission européenne susvisées ;
Considérant que cette aide
d'État à finalité régionale vient à échéance le 31 décembre 2013, soit
dans moins d'un an ;
Constate que ces
territoires sont soumis à une situation économique particulièrement alarmante
et connaissent un taux de chômage extrêmement élevé ;
Rappelle que la filière
canne-sucre-rhum est un des piliers de l'économie des DOM et qu'elle occupe une
place prépondérante dans leurs exportations, alors même que leur balance
commerciale est largement déficitaire ;
Souligne que cette filière
génère plusieurs dizaines de milliers d'emplois directs et indirects ;
Observe que ladite filière
est l'exemple le plus significatif d'activité intégrée dans les DOM, que la
production de rhum, indissociable de la production locale de canne et de sucre,
en est le véritable moteur et qu'elle joue un rôle essentiel en matière
d'aménagement du territoire ;
Fait valoir que cette
filière contribue également à la préservation de l'environnement, en évitant
l'érosion des sols, ainsi qu'à la lutte contre le changement climatique et à
l'indépendance énergétique de ces territoires, à travers la production
d'électricité à partir de la bagasse et le développement de bioénergies ;
Rappelle que cette
production traditionnelle contribue à « la diversité et la qualité de la
production agricole de l'Union européenne », saluée en ces termes par la
Commission dans sa communication susvisée, et, au-delà de la filière, constitue
un produit phare de ces territoires en termes d'image et de tourisme,
illustrant le patrimoine économique et culturel ultramarin ;
Réaffirme que les accords
commerciaux conclus par l'Union européenne avec les pays d'Amérique latine et
d'Amérique centrale sont une véritable menace pour les DOM, qui s'illustre dans
la hausse importante des ventes des rhums des pays tiers entre 2008 et 2011,
plus de quatre fois supérieure à celle des rhums des DOM, et précise que les
négociations commerciales menées par la Commission européenne avec l'Inde
pourraient aggraver encore cette situation ;
Souligne les écarts
considérables et croissants de coûts de production entre les DOM et les autres
pays producteurs, avec un rapport de un à quatre ;
Relève que la définition
communautaire du rhum traditionnel, gage de la qualité du produit, soumet les
producteurs à des obligations particulièrement contraignantes qui creusent ce
différentiel de compétitivité ;
Note que d'autres pays, à
commencer par les États-Unis, subventionnent massivement leur propre filière,
le plus souvent à travers des aides directes aux producteurs ;
En conséquence :
Considère que l'aide
fiscale est indispensable au maintien de l'accès au marché national des rhums
des DOM, et, corrélativement, à la survie d'une filière canne-sucre-rhum dans
ces territoires ;
Observe que la Commission
européenne partage ce jugement, considérant dans sa décision susvisée que
« la fiscalité préférentielle bénéficie aux différents acteurs de la
filière canne-sucre-rhum » et assure « le maintien de la
culture cannière, la pérennisation des emplois qui lui sont liés, et contribue
à l'aménagement du territoire des régions d'outre-mer » ;
Constate que cette aide n'a
pas provoqué de distorsion de concurrence au détriment des autres pays
producteurs, comme l'attestent la progression importante de leurs parts de
marché et le fait qu'aucune entreprise de ces pays ne se soit installée dans
les DOM pour bénéficier de l'aide fiscale ;
Estime que l'aide fiscale
doit permettre de compenser l'ensemble des surcoûts subis par les producteurs
de ces territoires, afin de garantir un débouché commercial au rhum des DOM,
dans le respect des règles communautaires et notamment de l'article 349
susvisé ;
Considère que
l'appréciation des caractéristiques et contraintes particulières des DOM doit
notamment prendre en compte les coûts majorés des matières premières, de
l'énergie, du transport et des intrants, ainsi que ceux résultant du respect
des normes environnementales et sociales et de l'évolution de la masse
salariale ;
Fait valoir qu'à côté des
coûts de production, doivent également être pris en compte les surcoûts liés à
l'accès au marché, comme le soulignait la Commission européenne dans sa
décision susvisée mentionnant que les rhums traditionnels faisaient l'objet
« d'un type de conditionnement (degré et contenance) augmentant le prix de
vente en valeur absolue » ;
Constate que les coûts de
production comme les coûts d'accès au marché ont considérablement augmenté
depuis 2007 ;
Préconise le renouvellement
à l'identique de la décision du Conseil susvisée, la procédure suivant son
cours ;
Souligne l'urgence pour la
Commission européenne à ouvrir les discussions sur le renouvellement du dispositif
d'aide d'État au-delà du 31 décembre 2013 ;
Souhaite que le régime
dérogatoire applicable aux rhums traditionnels des DOM puisse être renouvelé
sur la base du dispositif, particulièrement équilibré, présenté par le
Gouvernement français à la Commission européenne le 18 février 2013 ;
Salue la mesure spécifique
que ce dispositif propose en faveur des petites distilleries, dans la mesure où
celles-ci, particulièrement vulnérables, participent au maillage du territoire
et à une production diversifiée et de qualité.
Devenue résolution du Sénat le 22 mai 2013.
Le
Président,
Signé :
Jean-Pierre BEL