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Discours de M. Jean-Pierre BEL, Président du Sénat,

À l’occasion de la remise du prix du meilleur jeune économiste

Lundi 21 mai 2012 à 18 heures 30.

 

Merci pour ces mots d’introduction, Erik Orsenna, cher maître, qui possédez des talents rarement réunis, dont celui d’économiste n’est pas le plus connu du public tant vos œuvres littéraires ont connu un immense succès.

Monsieur le Gouverneur de la Banque de France,

Monsieur le Président du cercle des économistes,

Monsieur le Rédacteur en chef,

Cher Jean-Michel Charpin,

Mes Chers collègues,

Mesdames et Messieurs, Chers amis,

C’est un plaisir pour moi d’accueillir au Sénat la 13e édition du Prix du meilleur jeune économiste, organisé par le journal Le Monde et le Cercle des économistes.

Nous recevons chaque année dans nos murs l’excellence de la recherche économique française.

Cette recherche est en plein développement ; elle est aussi en pleine lumière. Au cours de la campagne qui vient de s’achever, les hommes politiques ont beaucoup parlé d’économie, et les économistes ont beaucoup parlé de politique. Mais la crise que nous traversons interroge plus que jamais les économistes, et l’économie a rarement autant préoccupé nos concitoyens.

Vous me permettrez de rappeler une évidence : la science économique n’est pas une science exacte. Sinon, nous aurions eu des solutions toutes faites pour sortir d’une crise que nous aurions pu prédire, et qui n’aurait donc pas eu lieu. Or, comme l’a écrit Keynes, « ce qui arrive en fin de compte, ce n’est pas l’inévitable, mais l’imprévisible ».

Je suis donc un peu réservé devant ceux qui considèrent qu’il n’y aurait qu’une seule et unique manière pour sortir de la crise et qu’il ne resterait aux politiques qu’à construire un idéal autour de cette évidence. Cela ne revient-il pas souvent à nier la complexité des faits, à négliger leur dynamique politique et sociale, et à vouloir appliquer des modèles trop beaux pour être vrais ?

Dès 1992, un groupe d’économistes, parmi lesquels figuraient plusieurs prix Nobel, lança un appel en faveur d’un « esprit pluraliste en science économique, goutant les différentes approches et poussant au dialogue mutuel, critique mais tolérant ». Ils furent suivis quelques années plus tard par un profond mouvement, parti de la Sorbonne, à quelques centaines de mètres d’ici, questionnant l’enseignement et la recherche en science économique.

On ne peut que se féliciter de cette évolution qui conduit la science économique à interroger ses méthodes et son éthique, à revoir ses certitudes, et à s’ouvrir aux sciences qui éclairent les comportements humains.

Nos concitoyens ont du mal à comprendre le monde économique et financier en perpétuelle mutation dans lequel nous vivons. Il est donc essentiel de faire un effort de pédagogie pour permettre à chacun d’être un peu moins myope face à cette complexité, de la rendre accessible et de nourrir le débat.

Vous me permettrez donc de prendre un instant un peu d’avance sur le déroulement de cette manifestation afin de saluer le livre « Repenser l’économie », rédigé par les anciens lauréats du prix du meilleur jeune économiste. Il répond pleinement à la nécessité d’ouverture et d’explication que je soulignais à l’instant.

Cette initiative souligne combien ce prix récompense de jeunes chercheurs d’exception, ouverts à la complexité du monde réel, à la richesse du monde de la connaissance, et soucieux de partager leur savoir.

C’est pourquoi j’adresse à chacune et à chacun mes très sincères félicitations et suis très heureux que ces talents soient reconnus ici, au Sénat de la République !

Je vous remercie et espère que vous appréciez ces moments passés au Sénat.