Allez au contenu, Allez à la navigation

Recherche Recherche avancée

Discours de M. Jean-Pierre BEL

Président du Sénat

 

Vœux au personnel du Sénat

 

Jeudi 26 janvier 2012

 

 

Messieurs les Questeurs,

Monsieur le Secrétaire général,

Monsieur le Secrétaire général de la questure,

Mesdames et Messieurs les directeurs,

Mesdames et Messieurs les représentants du personnel,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

 

Merci Monsieur le Secrétaire général, de vos propos qui me vont droit au cœur. Nous avons noué une relation de confiance qui va au-delà des simples relations de travail. Je tiens également à saluer le Secrétaire général de la questure et chacune et chacun de nos directeurs.

Je suis très heureux de vous recevoir aujourd'hui et de vous voir réunis si nombreux pour cette cérémonie des vœux.

J'ai voulu renouer avec un usage qui a été un petit peu oublié et recréer avec vous ce qui s'inscrira sans doute dans la tradition.

Je trouve à la fois normal et nécessaire que le Président du Sénat, avec les questeurs, puisse rencontrer au moins une fois par an tous ceux qui font vivre cette maison, quelles que soient leurs responsabilités et leurs fonctions, que je puisse ainsi vous remercier et vous exprimer mon estime et ma reconnaissance.

L'année passée a été une année de grands changements au sein de notre institution. Vous avez géré et vécu la période électorale, vous avez accompagné le changement de majorité en octobre dernier. Je sais que pour beaucoup d'entre-vous ce changement a pu susciter, comme il est normal, autant d'appréhension que d'espoir. Permettez-moi tout simplement de vous remercier pour la manière efficace et sereine avec laquelle vous avez géré cette transition, et je voudrais joindre à ces remerciements l'ensemble des sénatrices et des sénateurs.

Souvent, Monsieur le Secrétaire général, vous aimez à rappeler que le Sénat est une institution et ce mot a, je le sais, dans votre bouche, un sens très plein et assez large. Il aide à comprendre cette alchimie démocratique et constitutionnelle qui permet de transformer de multiples combats politiques en expression collective, celle de la représentation du peuple et du vote de la loi.

Chacun de nous, les élus comme les personnels, partageons les mêmes valeurs qui sont celles de l'intérêt général, en un mot celles de notre République.

Cela veut dire, Mesdames et Messieurs, que, tous ici, chacun d'entre-vous avez bien mesuré que vous servez non pas une majorité par rapport à une autre, mais une institution composée d'élus et que votre tâche est de servir ces élus de manière aussi équitable et respectueuse que possible.

C'est après tout la définition même du service public, mais c'est aussi un métier au sens plein du terme, l'aptitude à écouter, à comprendre les motivations de chacun, à l'aider à transformer ces motivations et ces demandes en réalité communicables, compréhensives et constructives.

C'est un art dans lequel la plupart d'entre vous excellent et qui est le produit d'une longue expérience, d'une transmission entre les générations et d'une éthique, et c'est pour cela aussi que cette manière de faire porte la marque du Sénat.

Le renouvellement a entraîné une activité importante pour la plupart d'entre vous. Il a également conduit d'octobre à décembre dernier à une intensification des travaux parlementaires : 340 heures de débat, dont 190 heures consacrées aux textes financiers, 550 amendements examinés en commission et de plus de 2.000 en séance publique.

Je sais que cette augmentation de la charge de travail a concerné en réalité chacune et chacun d'entre vous, quel que soit le service où s'exercent vos compétences.

Je ne veux pas citer tous les métiers de cette maison, mais j'ai toujours été frappé par le grand esprit de solidarité entre vous et par votre souci du bien commun.

Chacun à votre place, vous aidez les Sénateurs à accomplir leur mission. Vous contribuez au rayonnement du Sénat. Vous le faites bien, avec conscience, avec professionnalisme, avec talent.

Bien sûr, le renouvellement des Sénateurs, le plus important dans notre histoire, comme l'arrivée de l'alternance ont pu conduire à modifier certaines habitudes de travail. Les différentes catégories de personnes qui travaillent avec les sénateurs, notamment les assistants dont je connais la charge de travail et qui sont nombreux à travailler pour la première fois au Sénat, ont dû " prendre leurs marques ", ce qui a pu conduire à certaines frictions dans la répartition des tâches. Chacun a désormais trouvé sa place. Les rôles sont complémentaires et évidemment pas concurrents.

Le changement de majorité s'est traduit par quelques innovations de structure.

Pour mieux répondre aux préoccupations des Français, pour mieux suivre le travail du Gouvernement, de nouvelles instances ont été créées, commissions, délégations. Certains d'entre vous seront amenés à y travailler. C'est l'une des caractéristiques et des grandeurs de la fonction publique sénatoriale que de savoir s'adapter, renouvellement après renouvellement, à la nouvelle composition du Sénat. Et vous avez pu constater, dès les lendemains du renouvellement, que les Sénatrices et les Sénateurs apprécient toujours autant votre travail, qu'ils vous témoignent toujours la même confiance.

Cette confiance doit être réciproque.

Comme pour tous les agents de l'Etat, les fonctionnaires du Sénat ont des droits et des devoirs. Parmi ces droits, figurent la liberté d'expression et la liberté syndicale, auxquelles je suis très attaché, vous le savez bien. Je considère ainsi que le syndicat doit être un interlocuteur naturel de l'administration, même s'il doit admettre que celle-ci dialogue également avec les nombreuses associations professionnelles que vous avez créées et élues.

Il y a aussi des principes fondamentaux avec lesquels aucun Président du Sénat ne pourra transiger : la loyauté à l'égard de l'institution, la neutralité, l'obligation de réserve, l'obligation de discrétion professionnelle et l'obligation de se consacrer à la fonction.

Ces principes bien connus, anciens, librement acceptés au moment de l'entrée dans la fonction, doivent s'appliquer dans un climat apaisé, et vous avez pu constater à cet égard que je savais prendre mes responsabilités.

Il faut maintenant partir sur de nouvelles bases. Les métiers d'encadrement sont souvent difficiles et astreignants, mais nous devons tous considérer qu'à côté de l'aspect technique et professionnel, les fonctions de directeurs ou de responsables de services doivent comporter une dimension d'organisation et de gestion qui est partie intégrante de la charge.

J'ajoute que des mesures de transparence ont été prises pour couper court aux préjugés et aux imaginations délirantes liés à une gestion perçue à tort ou à raison comme opaque. Comme je l'ai dit à plusieurs reprises, il ne doit plus y avoir de secret au Sénat. Nous devons, tous ensemble, être exemplaires pour que les caricatures, dont nous souffrons collectivement, laissent la place à une image de travail et de rigueur qui corresponde à ce qu'est réellement notre haute assemblée.

C'est pour cela que j'ai également souhaité que le Sénat soit irréprochable en termes de transparence et de modestie. N'oublions jamais que le rôle de notre assemblée est de servir la République. Je ne veux pas d'un Sénat replié sur lui-même et sourd aux critiques lorsqu'elles sont justifiées. Vous connaissez tous la situation de notre pays. Elle est préoccupante. Le Sénat n'est pas une institution en apesanteur. Sa légitimité même requiert de participer aux efforts demandés à tous les Français. Sa gestion et son train de vie doivent être rigoureuses et économes des deniers publics. Je mesure que c'est une contrainte. Je sais qu'il faudra du temps. Il y faudra de la justice. Mais c'est la voie que nous devons emprunter tous ensemble pour répondre aux attentes de nos concitoyens.

***

Comme vous le savez, l'année passée fut également importante pour vous d'un point de vue administratif, avec l'entrée en vigueur du nouveau Règlement intérieur. Il a été marqué par un fort changement dans les structures de l'administration et le statut du personnel. Comme tout changement, il a suscité débats et inquiétudes. J'en ai, assez récemment, pris conscience. J'ai noté que cette réforme comportait un certain nombre de mesures favorables :

-          sur le droit à la formation ;

-          sur le renforcement de la promotion interne ;

-          sur le temps partiel ;

-          sur la possibilité de diversifier votre expérience professionnelle ; sur d'autres sujets encore.

L'année 2012 doit permettre de dresser un premier bilan de cette réforme. Cette " clause de revoyure " permettra les ajustements nécessaires. J'attache beaucoup d'importance à ce rendez-vous qui nous permettra de mesurer ensemble ce qui va et ce qui ne va pas. Le dialogue social n'est jamais une perte de temps. C'est un moment fort de la vie de notre institution qui doit nous permettre d'avancer ensemble.

Sous l'autorité des Secrétaires généraux, la direction des Ressources humaines et de la Formation, en liaison avec vous, va travailler d'ici juin aux sujets à mettre à l'ordre du jour et aux pistes de progrès possibles. Pour cela, tous les directeurs et toutes les organisations professionnelles et syndicales seront consultés et associés.

Je veillerai avec nos questeurs à ce que cette démarche aille à son terme. Je fais toute confiance aux secrétaires généraux et aux directeurs pour préparer et organiser le renouveau du dialogue social.

La suspension des travaux parlementaires pendant les élections présidentielles ne sera évidemment pas synonyme de pause, vous le savez bien. Les commissions ont en effet programmé de nombreux travaux, notamment de contrôle. C'est une lourde charge de travail qui nécessitera un investissement important de votre part. Et puis même en dehors des sessions, les tâches de gestion administratives, techniques, juridiques, financières demeurent. Des bureaux des commissions jusqu'au jardin du Luxembourg, nous gérons ensemble une maison dont l'activité ne s'arrête pas.

Depuis que j'ai pris mes fonctions avec nos trois questeurs, j'ai beaucoup écouté et rencontré nombre d'entre vous. J'attache beaucoup de prix aux contacts et aux relations humaines, personnelles. Je sais que certains s'interrogent sur l'avenir et sur ce que sera demain la fonction publique parlementaire. Je veux vous dire avec un peu de solennité que c'est une belle fonction républicaine, que nous veillerons à sa pérennité, au respect de ses spécificités, et à son évolution dans le respect des règles du service public. Chacun reconnaît votre compétence, votre loyauté et votre efficacité. C'est un atout formidable au service de ce qui est l'un des fondements même de notre République : le Parlement a besoin d'une fonction publique parlementaire solide dans ses fondements, soucieuse de son adaptation aux évolutions du temps, dévouée au service public.

Je vous souhaite donc une très belle année 2012, pleine de projets et de satisfactions, dans votre vie personnelle comme dans votre vie professionnelle ! Je vous le redis : vous pouvez être fiers de travailler au Sénat, comme je le suis de présider cette institution républicaine qui est également une collectivité humaine d'une grande performance et d'une grande loyauté.

Avec toutes les sénatrices, tous les sénateurs, merci pour tout ce que vous nous apportez, merci pour ce que vous apportez au Parlement et à la démocratie.

Merci à vous.