Discours de M. Jean-Pierre BEL,
Président du Sénat
Inauguration de l’exposition sur les grilles
« La 100ème édition du Tour de France »
Salons de Boffrand – Mercredi 27 mars 2013 - 18 heures
Madame la Présidente-Directrice générale du groupe ASO, Marie-Odile Amaury
Monsieur le Directeur du Tour de France, cher Christian Prudhomme,
Chers Collègues,
Messieurs les cyclistes,
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi d’abord de vous souhaiter la bienvenue au Sénat, dans les salons de Boffrand, à l’occasion de l’inauguration de cette nouvelle exposition sur les grilles du Jardin du Luxembourg, consacrée à la 100ème édition du Tour de France, compétition cycliste légendaire si chère au cœur des Français. En cette circonstance, j’éprouve un plaisir personnel en songeant à une étape bien précise, l’étape n° 11 du Tour 2011, partant de Blaye-les-Mines pour arriver à Lavaur, ma ville natale.
Lorsque l’on évoque le Tour de France, les images se bousculent immanquablement dans les esprits.
D’abord les grandes figures du cyclisme, ces « forçats de la route », comme les appela Albert Londres en 1924, qui ont contribué à la mythologie du Tour de France. Une mythologie où la gloire et les exploits des uns côtoient la souffrance, voire les drames des autres.
Chaque génération a ses héros. Les plus anciens se souviennent de Louison Bobet, triple vainqueur du Tour de France, de « Maître Jacques » Anquetil, quintuple vainqueur du Tour, et de Raymond Poulidor, « Poupou », éternel second, soutenu sans relâche et avec passion par la foule des amateurs, parfois même aux dépens du gagnant. Il détient encore aujourd’hui, le record de podiums au Tour de France : 8.
Et quel honneur de recevoir aujourd’hui, Bernard Hinault, quintuple vainqueur du Tour, dernier Français à l’avoir remporté en 1985. Votre palmarès est impressionnant : 216 victoires !
Alors aux cyclistes de demain, on serait tenté de dire : relevez le défi ! D’ailleurs, plusieurs d’entre eux ont commencé à le faire.
Quelques jeunes coureurs ont déjà entrepris d’écrire quelques pages dans la légende du Tour et ont su gagner le cœur du public : Thibaut Pinot, le benjamin du Tour 2012, Tony Gallopin (13ème l’an dernier), Sylvain Chavanel avec ses trois victoires d’étapes et Thomas Voeckler, notre meilleur grimpeur. Ils représentent les espoirs du cyclisme français.
Le Tour de France, c’est aussi le lien particulier et souvent passionné qui unit les Français à la Grande boucle. Près de 49 % d’entre eux, tous publics confondus, ont déclaré aimer le Tour de France en 2011, selon un sondage Ifop.
De plus, et je serais tenté de dire, surtout, le Tour, ce sont des étapes devenues mythiques en raison des efforts colossaux que demandent certains sites de notre pays à qui veut les gravir : j’évoquerai l'Alpe-d'Huez avec ses 21 lacets, le col du Galibier perché à 2 645 m, une des ascensions les plus difficiles de France, le terrible mont Ventoux, les arrivées du Plateau de Beille, le redoutable col du Tourmalet culminant à 2 115 m, le Puy de Dôme…
Je pourrais multiplier à l’infini les images. Des dizaines de milliers de spectateurs au coude à coude, chaque jour, sur les bords de routes et des millions de téléspectateurs en France et dans le monde entier, les découvrent chaque année. Les superbes photographies de l’exposition « La 100ème édition du Tour de France », que pourront admirer les promeneurs jusqu’au 27 juillet prochain, nous plongent au cœur de ces paysages qui sont notre patrimoine commun.
On ne saurait mieux dire que le Tour de France est une formidable « vitrine » pour nos collectivités locales. Comment s’étonner dès lors si près de 250 villes se portent, chaque année, candidates pour accueillir une étape ? Chaque élu en connaît les retombées touristiques et donc économiques. D’abord, parce que les amateurs de cyclisme se déplacent en grand nombre pour applaudir les champions. Ensuite, le passage du Tour est une occasion rêvée de sortie en famille pour encourager les coureurs et observer la cohorte de voitures composant la caravane publicitaire, véritable spectacle pour petits et grands. Enfin, la couverture médiatique exceptionnelle du Tour constitue une promotion incontestable pour les villes-étapes.
Faut-il le souligner, cette course de renommée mondiale ne pourrait avoir lieu sans le travail phénoménal des organisateurs du Tour groupe ASO et bien évidemment du journal l’Équipe, partenaire historique. Au passage, j’observe que c’est grâce au fonds photographique unique de ce journal que l’exposition que nous venons d’inaugurer a été possible.
A présent, je voudrais rendre un hommage particulier à Christian Prudhomme, que vous connaissez tous. Notre pays et sa topographie n’ont pas de secrets pour lui. Cet expert fait également preuve d’une perception fine et très appréciée des besoins et contraintes de nos élus. A travers lui, c’est toute son équipe que je tiens à remercier. A longueur d’année, elle sillonne le territoire français et le monde entier pour nous offrir quelques semaines de suspense, d’exaltation et tout simplement de joie.
Je veux dire aussi un mot d’une préoccupation qui nous est commune : la lutte contre une pratique détestable, celle du dopage, cette « arme illusoire » comme disait Antoine Blondin, qui porte un aussi grave préjudice à la compétition qu’aux champions. Je rappelle à cet égard que le Sénat, face à l’extension de ce phénomène qui sévit jusque dans le sport amateur, a mis en place en février une commission d’enquête sur l’efficacité de la lutte contre le dopage.
Enfin, je voudrais conclure en constatant que le Tour de France inspire toujours le cinéma. Dans la droite ligne du film « Les Cracks », sorti en 1967, où Bourvil campait un inventeur contraint de jouer les cyclistes sur la classique Milan-San Remo, deux films vont prochainement mettre à l’honneur la « petite reine » : « La Grande Boucle » de Laurent Tuel, dont la sortie est prévue le 12 juin 2013, quelques jours avant le départ du 100ème Tour de France et « La Dernière Echappée », film en hommage à Laurent Fignon, que France 2 devrait diffuser en 2014.
Tristan Bernard, qui suivit le Tour de France en auto en 1934 à la demande de ses organisateurs, disait de cette épreuve : « Quand le Tour de France passe, la France est sur le pas de la porte ». Il n’est que de voir les photos de l’exposition pour constater que rien n’a changé.
J’invite maintenant Mesdames et Messieurs les journalistes à participer à la conférence de presse qui se tiendra dans quelques minutes, dans le Salon Pourpre qui se trouve juste à ma gauche.
Merci à tous.







