Remise du Prix Claude-Erignac
Discours de Monsieur Jean-Pierre Bel, Président du Sénat
Salons de Boffrand
Mercredi 6 février 2013
Madame,
Monsieur le Préfet, Président de l'Association Claude-Erignac,
Mesdames, Messieurs,
C'est un plaisir pour moi, mais aussi un moment d’émotion pour nous tous, de vous accueillir ici, pour la remise du Prix Claude-Erignac 2013.
Cette cérémonie est devenue, je crois, une tradition au Sénat mais cette année, elle revêt un caractère particulier car cela fait quinze ans, jour pour jour, que le Préfet Erignac tombait à Ajaccio sous les balles de ses assassins.
Cet évènement tragique pour sa famille et pour ses proches, a marqué la mémoire de chacun d’entre nous. D’abord par la lâcheté et l’injustice de cet acte odieux, ensuite parce qu’il a touché un grand serviteur de l’État. Pour atteindre la République, il a frappé un de ses symboles, l’une de ses figures : le préfet.
Le 6 février 1998, c'est l’ordre républicain qui a été visé par les hommes d’un clan, d’une mafia. Hélas, quinze ans après, l’année 2012 nous a montré à quel point cette situation de désordre prévaut toujours en Corse. La présence d’organisations hors-la-loi aux ramifications multiples continue à gangréner la société corse, à semer le trouble, à porter atteinte à la sécurité et à la vie même de nos concitoyens.
Je veux croire que ce n’est pas une fatalité. Je sais qu’il y a des hommes et des femmes qui savent se dresser, résister et combattre pour défendre la probité et l’honneur. Ces valeurs ne sont pas désuètes. Elles sont celles de la République et s’incarnent dans l’action de ses serviteurs.
Le préfet Erignac était un de ceux là. Sur le plan personnel, c’était un humaniste, ouvert d’esprit et de cœur, attentif aux autres. C’était un homme de dialogue et d’écoute. Professionnellement, il était habité par sa fonction de représentant de l’État et ce qu’elle implique d’exigence, de rigueur, de disponibilité et de servitudes aussi. Avec lui, la République a perdu un grand républicain fidèle aux valeurs que sert le corps préfectoral.
Des valeurs qui se concentrent toutes dans la défense de l'intérêt général.
La défense de l’intérêt général, c’est le but que s’assignent les élus locaux qui s’investissent sans compter au service de leurs concitoyens et au profit de leur collectivité.
Telle est aussi la mission du corps préfectoral et de l’ensemble des fonctionnaires et agents des fonctions publiques.
C’est à ces hommes et ces femmes, élus et fonctionnaires dévoués et intègres que je veux rendre hommage aujourd’hui.
L’intérêt général donne enfin tous son sens au travail de l’association Claude Erignac et au prix que nous remettons ce soir. C'est sa force et son caractère. A travers lui, l'association veut honorer l’engagement exemplaire d’un jeune citoyen, mais au-delà, elle veut aussi porter un message d'espoir, de détermination et de volonté.
C’est pourquoi depuis 2011, avec l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, le prix récompense l’engagement social et civique exemplaire d’un élève de l’école.
Cette année, le jury a retenu deux lauréates qui interviendront tout à l’heure, et nous aurons ainsi le plaisir de découvrir les projets dans lesquels elles se sont investies.
Mais d’ores et déjà je me félicite que soient ainsi mis à l'honneur, à travers elles, la jeunesse, dont l’engagement renforce notre pacte républicain, et l'esprit de solidarité
auxquels nous sommes tous très attachés.
Je vous en remercie.








