Allez au contenu, Allez à la navigation

Projet de déclassement de la " Voie Sacrée "

12e législature

Question écrite n° 16233 de M. Jean Louis Masson (Moselle - NI)

publiée dans le JO Sénat du 24/02/2005 - page 511

M. Jean Louis Masson attire l'attention de M. le ministre délégué aux anciens combattants sur le fait que la route nationale de Bar-le-Duc à Verdun constitue un site majeur de la mémoire nationale sous le nom de " Voie Sacrée ". En effet, c'est grâce à cette route constamment menacée par les troupes allemandes que la ville de Verdun a pu être ravitaillée de manière continue pendant la Première Guerre mondiale. La " Voie Sacrée ", ainsi dénommée par Maurice Barrès en avril 1916, inaugurée par Raymond Poincaré le 21 août 1922 et classée route nationale le 30 décembre 1923, revêt en effet une symbolique historique unique sur le territoire national, puisant ses sources dans le rôle stratégique tout aussi exceptionnel qu'elle a joué au cours du premier conflit mondial. Tous les historiens reconnaissent en effet unanimement que cet axe logistique, maintenu opérationnel jour et nuit grâce aux efforts considérables et ininterrompus des hommes affectés à cette mission, a constitué un élément essentiel du succès de la bataille de Verdun et, par voie de conséquence, de la préservation de l'intégrité du territoire national et de la victoire finale. Or, il est envisagé de déclasser cette route nationale et la municipalité de Verdun proteste à très juste titre contre un tel projet. La banalisation de la " Voie Sacrée " qui en résulterait porterait atteinte à sa symbolique historique universelle. Il lui demande donc s'il lui est possible d'intervenir auprès du Premier Ministre et auprès du ministre de l'Equipement et des Transports afin qu'au plus haut niveau de l'Etat la dimension historique de la " Voie Sacrée " soit prise en compte et que celle-ci reste une route nationale et continue de la sorte à faire partie du patrimoine historique de la France.

Transmise au Ministère de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer



Réponse du Ministère de l'équipement, des transports, de l'aménagement du territoire, du tourisme et de la mer

publiée dans le JO Sénat du 31/05/2005 - page 1567

Les fonctions de desserte locale à l'échelle départementale que la RN 35 assure sont prépondérantes. Le niveau de son trafic, de l'ordre de 3 000 à 4 000 véhicules par jour, ainsi que ses caractéristiques géométriques ne la distinguent pas d'une route départementale. C'est cette analyse qui justifie aujourd'hui le transfert de cette route nationale, sachant qu'elle sera aussi bien sinon mieux gérée à l'échelle du département par le conseil général, dont le savoir-faire est reconnu. En se recentrant sur le réseau structurant constitué pour l'essentiel de voies rapides, l'État mettra en place une organisation radicalement différente à une échelle interrégionale permettant une gestion par axe. Cette organisation ne sera plus adaptée à la gestion qu'appelle la RN 35. Il est vrai qu'entre Bar-le-Duc et Verdun, cette route est également dénommée « Voie sacrée », avec toute la symbolique qu'une telle dénomination entraîne. C'est d'ailleurs le nom employé sur les cartes routières, le numéro de la route étant placé entre parenthèses. Ce qui importe aujourd'hui, ce n'est pas tant la domanialité de la route que la capacité à perpétuer la mémoire et donc le rôle tout à fait éminent, stratégique et d'intérêt national qu'elle a eu lors de la Grande Guerre. Il convient donc de préserver, sur les cartes routières et la signalisation de direction, la terminologie d'usage « Voie sacrée ».