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Création d'une plateforme aéroportuaire à Toulouse

12e législature

Question écrite n° 19450 de M. Gérard Roujas (Haute-Garonne - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 22/09/2005 - page 2392

M. Gérard Roujas rappelle à M. le ministre des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer que, compte tenu des conclusions de l'expertise menée par le cabinet ITA à la demande des collectivités territoriales et notamment du conseil général de la Haute-Garonne sur l'opportunité de créer une nouvelle plate-forme aéroportuaire en région toulousaine, la réalisation d'une telle infrastructure ne se justifie pas. L'engagement, pour peu qu'il soit tenu et que les délais soient respectés, de créer une liaison TGV entre Paris et Toulouse, compte tenu de l'influence qu'une telle réalisation peut avoir sur le trafic aérien entre Toulouse et la capitale, vient confirmer cette analyse. Dans ces conditions, il lui demande s'il entend confirmer la position de son prédécesseur au ministère ou s'il entend annoncer rapidement l'abandon du projet de création de cette plate-forme, qui suscite de nombreuses oppositions aussi bien de la part des populations que d'une majorité d'élus.



Réponse du Ministère des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer

publiée dans le JO Sénat du 02/03/2006 - page 643

L'avenir de la plate-forme aérienne régionale de Toulouse-Blagnac, par ses impacts sur l'économie, l'environnement et l'aménagement du territoire, représente un enjeu de premier plan pour l'agglomération toulousaine et pour l'ensemble de la région Midi-Pyrénées. L'importance du sujet a conduit l'Etat et les principales collectivités (conseil régional, conseil général et communauté d'agglomération du Grand Toulouse) à engager dès 2001 un programme d'études dans le cadre du contrat de plan Etat-Région. Les objectifs de ce programme étaient de mener une réflexion prospective visant à analyser, très en amont et sans négliger aucune option, l'avenir et les conditions d'une desserte aéroportuaire de qualité. C'est dans ce cadre qu'une réflexion préalable portant sur l'opportunité et les perspectives d'aménagement d'une éventuelle nouvelle plate-forme à long terme ainsi que sur les sites potentiels susceptibles de l'accueillir a été réalisée. Les événements intervenus dans le secteur du transport aérien depuis 2001 et les nombreuses objections suscitées lors de la présentation publique des études en janvier 2003 ont conduit l'Etat à réactualiser certaines études. Par ailleurs, l'organisation d'un débat public sur la ligne ferroviaire à grande vitesse Bordeaux-Toulouse a apporté des éclairages nouveaux sur la complémentarité modale entre le train et l'avion. Dans cette optique, au cours de l'année 2005, deux nouvelles études ont été menées. La première concerne les prévisions de trafic à l'horizon 2030 et prend en compte l'impact sur le trafic aérien de la mise en oeuvre d'une desserte ferroviaire à grande vitesse mettant Toulouse à trois heures de Paris. La seconde analyse les conséquences socio-économiques et environnementales d'un maintien des activités aériennes sur le site de Blagnac. Les résultats de ces deux études permettront de reposer plus clairement le débat quant à l'opportunité de réserver, à titre de précaution, un site pour une éventuelle future plate-forme. Du fait de contraintes environnementales fortes en raison de la proximité de l'aéroport de zones fortement urbanisées, il semble indispensable que la réflexion entamée sur l'avenir de la plate-forme de Toulouse-Blagnac se poursuive afin de réunir tous les éléments nécessaires à une éventuelle prise de décision et d'aboutir à une vision partagée par l'ensemble des partenaires concernés, et en particulier les différentes collectivités locales, sur le devenir de la région et les grands projets structurants éventuellement nécessaires au développement économique. Au-delà de ce consensus, si l'hypothèse d'une réservation, à titre conservatoire et dans une perspective de long terme, d'un site pour une éventuelle nouvelle plate-forme aéroportuaire devait être confirmée, la consultation préalable du public, comme le prévoit la loi, devrait bien évidemment être assurée.