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Lutte contre les allergies respiratoires sévères

13e législature

Question écrite n° 17955 de Mme Marie-Thérèse Bruguière (Hérault - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 07/04/2011 - page 856

Mme Marie-Thérèse Bruguière attire l'attention de Mme la secrétaire d'État chargée de la santé sur l'impact des allergies respiratoires sévères dans la société française.
Parmi les 25 % de Français souffrant d'allergies respiratoires, 15 à 20 % d'entre eux voient leur quotidien largement pénalisé par leur maladie, selon une étude menée par le Comité français d'observation des allergies en juin 2009.
En effet, les difficultés respiratoires entrainent une dégradation du sommeil, de la fatigue et une irritabilité qui handicapent la vie quotidienne des personnes allergiques.
Par ailleurs, ces personnes ont également une vie sociale perturbée, devant surveiller leurs sorties, notamment au printemps en raison du pollen, et limiter la pratique de sports.
Malgré les incidences de cette pathologie sur le quotidien des personnes atteintes, celle-ci demeure insuffisamment prise en compte par les pouvoirs publics.
C'est pourquoi elle souhaiterait connaître les mesures que le Gouvernement envisage de prendre pour une meilleure prise en compte des allergies respiratoires sévères.



Réponse du Secrétariat d'État chargé de la santé

publiée dans le JO Sénat du 02/06/2011 - page 1493

L'impact des facteurs environnementaux sur le développement de l'allergie fréquemment en cause dans la maladie asthmatique dépend de la fenêtre d'exposition aux allergènes, de l'intrication possible des différents éléments (tabagisme passif, type d'allergènes, facteurs nutritionnels, pollution...) et du terrain génétique. À l'heure actuelle, les données relatives à la prévalence dans notre pays des allergies prises de manière globale manquent. L'Institut de veille sanitaire (InVS) a un programme de surveillance de l'asthme depuis 2000 qui a pour objectif de suivre la prévalence de l'asthme en France, par stade de sévérité de la maladie, et d'estimer la part des cas d'asthme non diagnostiqués ou insuffisamment traités. Il s'appuie sur les données de plusieurs enquêtes nationales de santé, effectuées au sein de la population générale à intervalles réguliers. Ces données sont réactualisées régulièrement, notamment dans le cadre du suivi de l'objectif 74 de la loi relative à la politique de santé publique du 9 août 2004. D'après la dernière enquête décennale santé, la prévalence de l'asthme est actuellement de près de 9 % chez l'enfant et de 6 % chez l'adulte. Les taux annuels d'hospitalisation pour asthme et la mortalité par asthme ont diminué entre 1998 et 2007. Cependant, le contrôle et le traitement de l'asthme semblent insuffisants, notamment chez l'enfant. Un groupe de travail « asthme et données de l'assurance maladie » a été mis en place pour définir des indicateurs sur la prise en charge de l'asthme, dans le cadre du comité scientifique du programme de surveillance des maladies respiratoires chroniques et des allergies de l'InVS. Le ministère chargé de la santé a soutenu les campagnes d'information du grand public et des professionnels sur le souffle (campagnes « capital souffle » 2005, 2006, 2007, 2008 et campagne « destinations souffle » et, depuis 2007, « Journée mondiale de l'asthme » organisée à l'initiative des professionnels et de l' association de patients Asthme et Allergies). L'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES) subventionne depuis 2005 une ligne téléphonique « Asthme et allergie ». L'Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé (ANAES) avait publié des recommandations sur la prise en charge de l'asthme chez l'adulte. La Haute Autorité de santé (HAS) a publié en 2010 des recommandations de bonne pratique : « Asthme de l'enfant de moins de trente-six mois : diagnostic, prise en charge et traitement en dehors des épisodes aigus. » Le plan pour l'amélioration de la qualité de vie des patients atteints de maladies chroniques (2007-2011) vise à développer l'éducation thérapeutique des patients (ETP) atteints de maladies respiratoires, comme l'asthme ou la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Parmi les premiers programmes autorisés par les agences régionales de santé depuis la parution des textes relatifs à l'ETP, 216 programmes sont consacrés aux maladies respiratoires (asthme et BPCO notamment). Face à l'enjeu de santé publique que représentent les allergies, le ministère chargé de la santé a inscrit la prévention des allergies comme objectif du plan national santé environnement 2 (PNSE 2). Des travaux ont été réalisés ou sont en cours concernant les allergènes présents tant dans l'air intérieur que dans l'air extérieur (pollens, moisissures, ambroisie...). Par ailleurs, les actions de santé publique ayant pour objectif de diminuer l'incidence du tabagisme passif et actif, notamment pendant la grossesse et chez le jeune enfant, ont fait leurs preuves dans la population générale et seront poursuivies.