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Dysfonctionnements de la branche de Saint-Germain-en-Laye du RER A

13 ème législature

Question orale sans débat n° 1353S de M. Alain Gournac (Yvelines - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 02/06/2011 - page 1419

M. Alain Gournac attire l'attention de M. le secrétaire d'État chargé des transports sur la forte dégradation du service du RER A dont sont victimes les usagers de la branche de Saint-Germain-en-Laye. Cette dégradation concerne principalement le trafic du matin et du soir, ce qui apparaît paradoxal étant donné qu'aux heures de pointe le nombre de trains est censé être doublé.

Avaries du matériel roulant, problèmes de signalisation, rails endommagés, intempéries, alarmes actionnées de façon intempestive, colis suspects, retards dans les prises ou les relèves de postes conducteurs, autant d'incidents qui ne cessent de perturber le service, causant ainsi d'insupportables préjudices à répétition pour les usagers. Sans parler des grèves qui, dans un contexte général de dysfonctionnements récurrents, ne font qu'accentuer leur exaspération.
A ces désagréments s'ajoutent également les difficultés du personnel de la RATP à faire face de manière satisfaisante aux différentes situations. L'information est trop souvent imprécise, parcellaire, en retard, inaudible, quand elle n'est pas tout bonnement inexistante. Il semble d'ailleurs que tous les personnels ne réagissent pas de la même manière face aux incidents, révélant ainsi une formation en ce domaine nettement insuffisante et dispensée, semble-t-il, uniquement à certains d'entre eux.

La RATP a-t-elle conscience que le préjudice créé par ces retards à répétition atteint l'usager à la fois dans sa vie privée et dans sa vie professionnelle ? La RATP mesure-t-elle que ces retards ont également une incidence sur sa santé en aggravant son stress ?

Aussi il lui demande quelles restructurations concrètes sont étudiées et expérimentées, et s'il ne conviendrait pas, dans un premier temps, que tous les trains puissent être terminus en soirée à Saint-Germain-en-Laye, que les relèves soient mieux coordonnées à Rueil-Malmaison et à Nanterre Préfecture, que l'information soit considérablement améliorée et, pour cela, que la formation des personnels devienne en ce domaine une priorité.

Transmise au Ministère chargé des transports



Réponse du Ministère chargé des transports

publiée dans le JO Sénat du 13/07/2011 - page 1308

M. Alain Gournac. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, le service de la branche de Saint-Germain-en-Laye du RER A connaît une forte dégradation, qui pénalise considérablement les usagers.

Ces problèmes concernent principalement le trafic du matin et du soir, ce qui est pour le moins paradoxal, étant donné que le nombre de trains est censé être doublé aux heures de pointe…

Avaries touchant le matériel roulant, signalisation défectueuse, rails endommagés, intempéries, alarmes actionnées de façon intempestive, nombreux colis suspects – c'est incroyable ce qu'il peut y avoir comme colis sur cette ligne du RER ! –, retards dans les prises ou les relèves de poste par les conducteurs – eh oui, il arrive que le RER ne puisse pas circuler parce qu'on ne trouve pas de conducteur ! – sont autant d'incidents qui ne cessent de perturber le service.

Ces trop nombreux incidents sont la cause d'insupportables préjudices pour les usagers. Et je ne parle pas des grèves, qui, dans un contexte général de dysfonctionnements récurrents, ne font qu'accentuer l'exaspération de nos concitoyens !

À ces désagréments s'ajoutent les difficultés que rencontrent les personnels de la RATP pour faire face de manière satisfaisante aux différentes situations. L'information est trop souvent imprécise, parcellaire, tardive, inaudible, quand elle n'est pas tout bonnement inexistante. Il semble d'ailleurs que tous les personnels ne réagissent pas de la même manière face à ces incidents, ce qui pose la question de leur formation.

La RATP a-t-elle conscience que le préjudice causé par ces retards à répétition atteint les usagers à la fois dans leur vie privée et dans leur vie professionnelle ? Mesure-t-elle que ces retards ont également des effets sur leur santé, car ils aggravent leur stress ?

Je laisse de côté le problème de la propreté qui, ajouté à celui de la fiabilité, n'est pas à l'avantage de ce mode de transport en commun…

Aussi ma question, monsieur le ministre, a-t-elle plusieurs aspects.

Tout d'abord, quelles restructurations concrètes de la ligne A du RER sont actuellement étudiées et expérimentées ?

Ensuite, ne conviendrait-il pas que tous les trains puissent avoir leur terminus en soirée, dans un premier temps, à Saint-Germain-en-Laye ?

En outre, pourquoi les relèves ne sont-elles pas mieux coordonnées en gares de Rueil-Malmaison et de Nanterre-Préfecture ? Cette préoccupation renvoie à la complexité occasionnée par la répartition du service entre la RATP et la SNCF, qui laisse évidemment les usagers toujours très perplexes, et qu'on a quelque mal à leur expliquer !

Enfin, quelles mesures envisagez-vous de prendre pour l'amélioration de l'information et du respect des usagers ?

M. le président. La parole est à M. le ministre.

M. Thierry Mariani, ministre auprès de la ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement, chargé des transports. Monsieur le sénateur, le RER A est de loin, vous avez raison, la ligne plus chargée du réseau, avec près d'un million de voyageurs par jour ouvrable. Elle assure à elle seule plus du quart du trafic ferroviaire de la région parisienne.

Les dysfonctionnements qu'elle connaît sont liés, notamment, à une situation proche de la saturation.

Comme pour l'ensemble du réseau, la définition du niveau d'offre et la qualité de service sont de la responsabilité du Syndicat des transports d'Île-de-France, le STIF, autorité organisatrice des transports.

Le STIF a engagé l'élaboration d'un schéma directeur du RER A, qui doit être finalisé d'ici au premier trimestre 2012, après un travail conjoint de la SNCF, de Réseau ferré de France et de la RATP.

Ce schéma doit comporter des propositions à différents horizons permettant d'adapter l'offre, de manière à répondre aux besoins exprimés par les voyageurs concernant l'amélioration de la performance de la ligne aux heures de pointe et une gestion plus efficace des situations perturbées, hélas nombreuses ! La question d'une meilleure organisation des relèves que vous évoquez sera aussi examinée dans ce cadre.

S'agissant du terminus des trains, la capacité technique de l'infrastructure ne permet pas, en l'état actuel, d'acheminer l'ensemble des trains à Saint-Germain-en-Laye. Il est donc nécessaire qu'une partie d'entre eux aient pour terminus Le Vésinet-Le Pecq. (M. Alain Gournac s'exclame.)

Aurais-je mal prononcé le nom de cette dernière ville ?

M. Alain Gournac. Pas du tout ! Simplement, je suis toujours heureux d'entendre citer le nom de la commune dont je suis le maire ! (Sourires.)

M. Thierry Mariani, ministre. Mais comment pourrais-je l'ignorer, monsieur Gournac ? (Nouveaux sourires.)

En outre, la décision de prolonger des missions jusqu'à Saint-Germain-en-Laye relève, là encore, de la responsabilité du STIF, seul compétent, en sa qualité d'autorité organisatrice, pour la définition de l'offre de service.

De son côté, l'État a également mobilisé les moyens à sa disposition. Sur le RER A, des actions d'amélioration importantes sont lancées : par exemple, à la demande du Président de la République, la RATP a commandé soixante rames à deux niveaux MI 09. Elles seront progressivement mises en service dès l'automne 2011 et renforceront significativement le confort des voyageurs, ainsi que la régularité de la ligne.

En outre, la RATP s'est engagée dans un vaste programme de maintenance des infrastructures, avec le remplacement, tous les deux ans, des rails du tronçon central, déjà très sollicités.

Afin de répondre aux attentes d'information de ses clients lors des situations perturbées, attentes dont vous vous êtes maintes fois fait le relais auprès de notre ministère, la RATP a mis en place une nouvelle politique d'information instantanée des voyageurs, en cours de déploiement sur l'ensemble du réseau du RER.

Cette action vise à mieux former les agents, afin d'améliorer la diffusion de l'information en cas de perturbations et à équiper les stations de panneaux permettant d'indiquer les itinéraires conseillés.

Pour sa part, la SNCF s'est engagée, en janvier dernier, à conduire un plan de renforcement de la qualité du service sur douze lignes identifiées comme sensibles, dont la ligne A du RER. Elle a ainsi entamé cette démarche, avec Réseau ferré de France et les associations d'usagers, pour les tronçons entre Poissy-Cergy-Pontoise et Houilles-Carrières-sur-Seine qu'elle exploite.

Le diagnostic a donc été effectué au premier trimestre et les recommandations seront connues d'ici à la fin du mois. Le plan d'action en cours de finalisation doit permettre d'améliorer les conditions d'exploitation, d'adapter l'infrastructure pour éviter les incidents et de progresser significativement dans l'information aux voyageurs.

Au-delà des actions d'amélioration à court terme, le Gouvernement prépare résolument l'avenir au travers de la programmation de nouvelles infrastructures censées décharger la ligne qui vous préoccupe.

Dans le cadre du Grand Paris, le Président de la République s'est d'ailleurs engagé à mobiliser un financement sans précédent, en partenariat avec la région, pour développer et moderniser le réseau. Il s'agit de créer une rocade par métro automatique, dont le tracé a été récemment approuvé par le conseil de surveillance de la Société du Grand Paris, qui contribuera ainsi à soulager le RER A.

Enfin, dans le cadre de la convention pour améliorer les transports collectifs, qui va être signée entre l'État et la région, des sommes supplémentaires seront engagées afin de lancer le prolongement d'Éole, donc le RER E, entre Saint-Lazare et Mantes, via La Défense. Ce prolongement, dont la mise en service est prévue à l'horizon 2020, aura un effet important sur les conditions d'exploitation de la ligne A, en offrant une solution alternative pour relier Paris à l'ouest francilien.

Monsieur Gournac, je comprends tout à fait les légitimes revendications des usagers du RER A, dont, je le répète, vous vous faites régulièrement l'écho. La résolution de ce genre de problèmes demande du temps, mais je prends date pour inaugurer, à l'automne prochain, en votre compagnie, je l'espère, les nouvelles rames voulues par le Président de la République. Je crois que cela fait partie des résultats que vous pourrez revendiquer.

Soyez assuré que, progressivement, nous réussirons à améliorer les conditions de voyage des usagers sur cette ligne.

M. le président. La parole est à M. Alain Gournac.

M. Alain Gournac. Je souhaite tout d'abord remercier M. le ministre de la qualité de sa réponse.

Nous voyons avec bonheur arriver les wagons à deux étages. Les usagers allant jusqu'au terminus pourront ainsi voyager dans des conditions beaucoup plus confortables.

Je reviens sur un point en particulier : ne serait-il pas possible de régler une fois pour toutes ce problème de coordination entre la SNCF et la RATP ? Il s'agit de la même ligne ! Pourquoi ne pas faire en sorte que nous ayons un seul interlocuteur, quel qu'il soit ?

Par ailleurs, il conviendrait de mieux informer les élus. Certes, nous ne comptons pas beaucoup, nous n'avons pas de grandes responsabilités, mais nous avons tout de même quelques idées… Or nous nous sentons tenus à l'écart, et les informations que l'on nous donne diffèrent parfois selon les interlocuteurs.

M. le président. Il s'agit là d'une idée à creuser !