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Problème des pullulations de campagnols terrestres

14 ème législature

Question écrite n° 05699 de M. Martial Bourquin (Doubs - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 04/04/2013 - page 1045

M. Martial Bourquin attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt sur les pullulations de campagnols terrestres qui provoquent des dégradations importantes sur les parcelles fourragères indispensables à l'alimentation des animaux.

Depuis 30 ans, on assiste à une augmentation de la fréquence et de la sévérité des pullulations de campagnols terrestres dans les zones herbagères d'altitude. Il faut savoir que le campagnol prolifère entre 600 mètres et 1 100 mètres d'altitude et qu'il se reproduit rapidement : à partir d'un couple on trouvera, en un an, 428 descendants (un campagnol consomme 30 kg de matières végétales par an et on peut compter jusqu'à 1 200 individus à l'hectare).

Ces pullulations sont essentiellement dues à une spécialisation rapide, en monoculture d'herbe, des zones de montagne et de moyenne montagne qui a conduit à une homogénéisation du milieu et, donc, à une simplification des écosystèmes. Le déséquilibre engendré se traduit alors par la prolifération de quelques espèces bien adaptées à ces milieux tels que le campagnol terrestre.

Ces pullulations ont des conséquences désastreuses. Le manque de pâturages, de fourrage, l'achat et le réensemencement ont un coût. En 2012, en Franche-Comté, la perte économique des exploitations s'élevait à près de 22 millions d'euros pour 60 000 hectares touchés. Elles ont aussi des répercussions sur l'équilibre floristique des prairies et sur le paysage. De plus, ce redoutable rat des champs est porteur de maladies bactériennes et virales transmissibles à l'homme, sa pullulation est donc aussi un problème de santé publique.

Pour toutes ces raisons, la lutte contre ce rongeur s'avère nécessaire, pour limiter sa population de façon durable. Au cours des dernières décennies, la lutte chimique a été privilégiée, avec des risques pour la faune sauvage, sans pour autant enrayer les pullulations. La prairie, ou toute autre surface herbeuse, demeure l'habitat de prédilection des campagnols. Il est d'ailleurs établi que, plus la surface en herbe est importante et plus la surface cultivée en céréales est faible, plus les campagnols prolifèrent.

Il lui demande donc quelles mesures il entend prendre pour lutter contre ce phénomène.



En attente de réponse du Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt.